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Quand les jeunes défendent les droits humains

6 mai 2006, 20:00

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À Maurice, des jeunes se sont intéressés au mouvement, avec pour résultat la création d’antennes dans dix collèges de l’île. Aujourd’hui, près de 350 jeunes, âgés entre 13 et 18 ans, font partie d’AI. Chaque trimestre, trois délégués des antennes scolaires siègent au sein de l’instance dirigeante du mouvement. Tous les ans, une formation, Human Rights and Leader-ship, comprenant des modules comme les sciences politiques, la sociologie et le journalisme, leur est offerte. Deborah, Shalini, Yush-rina, Élodie et Jean-Christophe, membres actifs d’AI, nous en disent plus.

Deborah, 15 ans, déléguée et présidente de l’antenne du couvent de Lorette de Mahébourg</B>

« Cela fait un an et quelques mois que je suis membre actif et présidente de mon antenne. À l’école, on nous propose, au début de l’année, une liste d’activités susceptibles de nous intéresser. C’est comme ça que je suis tombée sur Amnesty International. J’ai toujours voulu me consacrer à une cause, et puis, comme je suis une forte en gueule, c’est l’occasion pour moi de m’exprimer sur les atteintes aux droits humains. Mon antenne comprend 21 membres et, tous les mardis, nous avons une réunion pour discuter de projets que nous aimerions mettre en place.

Nous subventionnons nous-mêmes nos activités grâce une quotité tous les mois et des ventes de gâteaux. Pour l’Amnesty Day, nous avons fait une exposition au collège. Nous avons aussi mis en place un Junior Club pour sensibiliser les enfants à leurs droits et, dans la foulée, lancé un concours de dessins pour qu’ils s’expriment. Je voudrais dire ici que l’école nous apporte un grand soutien dans nos actions. Certes, il est difficile de prévenir la violence faite contre les femmes et les enfants ou les tortures subies par les prisonniers de guerre, mais il faut avoir la volonté de les aider en défendant leurs droits. »

<B>Jean-Christophe, 16 ans, président, antenne du St-Esprit</B>

« Au début de l’année dernière, l’ancien président de l’antenne m’avait demandé si j’étais pour ou contre la peine de mort. Comme j’étais contre, il m’a incité à faire partie du mouvement. Au début, je ne savais pas ce qu’était AI. Par la suite, j’ai assisté à une causerie sur le mouvement, et puis à une marche lors de la Journée internationale des droits de l’homme. Après le séminaire, je me suis senti plus impliqué.

Au début de cette année, je suis passé président et j’ai essayé de rallier autant de membres que je pouvais. Nous sommes au nombre de 40, dont 20 qui sont très actifs. Nous avons organisé des causeries, entre autres sur la torture, pour interpeller les jeunes. Ce n’est qu’en multipliant les actions que nous allons pouvoir éviter que les droits humains soient bafoués. »

<B>Yushrina, 18 ans, présidente, antenne du QEC</B>

« Je n’avais jamais entendu parler d’AI jusqu’au jour où j’ai pris conscience des violences faites à l’encontre des femmes, plus particulièrement les mutilations génitales. Cela nous a beaucoup touché mes amies et moi. Comme l’antenne du collège s’essoufflait, nous avons repris le flambeau. La formation que j’ai suivie m’a appris beaucoup de choses sur les droits humains, et cela m’a davantage motivé à défendre les droits de la femme.

Mon antenne comprend 60 membres et nous travaillons en équipe : il y a une prise de conscience sur la nécessité de sensibiliser les jeunes aux violations des droits de l’homme. Nous avons organisé récemment une exposition sur la violence contre les femmes et nous voulons mettre en place plus d’activités. Malheureusement, elles n’aboutissent pas toujours, à cause des lourdeurs administratives. C’est dommage, car cette cause est importante à nos yeux. Il faudrait que les gens militent pour le respect des droits humains. »

<B>Shalini, 18 ans, déléguée, collège Gaëtan Raynal</B>

« J’ai été très impressionnée par la causerie que Kavi Pyneeandy, membre d’AI, a faite à l’école l’année dernière. J’ai désiré en savoir plus sur le mouvement, et c’est là que j’ai décidé de devenir membre actif. J’ai toujours voulu m’impliquer. Quand j’ai été confrontée à mon premier cas, celui des femmes violées et mutilées au Guatemala, j’ai été révoltée.

Après le séminaire résidentiel, je me suis sentie plus déterminée à défendre les droits des humains, surtout ceux des femmes. La journée que j’ai passée en compagnie des femmes du centre Chrysalide m’a confortée dans la voie que j’ai prise. Il est temps que les gens sachent ce qu’est AI : le mouvement ne défend pas les criminels, comme certains le pensent. Il défend les droits de tout un chacun ; et s’assure que nul ne s’acharne sur son prochain. »

Élodie, 17 ans, présidente, antenne du couvent de Lorette de Curepipe</B>

« Je suis membre depuis deux ans et présidente depuis le début de l’année. C’est le lancement du SVAW (Stop Violence Against Women) qui m’a incité à adhérer au mouvement. Nous organisons des activités et nous envoyons des pétitions, comme celle dans laquelle nous avions réclamé la libération d’une femme emprisonnée injustement. Pour toutes nos actions, nous avons le soutien de la direction et cela nous motive pour aller de l’avant. Il faudrait que les jeunes comprennent qu’ils sont les dirigeants de demain et qu’à ce titre, ils doivent prendre conscience des droits de l’homme pour aspirer à un avenir meilleur. »

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