Publicité
Quand les femmes passent derrière la caméra
Par
Partager cet article
Quand les femmes passent derrière la caméra
Réaliser un film à Bollywood, lorsqu?on est femme, ressemble souvent à un parcours du combattant. Les producteurs font peu confiance à une femme. Pooja Bhatt s?en est bien rendue compte. Elle a frappé à plusieurs portes. Seuls Mahesh Bhatt et Sujit Kumar Singh ont accepté de produire son film Paap. Il réunit Arjun Rampal et Udita Goswami. C?est le premier film indien à être présenté au Festival du Film de Karachi au Pakistan. L?actrice a galéré avant de pouvoir réaliser son film. Les femmes ne jetent pas, pour autant, l?éponge. Elles se munissent de la caméra comme une nouvelle arme de bataille. Pooja Bhatt n?est pas la première réalisatrice de Bollywood. Souvenez-vous. Remontons le temps jusqu?en 1950. Shobhana Samarth est la première femme à oser marcher sur les plates-bandes masculines. Elle réalise Hamari Beti. C?était un monde très dur, elle a dû attendre dix ans avant de produire Chhabili, son deuxième film. Avant Pooja Bhatt, il y a eu une certaine Hema Malini aux commandes de Dil Ashna Hai. On découvrira bientôt le travail de Shabana Azmi, assistant-réalisateur de Aparna Sen pour son prochain film. Pendant des décennies, les réalisatrices en Inde se sont comptées sur les doigts de la main - Aruna Raje, Sai Paranjpe, Kalpana Lajmi, Tanuja Chandra et Deepa Mehta par exemple. Mais les choses ont brusquement changé, quand certaines d?entre elles ont eu du succès tant sur le plan national qu?international. Gurinder Chadha a obtenu la reconnaissance internationale avec Bend It Like Beckham.
Les préjugés subsistent
Aparna Sen a été saluée pour 36 Chowrangee Lane et Mr & Mrs Iyer. Mais c?est sans doute Mira Nair la réalisatrice indienne la plus célèbre avec Monsoon Wedding. Elle a dirigé de main de maître Kama Sutra : A Tale of Love, film qu?aucun élément masculin n?a jamais osé faire et Dieu sait s?ils oseront un jour. Elle aussi est à l?origine d?un petit chef-d??uvre appelé Salaam Bombay ! nominé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger. Cependant, les préjugés subsistent à l?égard des femmes. Cinéphiles et producteurs présument toujours qu?un film tourné par une femme, sera «woman-oriented». Ceci est loin d?être bénéfique pour elles. Alors que certaines actrices voient comme un privilège le fait d?être dirigées par des femmes, les acteurs, eux, hésitent et refusent parfois certains rôles. Prenons le cas de Meghna Gulzar. Pour son film Filhaal, les actrices comme Tabu et Sushmita Sen ont tout de suite accepté sa proposition tandis que les acteurs célèbres ont vite fait de décliner son offre.
D?autres réalisatrices n?ont pas craint d?aller chercher les meilleurs de la profession. Honey Irani a fait fort avec Armaan. Elle a dirigé deux ténors de Bollywood, Anil Kapoor et Amitabh Bachchan, dans son premier film. La réalisation se conjugue désormais au féminin.
Publicité
Publicité
Les plus récents