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Quand les entreprises s?achètent une conscience
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Quand les entreprises s?achètent une conscience
Connaissez-vous la CSR ? C?est un acronyme qui signifie Corporate Social Responsibility et qui, en bon français désigne la responsabilité sociale des entreprises. La CSR est dans l?air du temps et c?est l?occasion pour les entreprises mauriciennes de s?acheter une bonne conscience, en s?affichant citoyennes et responsables.
Et pour cause, presque toutes les en-treprises du pays disposent désormais d?une politique de CSR. Dans la foulée, les organigrammes ont été étoffés, avec la création du poste de CSR Manager, nanti d?un département stratégique, des programmes contre le sida ou la pauvreté qui figurent en priorité dans l?agenda social, de même que des rapports annuels recensant tous les projets sociaux soutenus par l?entreprise.
Des budgets mirobolants</B>
La bonne santé financière des compagnies et les profits accumulés ont aidé à renforcer les fonds destinés à la CSR.
Et ce ne sont certes pas les budgets qui manquent, car ils sont les uns plus mirobolants que les autres. Ainsi, Rogers prévoit Rs 40 millions sur les trois prochaines années au chapitre de la CSR, dont Rs 20 millions investies dans son programme de lutte contre le sida.
La MCB prévoit, quant à elle, d?injecter 1 % de ses profits après impôts dans des projets sociaux. Et à la fin de l?année 2007-2008, elle aura investi Rs 23 millions dans des activités liées à la responsabilité sociale. Elle a, par ailleurs lancé un appel à projets qui se clôture en fin de mois. Quant à la Fondation espoir et développement (FED) du groupe Beachcomber, elle dispose d?une enveloppe de Rs 20 millions pour 2007-2008. Mais ce ne sont pas seulement ces entreprises qui profitent d?une politique de CSR pour gagner en visibilité. Derrière ces investissements massifs se profilent des gens, qui grâce à cet argent, bénéficient d?aides sociales et peuvent profiter d?une insertion professionnelle.
Dépasser le cadre du mécénat</B>
Toutefois, il faut préciser que les entreprises ne se découvrent pas « socialement responsables » par simple charité ! À bien y regarder, il s?agit pour elles, dans un premier temps, de prévenir les risques dans leur environnement social immédiat et de les contenir par le biais de programmes sociaux. Mais sur le long terme, le partenariat compagnies-ONG-société civile peut produire de nouveaux modè-les d?entreprise basés sur la créativité et l?entrepreneuriat.
« Les actions de la Fondation espoir et développement de Beachcomber se font à deux niveaux. D?une part, on travaille en réseau avec une soixantaine d?ONG opérant au niveau national et local. D?autre part, nous initions aussi nos propres projets à savoir : le Projet employabilité jeunes, celui d?alphabétisation, et le projet d?encadrement aux micro-entreprises. Notre action de CSR ne consiste pas seulement à soutenir financièrement ces initiatives. On s?assure que tous les projets et actions s?inscrivent dans la durée, à travers un suivi et des critères rigoureux », explique Malenn Oodiah de la FED.
Cela dit, la responsabilité sociale part aussi d?une volonté de dépasser le cadre du mécénat/sponsoring et de la philanthropie, pour créer un climat propice au progrès social et à l?adoption de nouveaux comportements. C?est ce qui, dans le jargon professionnel, s?appelle le marketing social.
« La plus grande contribution qu?une entreprise puisse faire à la communauté se trouve dans les taxes qu?elle paie, une production respectueuse de l?environnement et des droits humains, et l?emploi qu?elle génère. Au-delà, bien sûr, les entreprises investissent dans le développement communautaire parce qu?elles constatent que les autres acteurs du social ont des lacunes », constate Sophie Doger de Spéville de la Fondation Médine Horizons, (FMH) qui dispose d?un montant de Rs 10 millions.
À n?en point douter, l?entreprise qui est vraiment responsable ne perd pas de vue son impératif de profits. Ce n?est, après tout, qu?en étant opérationnelle dans ses activités commerciales et en prospérant qu?une entreprise peut s?engager socialement. C?est là la juste adéquation des principes qu?incarne la compagnie et sa réussite dans son domaine d?activité principal qui commande la poursuite d?une politique de CSR.
<B>Le vent en poupe</B>
Mais, en somme, la responsabilité so-ciale ne serait-elle pas qu?un subterfuge de communication ? « Non, cela ne devrait pas l?être. Mais certaines entreprises peuvent être tentées de faire ce que vous dites. La CSR répond à un besoin de responsabilisation qui n?a rien à voir avec le marketing et la publicité. Ceci étant, dans le monde actuel, les entreprises qui ont une politique de CSR sérieuse, tant dans sa conception que dans sa déclinaison, ont une meilleure image dans l?opinion publique », rétorque Malenn Oodiah.
Cécile Masson, responsable de la CSR d?Ibl Group, abonde dans le même sens et explique que « si effectivement cela peut donner de la visibilité positive à l?entreprise, sa démarche doit être sincère pour que son image de marque se renforce positivement auprès du public. Si tel n?est pas le cas, le consommateur s?en rendra compte très vite ».
La CSR a désormais le vent en poupe et il appartient aux entreprises mauriciennes de prouver qu?il ne s?agit pas d?une énième astuce pour se donner bonne conscience.
<B>Témoignages</B>
<B>Maryline Labeauté,</B> <I>bénéficiaire d?un programme d?alphabétisation </I>
À 37 ans, Maryline Labeauté ne cache pas sa fierté de pouvoir lire et écrire. Auparavant, elle a travaillé comme cordonnier. Et cette habitante de la région de Bambous a voulu améliorer ses perspectives d?emploi et s?est inscrite au programme d?alphabétisation du Médine Training Centre. Ce centre de formation existe depuis 2006 et dispense trois cours dans le domaine de l?hôtellerie, et un d?alphabétisation. Tous les cours tombent sous la responsabilité sociale de Médine et sont gratuits. « Le cours d?alphabétisation m?a permis de gagner en confiance. Je n?ai pas eu la chance, dans ma jeunesse, d?être dans une classe normale, mais avec le programme de Médine, j?ai pu me rattraper. Je peux désormais remplir des fiches, des formulaires, et même gérer mon compte bancaire. Quand je rentre à la maison, mes enfants me demandent ce que j?ai appris. À la fin du programme d?alphabétisation, je pourrai bénéficier d?une formation poussée en housekeeping et, par la suite, m?insérer professionnellement en décrochant un emploi dans le métier de la cuisine », explique Maryline.
<B>Tanuja Gungadoo,</B> bénéficiaire d?un projet d?artisanat</I>
La quarantaine, Tanuja Gungadoo a travaillé dans le secrétariat pendant six ans avant de se retrouver au chômage. Puis, elle a décidé de consacrer son emploi du temps à l?artisanat (textile, bijouterie, vannerie, etc.) au sein de l?Association femmes entrepreneurs de la Visitation (AFEV) à Vacoas. Jusqu?au jour où la Fondation espoir et développement (FED) du groupe Beachcomber a approché l?association féminine. « En 2006, la FED a choisi trois membres de l?association, dont moi. Nous avons alors bénéficié des cours de l?IVTB sponsorisés par la FED, et cela nous a permis d?améliorer la qualité de nos produits d?artisanat. Par la suite, nous avons eu la chance de pouvoir revendre nos produits aux neuf hôtels de Beach-comber. La FED nous a bien aidées car sans elle, il aurait été difficile d?approcher des hôtels Beachcomber. Actuelle-ment je dispose d?une commande de 50 sacs haut de gamme », déclare-t-elle. Et d?ajouter qu?elle poursuit un cours d?Advance Design and Product Development à l?IVTB, sponsorisé par la FED.
Lone Raffray,</B> « Fund Raising Manager » à la « Mauritian Wildlife Foundation »</I>
Elle est ravie que la Mauritian Wildlife Foundation ait pu sauver l?echo parakeet (grosse cateau verte) de l?extinction. D?autant que cet oiseau serait unique à Maurice et dans le monde. Fund Raising Manager à la Mauritian Wildlife Foundation (MWF), Lone Raffray parle avec enthousiasme du partenariat entre Ireland Blyth Limited (IBL) et la MWF. « Cela fait cinq ans qu?IBL nous soutient dans le cadre de sa corporate social responsibility. Son aide nous a permis de récolter des fonds pour continuer le programme echo parakeet. IBL s?est aussi chargé de l?aspect éducatif et de sensibilisation. Ainsi, les enfants des écoles ont pu participer à des concours et autres projets éducatifs pour mieux connaître cette espèce qui est unique à Maurice.
En 1974, il y avait seulement 14 cateaux vertes et aujourd?hui nous en avons 350 », se réjouit-elle. IBL s?était associé à MWF dans le cadre du lancement de sa ligne aérienne Catovair qui, en javier 2008, est entrée en partenariat avec Air Austral.
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