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Quand le van scolaire séduit
«Un service de porte à porte» en toute sécurité. Comme Menon Mootia, plusieurs parents préfèrent les «van lekol» au transport gratuit, malgré le coût que cela entraîne. Sylvie Noël ajoute que quand son fils de 6 ans, Shaoling, grimpe dans le van, «pena aukenn traka» ; «Je sais que mon fils est en sécurité. Le van vient le chercher à une heure précise, vient le quitter toujours à la même heure. Et toujours devant ma porte.» Initiation à une journée dans ces vans scolaires...
Il est 8 h 15. Pour la deuxième fois depuis le début de la journée, le van des époux Junggee se gare devant les grilles de l?école Notre Dame des Victoires RCA, à Rose-Hill. Reshma Junggee enfile le lourd cartable des enfants sur le dos et les aide à descendre du van. Puis, à traverser le passage clouté.
A peine les enfants pénètrent-ils dans l?enceinte de l?établissement scolaire que Nazir Junggee, l?époux de Reshma et président du Komité Van Lekol, démarre. Pas une minute à perdre. «Nous transportons chaque jour une centaine d?enfants. Mais pour pouvoir le faire, nous devons faire trois voyages, explique Nazir Junggee. Et deux ou trois minutes de retard peuvent avoir des conséquences qui pourraient être difficile à gérer».
Nazir qui, exceptionnellement hier avait pris le volant, explique que certains parents n?attendent que le van scolaire pour se mettre en route pour le travail. «Nous ne pouvons pas mettre les parents en retard au travail en arrivant nous-mêmes en retard.» Et effectivement, lorsque, peu après 7 h 30, Nazir Junggee klaxonne devant la porte de la famille Moothia à Stanley, Menon, le père de famille, est déjà devant le portail tenant la main au petit Dhishiven, 5 ans. A peine aura-t-il fait grimper son enfant dans le van que lui aussi prendra la route? Et il aurait suffi d?un retard accumulé tout au long du trajet, quelques minutes par-ci, quelques minutes par-là, pour que Dhishiven, ou un autre de ses camarades, se retrouve devant une porte close, les écoles fermant leurs grilles à 8 h 50.
Nazir Junggee affirme ne pas pouvoir demander le «coût réel» de ses services aux parents. Un rapide calcul lui fait dire qu?en enlevant tous les frais (le diesel, l?assurance tous risques, etc.) il ne lui resterait même pas de quoi se payer et payer son «helper». «Nou ena bocou zenfan ki res dan cite. Mo pa dir ki zot miser, me paye transpor li pa evidan pu zot.» C?est pourquoi, pour certains enfants, ils font une concession, leur trouve «une petite place» pour pas cher. Diminue de près de moitié la facture d?une famille dont les cinq enfants voyagent par le van. Des enfants qui, au cas contraire, aurait dû marcher avec leur gros sac sur le dos pour se rendre à l?école. Presque arrivé à la Notre Dame des Victoires RCA, le portable de Reshma sonne. C?est la maman d?une des passagères. Sa fille a oublié son argent «tifinn», elle demande à Nazir de lui donner Rs 15. «Un receveur d?autobus ne peut pas le faire. Tout comme il n?essuiera pas le vomi d?un enfant malade ni ne le retournera à la maison.» C?est peut-être pourquoi certains enfants reviennent vers les «van lekol» après avoir essayé quelque temps le transport gratuit?
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