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Quand le physique se fait business

20 août 2007, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?Beaucoup d?agences se créent, plus ou moins sérieuses et compétentes, et de plus en plus de filles souhaitent se lancer.? Magali, 23 ans, qui a débuté dans le mannequinat il y a trois ans, note une évolution dans le milieu. Les concours de beauté, le principal étant celui de Miss Mauritius, sont concurrencés par les événements autour du mannequinat.

Il est clair que la beauté attire. Elle fait vendre surtout. Les entreprises l?ont bien compris. C?est pourquoi ?nous sponsorisons des concours afin d?offrir une visibilité à nos créations?, apprend-on chez Billabong, partenaire du One Models Search. Kit Acheemooto, directeur de l?agence d?événementiel Heat, va dans le même sens : ?Notre principal marché reste la publicité, nos mannequins sont l?image de nos clients.?

Le concours Miss Mauritius est le plus ancien concours de beauté. Cependant, il semble que l?image de ce concours ait été ternie. ?Aucun de nos mannequins n?est autorisé à participer à ce concours?, confie Kit Acheemootoo. ?L?amateurisme du concours a gâché le label?, poursuit-il. Pourtant, l?événement annuel se veut le principal concours de beauté du pays. Ne perdons pas de vue que la beauté est devenue un business.

Le concours Miss Mauritius n?y échappe pas. Les événements autour de la mode, les castings pour des campagnes publicitaires attirent davantage les jeunes aujourd?hui.

?C?est surtout un moyen de se faire un peu d?argent. C?est d?ailleurs de cette manière que j?ai financé mes études?, souligne Magali, 23 ans, qui a débuté dans le mannequinat il y a trois ans.

Pour le directeur de l?agence Heat, ?le secteur est relativement jeune?. Il se veut plus ?moderne, moins institutionnalisé?, pense Javed Vayid, l?un des organisateurs de l?événement Octopussy. C?est l?image que le modèle renverra qui l?intéresse. ?L?évènementiel attire davantage que les concours vus et revus?, précise Magali. Pour elle, il y a un décalage ?entre les critères retenus par les agences et ceux des concours de beauté?. Le secteur, s?il est jeune, est donc divisé entre les agences qui travaillent davantage pour l?évènementiel ou les publicitaires, et les concours, le principal étant celui de Miss Mauritius. Pour Javed Vayid, ?les jolies filles sont plus attirées par les concours liés au mannequinat?.

Mais y a-t-il de véritables opportunités de carrière ? ?Le marché mauricien est restreint, les opportunités à l?étranger très minimes?, indique Kit Acheemooto. Pour Magali, ?c?est surtout un moyen de se faire un peu d?argent. C?est d?ailleurs de cette manière que j?ai financé mes études?. Javed Vayid corrobore : ?Le mannequinat est surtout un hobby, faire carrière à Maurice n?est pas évident.? Cependant, un mannequin souhaitant préserver l?anonymat prévient : ?Le pourcentage que l?on touche est parfois bien trop faible, l?agence se taille la part du lion.? C?est pourquoi Magali insiste sur ?l?importance de bien choisir son agence pour ne pas être floué et surtout ne pas se retrouver dans des évènements bas de gamme ou dans des situations inconfortables?.

Pour Magali, ?il y a un intérêt croissant pour le mannequinat événementiel?. L?image, le marketing qui l?accompagne est plus valorisant. Kit Acheemooto confirme : ?C?est un effet de mode, le craze du moment en quelque sorte.?

Au total, la beauté ne peut être considérée comme un véritable secteur ou un marché. C?est surtout un business qui en accompagne d?autres. Qu?il s?agisse de concours, de défilés, d?évènements chorégraphiés nécessitant des modèles, l?important est de vanter une image. Il est normal que cela attire les jolies personnes. Il est normal que la beauté soit mise à l?honneur. Pourquoi ? Parce qu?elle attire. Parce ce qu?elle fait vendre.

<B> La beauté mauricienne? une beauté complexée ? </B>

Pour les évènements internationaux, ?les mannequins retenus illustrent le creuset ethnique et culturel qu?est Maurice?, confie un ancien mannequin. Magali, modèle de 23 ans, souligne ?la volonté des agences d?avoir une représentativité correcte lors des défilés à l?attention des touristes?. La beauté insulaire, métisse? c?est ce que l?on donne à voir lors d?évènements internationaux. Cependant, lors de défilés locaux ?on remarque très vite que les filles à la peau brune sont rarement retenues?, note Magali. Pour Javed Vayid, ?les Mauriciens sont encore complexés, les filles d?origine européennes sont mieux considérées, les peaux claires sont haut de gamme?. Pour l?organisateur de l?évènement Octopussy, cette différenciation ?tient à la culture de Maurice, à des complexes d?ordre sociologique?. Magali se demande ?où est l?image des femmes mauriciennes lorsque l?on a des défilés presque mono-ethnique, où la couleur de peau peut être un critère discriminant ??

<B> Du simple défilé au spectacle de mode? </B>

Les défilés de mode ne sont pas très répandus à Maurice. Pour tout dire, ils sont même très rares. ?Lorsque nous faisons des défilés dans les hôtels, nous ne nous contentons pas de porter des vêtements et de les présenter en marchant le long du catwalk. Nos défilés sont chorégraphiés?, nous apprend Magali. Les personnes qui assistent à un défilé s?attendent à un spectacle. Dans le même sens, ?Octopussy se veut un concept novateur, une alternative aux prestations de DJ et de chanteurs, un nouveau type de spectacle mettant à l?honneur les mannequins, la beauté et les créations?, souligne Javed Vayid. ?Le spectacle est chorégraphié, les mannequins mauriciens et français travaillent ensemble sur des chorégraphies c?est-à-dire des danses indiennes, africaines, japonaises.? Les spectateurs s?attendent à voir plus que de jolies filles défiler. Pour attirer le chaland, il faut proposer davantage, ?même si c?est toujours un plaisir de voir de jolies filles défiler?, plaisante Javed Vayid.

<B> Les critères de beauté</B>

Pour Kit Acheemooto, ?Il y a des critères simples à respecter : taille, poids, photogénie, aisance en public ou devant un objectif.? Le directeur de l?agence Heat insiste sur la photogénie. Dans les publicités, le plus important est le visage. ?Nous sommes sensibles aux jolis visages?, confirme Kit Acheemooto. Si le visage compte tant, cela implique que le corps ne répond pas nécessairement à des critères draconiens, notamment ceux qui sont parfois décriés. ?Les mannequins de 1 m 75, maigres, ne sont pas forcément les plus demandés?, confie Kit Acheemooto.

QUESTIONS À?

<B> Primerose Obeegadoo, Comité organisateur Miss Mauritius</B>

● <B> Quelle est, selon vous, la principale motivation des prétendantes au titre de Miss Mauritius ? Quels sont les critères de sélection ? </B>

La principale motivation est la couronne ainsi que les privilèges attachés au titre. Les critères sont un physique ravissant doté d?une personnalité rayonnante. En d?autres mots, beauté physique, culture et bonté d?âme.

● <B> Quelles recommandations faites-vous aux jeunes femmes qui souhaitent se lancer dans les concours de beauté ou le mannequinat évènementiel ? </B>

Au-dessus de tout, il leur faut une grande rigueur basée sur la formation requise. Une expérience de la scène est également nécessaire.

● <B> A l?heure actuelle, les concours de beauté et les évènements liés au mannequinat se multiplient. Comment jugez-vous l?évolution du milieu ? Les Miss Mauritius ne souffrent-elles pas de la concurrence des autres ?beautés? retenues pour vanter l?image du pays à l?étranger ? </B>

Ce n?est pas à moi de juger les autres. Quant à la deuxième partie de votre question, les Miss Mauritius n?ont pas de concurrence sur la plate-forme internationale. Le concours Miss Mauritius est unique à Maurice. Celles, qui très rarement dans le passé, s?y sont essayées n?ont simplement pas récidivé.

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