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Quand le lèche-vitrines est à la mode multimédia
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Quand le lèche-vitrines est à la mode multimédia
Bien malgré lui, Rubin Denis, soudeur, sourit: depuis quelque temps son épouse le harcèle avec des «eta, tonn toursa. Anou asté. Abé ena zis promosyon pou sa ki pay kas». Aux abords d?un petit snack-bar de Baie-du-Tombeau, dans la nuit chaude et guillerette, tandis que, chopines à la main, des habitués prennent l?air du soir, à l?intérieur, attablés dans une pièce au charme simple et côtier, dans la foule des mines ?spécial? et riz frits, deux amis sirotent un petit verre. Le sujet c?est? les femmes et leurs envies. Le camarade de Rubin, Georges Perrine, un marin de la localité, tempère : «to kone, li ena so lavantag sa program la. To tour bann produi ki ape traverse. Monn fin aste enn de pou mo mama. Li finn tour sa bann ti laparey la serye».
Ce program qui nourrit l?apéritif de nos deux compères n?est autre que le dernier-né du paysage publicitaire mauricien, sur les petits écrans depuis février: Chek Sa! dans le poste des spectateurs de la MBC 1 et 3 et de TNT6. Son concept n?est pas vraiment neuf. Mais l?«emballage», pour reprendre un terme de Kevin Obeegadoo, directeur de IMS, la société qui a lancé Chek Sa! fait l?effet d?une bombe : promouvoir simultanément sur la télévision, la radio (Kool FM), le net et la presse écrite (l?express) un produit ou un service en en démontrant les avantages et bénéfices, sans tricher sur les prix : «Il n?y a pas de frais cachés», souligne Kevin. «Le tout est VAT inclusive».
«Je n?invente pas la roue», ajoute-t-il. Kevin, qui se définit comme un «passionné», y croit, à son concept. Il caressait son projet depuis une douzaine d?années. Entre-temps des projets de téléachat, comme le teleshopping de Gazlaxy, avaient connu une existence éphémère, qui auaient pu faire douter Kevin. Mais de son quartier-général de Port-Louis, est serein : «ce que nous proposons aujourd?hui est plus consumer friendly que jamais. Nous ne vendons rien. Nous offrons une vitrine aux annonceurs d?une part, qui bénéficient d?un authentique mediamarketing, et de vraies occasions aux consommateurs, qui savent où trouver des produits inédits.» Le 0-dépôt s?applique à nombre d?entre eux.
<B>Profils différents</B>
Cela n?est donc pas de la vente directe par téléphone. «Je n?ai jamais aimé le telemarketing, qui peut être agressif et dérangeant. Avec cette plateforme médiatique, je mets en valeur des produits, et je n?impose rien.» En même temps, affirme Kevin Obeegadoo, on touche un maximum de personnes, puisqu?à chaque média correspondent, grosso modo, des profils différents, de la classique ménagère au manager BCBG.
Surtout, en tranches qui vont généralement de deux à 5 minutes, les spectateurs peuvent voir blenders, ordinateurs, chaînes hifi, mais aussi balai révolutionnaire et gaine miracle passer au banc d?essai. Les consommateurs semblent jouer le jeu, même s?il est encore tôt pour se prononcer : le reception desk reçoit plus de 10 000 appels hebdomadaires, plus de 40000 visiteurs ont surfé sur le site www.cheksadeal.com, et, surtout, pour le seul mois d?avril, les annonceurs ont enregistré quelque 2000 demandes qualifiantes (infos et commandes). Le créneau horaire des émissions de lundi, jeudi et samedi sur la MBC, ne semble pas trop mal choisi : 17 h 30, à l?heure où l?audimat se démultiplie, il passe d?environ de 15 à 75 %.
Pour les annonceurs, il y a un autre avantage, clame Kevin Obeegadoo, qui renforce l?impact du spot : la rapidité de sa mise en boîte. L?annonceur peut contacter l?agence lundi, le spot sera produit mercredi et présenté le samedi suivant.
Les publicitaires classiques voient-ils ce procédé d?un bon ?il ? Vino Sooklall, directeur de l?agence Cread salue l?initiative : «Je ne la vois pas comme une menace. Je pense que sur des produits spécifiques, on peut saluer la démarche explicative de l?émission.» Mais le directeur de cette agence la trouve davantage pertinente pour des appareils ou des services qui nécessitent une information que pour des produits de consommation courante comme une télévision. Et, ajoute-t-il, «en audio, c?est-à-dire sur les ondes, je ne suis pas sûr de l?effet d?une démo prévue pour la télé.»
Olivier Descroizilles, au marketing de Circus, rejoint son collègue. «C?est, selon moi, une approche définitivement plus informative qu?affective, qui peut trouver sa place au sein d?un processus de brandbuilding, mais paraît trop sur le court terme pour se suffire à elle-même ou remplacer les campagnes classiques.»
«Nous ne faisons pas de publicité pure. C?est un mélange de publireportage, d?info et de facilitation aussi bien que le branding», explique, lui, Kevin Obeegadoo. Cependant, au pays du marketing, le consommateur est roi. On lui laisse donc le mot de la fin : «sa Chek Sa! la, li enn bon zafer. Li mars bien, mo mama finn kontan», conclut Georges.
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