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Quand le consommateur privilégie le label mauricien

13 décembre 2004, 00:00

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Envie de caviar, foie gras, dinde, canard ou de Christmas pudding pour les fêtes de fin d?année ? Il faudra y réfléchir à deux fois. Ces produits importés coûteront au moins 20 % plus cher. La raison : l?euro a accusé une hausse de Rs 10 par rapport à l?année dernière et le rand sud-africain a dépassé la barre des Rs5 hier contre Rs4 en 2003. Du coup, les commerçants misent sur le Made in Mauritius. Il en est de même pour le consommateur qui se tourne vers les produits locaux.

En effet, la prudence est de rigueur. De nombreux importateurs préfèrent ne pas commander en volume de tels produits alimentaires de luxe. Leur crainte : que ces produits ne se vendent pas. Déjà, l?année dernière, une baisse dans la consommation des produits importés avait été notée.

Et cette année, les commerces misent sur les produits fabriqués ou produits localement : poulet, bière, vins et whisky embouteillés au pays, charcuterie locale, poisson frigorifié ou frais?

Mais qu?on se rassure. Les produits importés que le Mauricien consomme régulièrement seront aussi de la partie. Car viandes rouges du Brésil, de l?Australie, de l?Afrique du Sud mais aussi fruits de mer de Madagascar ou de l?Inde, même s?ils seront quelque peu plus chers, seront toujours à la portée de toutes les bourses.

Alain Mairaville, un des directeurs de l?hypermarché Jumbo Score, confirme : ?Il y aura des produits pour toutes les bourses mais l?euro qui grimpe au fil des jours est venu bouleverser nos importations. Le prix de revient est très cher.?

Néanmoins, son hypermarché a pris le risque d?importer, en petite quantité, des produits de luxe : huîtres fraîches, saumon frais fumé extra du Danemark, charcuterie française, foie gras, dinde, canard frais, bûches de Noël et toute une variété de glaces sans oublier les vins, champagne. Le tout se situe dans la fourchette de Rs200 à Rs1500, voire plus.

?Opération commerciale?

Alain Mairaville précise que Jumbo Score n?importera pas ces produits en volume comme les années précédentes ?en raison des réalités économiques à Maurice mais on a remarqué que depuis samedi, les achats de fin d?année ont commencé.?

Même son de cloche pour l?hypermarché Shoprite. Son directeur général, Jack Singh, souligne que la montée de l?euro et particulièrement celle du rand sud-africain (devise que son entreprise utilise le plus) le contraignent à importer moins de produits alimentaires de luxe cette année. Mais, ajoute-t-il, ?on a réussi à monter une opération commerciale avec certains commerçants locaux pour obtenir certains produits en exclusivité pour les fêtes de fin d?année?.

Ainsi, sur ses rayons, Shoprite aura une variété de vins en provenance de France à moins de Rs200, du poulet local leur sera livré en toute exclusivité à des prix très compétitifs de même que d?autres marques de produits alimentaires et de pâtisserie faits maison. ?On va beaucoup miser sur une plus grande variété de produits disponibles localement pour être davantage compétitif et toucher un maximum de Mauriciens?, explique Jack Singh.

Grand plus pour l?hypermarché Shoprite: les viandes de b?uf en provenance de l?Argentine, du Brésil sont vendues à des prix compétitifs car elles sont importées en dollars américains. Ce dernier est en ce moment moins fort que l?euro.

Pascal Tsin, directeur de l?hypermarché et supermarché Super U, joue également la carte des produits locaux. Il met un frein ?à la consommation des produits en provenance de France et d?autres pays d?Europe qui sont 20% plus chers?.

Toujours est-il que du saumon fumé frais, des coquilles St.-Jacques, des escargots de Bourgogne en conserve, des ?ufs de lump, de la charcuterie fine, du foie gras mais aussi des vins mousseux et autres figureront également sur les rayons. Mais en petite quantité.

?Consommer mauricien?

Les nouvelles chaînes de supermarchés WAY misent pour leur part sur les produits alimentaires traditionnels (poulet, viande rouge, crevettes de mer et poisson frigorifié) alors que les années précédentes, les importations étaient beaucoup plus axées sur les produits de luxe.

Thierry Sik Yuen, un des directeurs du supermarché Sik Yuen, qui fait partie de WAY, explique également que ?les produits sont plus chers et on a décidé cette année de ne pas importer toute une variété de produits alimentaires?.

Entre-temps, WAY voulait aussi importer certains produits tels que la charcuterie de France. Mais des documents exigés par le service vétérinaire de Maurice ont posé problème et les négociations n?ont pas abouti. WAY espère néanmoins réaliser un bon chiffre d?affaires avec ses promotions et loteries.

Autre concurrent dans le domaine de la consommation : les Grandes surfaces réunies (GSR) avec ses 17 supermarchés. Leurs armes : ?consommer mauricien.? Paul Chin, un des directeurs de cette filiale qui est aussi directeur d?un supermarché à La Gaulette, indique qu??on jouera beaucoup sur les prix bas et la proximité pour atteindre une plus grande masse. La montée de l?euro et du rand est venu créer du désordre dans notre business. On est très prudent cette année.?

L?année dernière, GSR avait importé des jus de fruits et des snacks pour cette période festive. Une démarche qui sera rendue impossible cette année avec la montée des devises étrangères.

Spar et Winners s?attendent, pour leur part, que les Mauriciens achètent beaucoup. Même si ce ne sont pas des produits alimentaires luxueux.

Du poulet à volonté sur le marché local. C?est ainsi que Christian Rivière, directeur de Communication du groupe Food & Allied Industries Limited et Jean How Hong du groupe Happy World Ltd, se veulent rassurant. Car le poulet est le produit le plus consommé à Maurice. La vente de ce produit double en période de fêtes de fin d?année pour atteindre les 4 000 tonnes.

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