Publicité

Quand le bistouri sert à l?esthétique

23 octobre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Allez, un chiffre. Combien vous lui donnez ? Disons 40 ans ? Perdu, elle en a 50. À ce jeu de devinette face aux liftés, vous êtes sûrs de perdre. La jeunesse, la beauté, en gros le bonheur est au bout du bistouri, pourquoi s?en priver ? La médecine du look vous arrange ces seins qui tombent, ces rides au coin des yeux, ce cou pélican, cette culotte de cheval. Hier réservée aux stars, la chirurgie esthétique aujourd?hui est accessible à tout le monde.

Pas la peine d?envier ces Anglais qui débarquent tous les mois dans l?île avec un chirurgien plasticien pour un cocktail de soleil, de mer et de relooking à Rs 250 000.

À Maurice, plusieurs opérations esthétiques ont lieu dans la discrétion des cliniques privées.

Ces chirurgiens (visiblement il y en a deux) se font leur clientèle de bouche à oreille. L?expérience de ceux qui ont osé, les photos d?avant et après, c?est ce qui détermine la démarche des femmes soucieuses de modifier leur nez ou de gonfler leurs seins. Rajenprasad Gunessee, consultant à l?hôpital Victoria et chirurgien plastique et cosmétique, s?est fait une réputation dans les domaines public et privé. Selon lui, la chirurgie esthétique connaît un réel essor à Maurice. On n?en est pas encore au point de se faire poser des coussinets sous la plante des pieds afin de se jucher plus facilement sur des talons hauts, mais on se refait des jambes neuves.

Les personnes qui viennent consulter sont souvent désemparées à cause d?une disgrâce physique. « Elles vivent mal le fait d?avoir un défaut physique. Elles ne supportent plus le regard des autres ou leurs moqueries. Nous vivons dans une société compétitive qui a le souci de l?apparence », explique le médecin qui se voit parfois obligé de refuser certaines interventions. ll doit évaluer les motivations et refuser d?opérer si les désirs sont irréalisables et que le patient semble avoir une obsession démesurée par rapport à un défaut anodin. Le travesti Kelly Wayne, par exemple, voudrait devenir transsexuel mais pour ça, il faut qu?il suive un traitement de deux ans chez un psychologue et que ce dernier donne son feu vert pour pratiquer une telle opération.

En fait, il ne suffit pas de débarquer dans le cabinet du médecin avec un magazine en main et commander tel type de seins pour pouvoir porter tel type de soutien-gorge. Il ne suffit pas non plus de vouloir changer de visage complètement et de prétendre à la perfection absolue. « Il faut comprendre ce qui motive le client. Si on sent que le problème est plus psychologique, il faut lui dire d?aller voir un spécialiste. »

<B>Mon chirurgien, ce magicien ! </B>

Ceux qui ont recours à la chirurgie plastique ne tombent pas forcément dans le narcissisme et ne cultivent pas tous la folie des stars. François a été victime d?un accident de la route il y a quelques mois. C?est son nez qui a le plus souffert. Médicalement parlant, il n?a pas de problèmes, il est juste défiguré d?un côté. Cet homme d?une trentaine d?années en a assez que les gens s?exclament de surprise en le voyant. « Tout le monde me dit qu?on ne me reconnaît plus. » Quand François a su qu?il pouvait arranger cela, il n?a pas hésité une seconde. On l?a rencontré serein juste avant l?opération. « Je n?éprouve aucune peur, j?ai confiance en mon médecin. Au contraire, je suis content parce que je vais redevenir comme avant. »

Les femmes, comme les hommes, ne sont pas épargnées par les diktats de la beauté. Les motivations sont souvent personnelles, parfois professionnelles.

Sous d?autres cieux la chirurgie esthétique est une activité purement commerciale avec des méthodes de marketing direct et de publicité. Ici, le praticien est tenu à un code d?éthique plus strict. Il n?a pas l?obligation de résultats car quelle que soit l?opération, il existe un risque anesthésique, hémorragique, infectieux et cicatriciel. Le chirurgien doit toutefois prendre le temps d?écouter, d?exposer les conditions de l?opération : les modalités de l?intervention, les effets secondaires et les risques inhérents à l?opération chirurgicale. Une bonne relation chirurgien-patient est indispensable. À savoir que le chirurgien esthétique étudie d?abord la médecine générale, puis se spécialise en chirurgie, ensuite en chirurgie plastique. Certains font de supers spécialisations dans des domaines très précis.

Quoi qu?il en soit, vous avez comme Britney Spears, Meg Ryan, Demi Moore, Arnold Schwarzenegger ou encore Berlusconi, cette possibilité de vous améliorer physiquement. Mais attention la chirurgie esthétique peut aussi donner des résultats dramatiques. Michael Jackson l?a appris à ses dépens. « Il faut bien choisir son chirurgien, se renseigner sur ses compétences, connaître les limites de la chirurgie plastique avant de se lancer », explique Rajendraprasad Gunessee. Sinon, le rêve peut vite tourner au cauchemar.

<B>Témoignage

Un buste trop lourd à porter</B>

Il y a trois mois, allongée sous les lumières du bloc opératoire, Shalini (prénom fictif) a quelques appréhensions. Se faire opérer alors qu?on est en bonne santé, il faut vraiment le vouloir. Pas question pourtant de faire marche arrière. La jeune femme a déjà longuement pesé le pour et le contre, l?avant et l?après. Il faut en finir avec cette forte poitrine qui empêche de porter des robes d?été à bretelles, qui donne des douleurs au niveau du dos, qui donne lieu à des problèmes de peau par temps chaud.

Les traces des incisions sont déjà faites, il ne reste plus qu?à se laisser aller entre les mains du chirurgien qui va pratiquer une réduction mammaire. À son réveil, les questions se bousculent dans sa tête. Qu?est-ce qui se cache derrière ce pansement ? Dans un premier temps, quelques ecchymoses et des ?dèmes, une petite cicatrice qui s?estompe, mais Shalini est heureuse du résultat. Elle a maintenant les seins qu?elle voulait et compte refaire d?autres endroits.

Le déclic, elle l?a eu un jour en ouvrant l?annuaire et en découvrant qu?il y avait des chirurgiens plastiques à Maurice. Elle en parle à son époux qui se montre réticent au début mais qui se ravise ensuite. « C?était ma décision et il l?a respectée. »

On n?en saura pas plus sur Shalini, sur cette goutte d?eau qui a fait déborder le vase. Quelle motivation l?a poussé à franchir le pas à 28 ans. On ne se confie pas facilement sur un tel sujet On craint le jugement des autres. « Je ne vois pas pourquoi je dois en parler à tout le monde. Ce n?est pas que j?ai honte mais je suis libre de mon corps. J?en parle à qui je veux. Je n?ai pas besoin qu?on me scrute du regard. »

<B>Et vos cheveux repoussent ! </B>

Chouchouter sa chevelure ? Ils sont déjà nombreux à le faire. Le crâne rasé a beau être une mode aujourd?hui, n?empêche que beaucoup d?hommes vivent la calvitie comme un handicap. Puisque les cheveux influencent l?apparence physique, puisqu?ils sont perçus comme étant l?expression de soi, une sorte d?identité sociale, la greffe des cheveux paraît être la solution à l?alopécie.

Au centre médical de microtransplantation folliculaire à Pointe-aux-Canonniers, Gérard Guidi et son équipe font repousser les cheveux. L?opération consiste à prélever (sous anesthésie : léger sédatif, crème analgésique) des bandelettes de cheveux derrière la nuque. Au laboratoire, on sépare les greffons des unités folliculaires. Ensuite, on implante les follicules dans de minuscules alvéoles à l?aide de fines aiguilles en veillant à respecter les règles de l?esthétique.

Pas d?hospitalisation, pas de bandage, pas de cicatrice visible. Vous rentrez chez vous le même jour et poursuivez vos activités normalement. Les résultats sont visibles dans les trois à six mois qui suivent l?intervention. Une séance de microgreffes peut durer quatre heures et on implante jusqu?à 7 000 cheveux. Ca coûte entre Rs 20 000 et Rs 120 000 selon le nombre de greffons à implanter. Les femmes font aussi appel à ce service. Centre médical de microtransplantation folliculaire, 15 chemin de la Colline, Morcellement Raffray, Pointe-aux-Canonniers. Tél. : 269.05.66.

<B>Combien ça coûte ? </B>

Le tarif dépend de la nature de l?opération, du type d?anesthésie, locale ou générale.

En gros la fourchette se situe entre Rs 20 000 et Rs 45 000 roupies, tous frais compris.

Publicité