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Quand l?art nous raconte ses histoires

11 juin 2007, 00:00

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Renaissance, impressionnisme, cubisme. Des concepts qui nous sont familiers. Et même si nous ne saurions dire avec exactitude ce que c?est, cela nous rappelle forcément des images, des noms. Prenons maintenant au hasard : Max Boullé. Qu?a-t-il fait pour laisser son nom à une galerie municipale ? Et nous voilà pris au dépourvu.

Car l?art a très peu écrit son histoire à Maurice. Avec autant de blancs et une référence majeure : le Panorama de la peinture mauricienne tomes I & II d?André Decotter, Hans Ramduth, chargé de cours au Mahatma Gandhi Institute entreprend de tracer les points saillants des arts visuels tout en établissant leur lien avec le tissu social. C?est là le propos d?Art in Mauritius, post independence issues and perspectives. Un ouvrage lancé à l?occasion de l?ouverture du Salon de mai, la semaine dernière.

Une tâche colossale de prime abord, notamment à cause des trous dans la documentation. L?auteur fait d?emblée deux choix majeurs. Celui de ne pas suivre le fil chronologique et de passer à la loupe tous les artistes. Un parti pris qu?il explique ainsi : ?I have left out important ones, because I have preferred to choose representatives artists as opposed to being comprehensive?.

Patiemment, il tisse les liens entre des pinceaux de prime abord éloignés dans le temps et dans le style. établi un réseau de correspondances entre les mouvements artistiques internationaux et les efforts locaux. Avant d?illustrer le ?télescopage du prémoderne, du moderne et du postmoderne dans le Maurice post-indépendance?.

Hans Ramduth définit aussi son champ d?études comme ?l?art à Maurice? et non comme ?l?art mauricien?. Arguant à juste titre qu?une discussion sur l?essence de ce qui est mauricien aurait été stérile. Armé d?une bibliographie impressionnante, de théories qu?il tente de simplifier à l?extrême, le chargé de cours entreprend d?analyser l??uvre d?art, plaçant sur un plan d?égalité la peinture, la sculpture, l?installation, la vidéo?

Il est aidé en cela par la profusion d?illustrations en couleur (une à deux ?uvres par page), qui constituent à elles seules, une lecture complexe et prenante. Des Flamboyants de Gabriel Gillet aux jeans brûlés à l?acide de Rishi Seeruttun, le critique établit par exemple quatre points cardinaux du modernisme à Maurice. Hervé Masson ( 1919 ?1990), Malcolm de Chazal ( 1902 ? 1981), Serge Constantin (1918 ? 1998) et Moorthy Nagalingum (né en 1935). L?auteur écrit : ?Modernism in the visual arts begins relatively late in Mauritius, in the years after WWII. By modernism here I mean the adoption of a style that is an evident rupture from earlier art?.

Du rôle évolutif de l?artiste, à celui de l??uvre d?art, Hans Ramduth aborde non seulement l?histoire de l?art du point de vue de la technique mais parle aussi des sponsors. Ces sacro-saints mécènes, que tout artiste recherche. Que nombre de créateurs actuels, plasticiens mais aussi danseurs, comédiens pleurent à cause du manque de volonté pour mettre la main à la caisse, à cause des conjonctures économiques. Seul regret, ce chapitre reste éminemment académique. Restant prudemment dans le registre des mécènes internationaux, sans aucune référence locale.

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