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Quand la vente d?huile au détail fait recette
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Quand la vente d?huile au détail fait recette
Vous pensiez que la vente au détail de l?huile comestible se conjuguait au passé ? Que c?était un souvenir de votre enfance et donc d?une époque bien révolue ? En somme, un commerce que vos enfants ne connaîtraient jamais? Eh bien non. «Diluil detaye ? Mais bien sûr que nous en vendons toujours. Aujourd?hui, le coût de la vie est tellement élevé que les gens n?ont que cet unique recours s?ils veulent encore pouvoir en consommer», soutient Apin, gérant de Baie-du-Tombeau Store.
Pour ceux qui en utilisent peu, faute de moyens ou par goût personnel, ils peuvent se procurer le quart d?huile, comprenez 200 millilitres, à Rs 7,10 (le prix recommandé). Pour les autres, les gros utilisateurs, l?huile au détail se vend également au litre ou au «gallon». Retnon Pillay est de ceux-là. Pour gagner son pain, son épouse vend des «gato deluil» en face de la boutique d?Apin. Pour frire ces gâteaux, de l?huile, elle en utilise énormément.
<B>Pas de réaction entre l?huile et la tôle</B>
Alors pour Retnon, chaque jour, c?est le même rituel. Muni de sa bouteille de 1,5 litre, il se rend à la boutique pour sa ration quotidienne. Etant donné qu?il en achète tous les jours, ne serait-ce pas moins coûteux pour lui de s?approvisionner directement auprès de l?importateur d?huile ?
«Certainement. Je l?ai déjà fait mais ici, j?ai des facilités? Li pre ek mo gaigne credit», précise l?homme.
Un argument non négligeable en ces temps difficiles. «Biznes pas pe marse. Avec cette nouvelle augmentation, la situation ne s?améliorera certainement pas?» se plaint Retnon Pillay. Compte-t-il augmenter le prix de ses gâteaux pour faire face à cette augmentation ? «Je vends trois gâteaux piments pour Rs 5 et les gens trouvent cela cher. Kot kapav augmente aster ? Gato pa pu vende.»
Entreposés à l?entrée même de cette boutique «lontan», plutôt exiguë, quatre «drom» d?huile pouvant contenir chacun jusqu?à 200 litres d?huile? Sur le dessus, quelques traces de graisse et un soupçon de poussière qui s?y accroche obstinément. Des «drom» qui, comme l?explique Sunil Sohun, chef inspecteur au ministère de la Santé, doivent être en tôle galvanisée. «S?il s?agit de tôle galvanisée, il n?y aura pas de réaction entre l?huile et la tôle et donc pas de danger pour la santé.»
Ce récipient dont les tôliers ont le secret de fabrication est «un peu spécial». «Il est suffisamment grand pour pouvoir accommoder l?huile en grande quantité mais également l?entonnoir et la mesure», explique Sunil Sohun. Histoire que le tout soit à l?abri de la poussière. A la question de savoir combien de temps cette huile est entreposée dans la boutique, Apin nous rassure : pas plus d?un mois. «Avec Divali, nous avons vendu tout notre stock en deux semaines alors que normalement, nous écoulons près de 800 litres en un mois», explique le gérant.
A Rs 7,10 les 200 millilitres, le litre d?huile revient à Rs 35,50, soit Rs 4,85 de moins que le sachet d?huile Rani et Rs 9 de moins que le litre de Rani.
Mais quelle est l?origine de cette huile que l?on vend au détail ? Paul Clarenc, directeur général de Moroil, explique qu?il s?agit d?un mélange d?huile de soja, du Brésil et d?Argentine, et d?huile de palme, essentiellement de Malaisie. Donc, le même mélange que l?huile Rani. Un mélange que Paul Clarenc assure, respecte les Food Regulations de 1999, soit «pas plus de 23 % d?acides gras saturés» et «pas plus de 25 % d?huile de palme».
Alors que les boutiquiers ne sont plus très nombreux à s?adonner à ce commerce, Apin soutient vendre davantage d?huile au détail que de l?huile en bouteille et en sachet. Et avec l?augmentation de l?huile comestible cette semaine, on assistera peut-être à un regain d?intérêt pour l?huile au détail?
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