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Quand c?est votre santé qui trinque

21 décembre 2007, 00:00

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Les fEtes de fin d?année se prêtent volontiers aux barbecues, aux soirées en famille et avec les amis et aux dîners prolongés jusqu?aux petites heures du matin. Gagné par l?ambiance, un verre entraînant un autre, on arrête bien vite de les compter. Et on tombe rapidement dans l?excès.

Le lendemain matin, réveil difficile : maux de tête, bouche pâteuse, nausées persistantes. Ce sont là, les symptômes de la gueule de bois. L?excès d?alcool est nocif pour la santé. Mais sait-on vraiment comment ce produit peut entraîner, à long terme, des difficultés médicales ?

Aussitôt absorbé, l?alcool passe immédiatement dans le sang, affectant les principaux organes vitaux tels le cerveau, le c?ur, l?estomac et le foie. Véritable station d?épuration du corps, le foie se charge d?éliminer la plus grande quantité de l?alcool absorbé. Le reste est éliminé par l?expiration via le poumon, les reins et la peau. «Mais le foie a une capacité limitée d?élimination. Cela est variable selon les personnes, leur sexe, le poids et l?âge», indique le Dr Isshack Jowahir.

«Fatty infiltration»

Ainsi, lorsque l?organisme a absorbé trop d?alcool, le foie est incapable de répondre à l?appel. «Quand on consomme régulièrement de l?alcool en excès, il y a ce qu?on appelle une fatty infiltration du foie. C?est-à-dire de la matière grasse commence à se déposer entre les fissures de l?organe provoquant un durcissement et un gonflement», poursuit le médecin. Consommé régulièrement, et en excès, l?alcool devient alors un poison lent, responsable d?un nombre non-négligeable de décès par cirrhose du foie.

Une des fonctions du foie est de produire quotidiennement l?énergie nécessaire à l?organisme sous la forme de glucose. Paradoxalement, la consommation d?alcool, qui comporte un taux élevé de sucre, provoque une baisse du taux de glucose dans le sang. Ce qui explique que beaucoup de consommateurs souffrent d?hypoglycémie, leur état nécessitant la prise de glucose.

Sur le cerveau, l?alcool agit immédiatement au niveau des centres de contrôle supérieurs. «On perçoit l?alcool comme un stimulant alors qu?il s?agit, au contraire, d?un dépresseur. De plus, il faut souligner qu?il affaiblit aussi tous les réflexes», ajoute le médecin. Dans un premier temps, certes, l?alcool procure une sensation d?euphorie. Consommé en excès, il provoque anxiété, dépression, insomnie. Et peut, parfois, conduire au suicide. Le système neuromusculaire peut également être touché, provoquant tremblements, perte de mémoire, et rétrécissement du champ visuel?

L?estomac et l?appareil digestif ne sont pas épargnés. Les cancers liés à l?alcool surviennent principalement chez les hommes à partir de 35 ans. Ceux qui souffrent de la gastrite peuvent voir leur état s?aggraver avec des perforations au niveau de l?estomac et des ulcères nécessitant des traitements coûteux et pénibles.

Quant au système cardio-vasculaire, s?il est souvent présumé que l?alcool, à très faibles doses, semble avoir un effet protecteur sur le système cardio-vasculaire, ses effets négatifs prennent bien vite le pas lors d?abus et de chronicité. Et entraînent alors la myocardiopathie alcoolique et l?hypertension artérielle.

L?alcoolisme est la cause de bon nombre de drames sociaux. Au volant, il est responsable de nombreux accidents causant mort d?hommes et blessés graves. La campagne de sensibilisation enclenchée cette semaine, tentera de faire baisser le nombre d?accidents causés par l?alcool au volant. Une tendance qui est à la hausse. Vous ne regarderez plus une bouteille d?alcool avec les mêmes yeux?

UNE ETOILE AU BOUT DU TUNNEL

Les femmes alcooliques peuvent se tourner vers le centre Etoile d?Espérance à Moka. Il prodigue une thérapie longue de trois mois aux femmes déjà désintoxiquées médicalement à l?hôpital psychiatrique Brown Sequard. «Nous pouvons accueillir à la fois 15 femmes en résidentiel. Actuellement, elles sont au nombre de huit, mais nous avons une vingtaine qui suit la thérapie de réinsertion», explique la responsable thérapeutique du centre, Pamela Melisse. La prise en charge s?articule d?abord sur l?image que renvoie la personne alcoolique qui, souvent, se néglige physiquement. Séances de coiffure, massage, soins esthétiques s?accompagnent d?un suivi psychologique et de thérapie de groupe. «Nous leur donnons des armes pour qu?elles puissent affronter une vie d?abstinence à leur sortie. Seulement, ce combat, elles ne peuvent le remporter qu?avec l?aide et l?amour de la famille.»

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