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Pénurie : du fer deux fois plus cher au marché noir
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Pénurie : du fer deux fois plus cher au marché noir
Elle se résume à un mot, la situation dans le secteur de la construction : le chaos. Si les barres de fer se font rares depuis plusieurs mois ? une pénurie accentuée par la fermeture de l?usine Desbro International ? ce matériau est pourtant vendu au marché noir dans presque toutes les régions du pays. Et il coûte jusqu?à 80 % plus cher qu?il y a quelques mois. Autre conséquence de cette pénurie : de nombreuses quincailleries préfèrent ne plus vendre de? ciment, l?argument étant que de toute manière, les deux vont de pair !
Entre-temps, sur les chantiers, les choses ne se présentent guère mieux : nombreux sont ceux qui, ayant pu acheter des barres de fer, ont été victimes de vol à la tombée de la nuit. Plusieurs gangs se livreraient ainsi à un petit trafic, revendant les matériaux volés pour quelques milliers de roupies. C?est le constat que nous avons fait lors d?une enquête menée sur le terrain depuis quelques jours.
Toute cette situation serait liée à la fermeture de Desbro. Les autres opérateurs sur le marché n?arrivent pas à satisfaire la demande du marché.
Toute cette situation serait liée à la fermeture de Desbro, le plus gros producteur de fers de construction. Résultat : les opérateurs sur le marché tels que Samlo & Co., Lam Po Tang, Joonas & Co., n?arrivent pas à satisfaire la demande du marché.
Un des opérateurs a même exigé un dépôt d?argent considérable, un mois à l?avance, de la part des quincailleries pour livrer les fers commandés. Ce que de nombreux commerçants ont refusé, de peur que la compagnie en question ne subisse le même sort que Desbro.
Les conséquences n?ont pas tardé à se faire sentir sur le marché de la construction : les prix du fer flambent. A titre d?exemple, le fer de 12 mm est passé de Rs 325 la barre au marché noir alors qu?il était à Rs 190 il y a quelques mois. Les fers de 10 mm sont disponibles au marché noir à Rs 225 la barre au lieu de Rs 110 il y a quelques mois. Les fers de 8 mm sont vendus à Rs 150. Ce sont ces derniers qui sont les plus vendus à travers le pays.
Chandan Jhagru, de la quincaillerie Jaguar à Beau-Bassin, note que ses activités ont diminué de plus de 60 % en raison de la pénurie de fers de construction. Cela, dit-il, s?est répercuté sur la vente du ciment. ?Mo pe coumans sanz stil biznes parski mo pe perdi tro kas. Kamion al rod feray kot ban prodikter ek retourn vid tou le zour.? Vikash Bhunjun, directeur de la quincaillerie Royal, à Triolet, confiait à l?express hier que son chiffre d?affaires a chuté d?au moins 70 % ces trois derniers mois. ?Pa pe gagn feray ek ciman pa pe capav vande. Tou le de mars ensam.?
Les maçons sont aussi à plaindre : ils ne travaillent plus que quelques jours par mois, une situation qui dure depuis décembre 2006. Reynald, maçon de 47 ans habitant Ste.-Croix, dirige une équipe de dix maçons. Il ne sait du reste pas comment boucler ses fins de mois et payer ses maçons. Dimitri Chaton qui dirige la compagnie Batisol, spécialisée dans la construction à grande échelle, relate sa mésaventure : ?On a perdu un contrat dans un projet IRS parce que l?on ne pouvait pas fournir des fers de construction. Le client n?a pas voulu attendre encore et encore??
Il dit ainsi avoir recours à des solutions alternatives pour éviter que son business ne périclite. Pour certains travaux d?envergure, dont les renforcements de la base au sol, son entreprise n?utilise pas les fers de construction mais une autre structure synthétique aussi solide et 20 % moins chère.
Autres ?victimes? de la pénurie : les petits constructeurs particuliers. Nombreux sont ceux qui ont été contraints de contracter de nouveaux emprunts en raison de la cherté des matériaux, mais aussi du retard pris sur leur chantier.
En attendant, dans le secteur, l?on affirme que la situation devrait retourner à la normale d?ici la fin de cette année. Pour ce qui est de la société Murray & Roberts, qui a racheté Desbro, elle n?a toujours pas donné d?indication quant au début de la production de fers à Maurice.
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