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Environnement

Un cap fixé, des étapes à franchir

4 juin 2026, 15:00

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Un cap fixé, des étapes à franchir

À quelques jours de la présentation du Budget 2026-2027, l’heure est au bilan pour le ministère de l’Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique. Lors de son premier exercice budgétaire en juin 2025, le gouvernement avait affiché de grandes ambitions pour la protection de l’environnement, la lutte contre la pollution et la transition vers une économie circulaire.

Doté d’une enveloppe de Rs 3,3 milliards, le ministère devait piloter plusieurs projets structurants : stratégie nationale Waste-to-Wealth, système de consigne pour les bouteilles plastiques, lutte contre l’érosion côtière, renforcement de la législation contre la pollution sonore, nouvelles politiques climatiques et développement de l’économie circulaire. Douze mois plus tard, le bilan apparaît contrasté. Certains chantiers ont connu des avancées significatives tandis que d’autres demeurent au stade réglementaire ou consultatif.

Protection du littoral : Nombreuses réalisations

Parmi les engagements budgétaires les plus visibles figure la protection des côtes face à l’érosion et aux effets du changement climatique. Une enveloppe de Rs 164 millions avait été annoncée pour restaurer les habitats naturels et lutter contre l’érosion côtière et la pollution marine. Sur ce volet, les réalisations sont nombreuses. Les travaux de protection côtière à Grand-Baie sur 110 mètres ont été achevés en mai 2026. À Grand-Sable et Bois-des-Amourettes, les travaux se poursuivent sur 200 mètres et 450 mètres avec un achèvement prévu cette année. Un appel d’offres a été lancé pour Trou-aux-Biches tandis que les projets de Souillac, Vieux-Grand-Port et Rivière-des-Créoles sont à différents stades de préparation ou d’études techniques.

Le cas de Tamarin demeure emblématique. Face à une érosion préoccupante, des travaux d’urgence ont été entrepris avec le renforcement de 155 mètres de côte, l’installation de géo­ textiles, la déviation du cours d’eau et un suivi topographique permanent. Les premiers relevés démontrent déjà une accumulation progressive de sable dans certains secteurs, signe encourageant pour la stabilisation du site.

Le ministère a réussi à mobiliser des financements internationaux – 300 000 euros de l’Agence française de développement (AFD) et 2 millions d’euros de l’Union européenne (UE). Une stratégie nationale de gestion intégrée du littoral doit entrer en phase opérationnelle en septembre 2026.

«Waste-to-Wealth» : vision initiée, résultats toujours attendus

Présentée comme mesure phare du Budget 2025-2026, la stratégie Waste-to-Wealth ambitionne de transformer les déchets en ressources économiques à travers le waste-to-energy, le compostage, le recyclage des métaux et la valorisation artistique des déchets.

Le ministère a effectivement lancé le programme et défini ses grandes orientations. La réforme repose sur quatre piliers: modernisation de la gestion des déchets, développement des capacités de transformation, promotion des investissements et changement culturel autour du traitement des déchets. Cependant, à ce stade, peu de projets industriels majeurs ont été annoncés. Aucun investissement d’envergure ou d’infrastructure structurante n’a encore été officiellement dévoilé dans le cadre de cette stratégie. Si la vision existe bel et bien, sa concrétisation demeure encore limitée.

Économie circulaire : Vaste chantier institutionnel

L’économie circulaire a constitué probablement le chantier le plus ambitieux du ministère durant cette première année. Six plateformes nationales regroupant les principaux acteurs économiques ont été mises sur pied dans l’agroalimentaire, la construction, les produits de consommation, la mobilité, la gestion des déchets et des activités transversales. Une vingtaine de réunions de travail ont été organisées. Le soutien international est également au rendez-vous. L’UE a accordé un financement de 3,5 millions d’euros afin d’accompagner Maurice dans sa transition vers une économie plus durable.

Parallèlement, un projet de loi sur l’économie circulaire est en préparation. Plusieurs outils de suivi, indicateurs de performance et documents d’orientation stratégique sont en cours d’élaboration. Autre avancée notable : Maurice figure parmi les deux pays sélectionnés, avec la Colombie, pour participer à un programme international de 3 millions de dollars visant à réduire les émissions de méthane liées au gaspillage alimentaire.

Pollution plastique : Résultats mesurables

La lutte contre la pollution plastique constitue l’un des domaines où les résultats sont les plus visibles avec une feuille de route destinée à faire de Maurice un pays exempt de pollution plastique. Cette stratégie repose sur 11 objectifs, 60 actions concrètes et 27 consultations nationales. Entre juillet 2025 et avril 2026, les autorités ont mené 391 inspections à l’importation et 19 opérations de contrôle sur le terrain. Ces interventions ont permis la saisie de 256 598 sacs plastiques interdits et 17 000 autres produits plastiques non conformes. Dans le même temps, le marché a enregistré une forte progression d’alternatives écologiques avec près de 80 millions de produits biodégradables mis en circulation pour remplacer les plastiques interdits.

Changement climatique : Stratégie affinée

Le pays a soumis sa nouvelle contribution déterminée au niveau national (NDC 3.0) aux Nations unies en septembre 2025. L’objectif affiché est ambitieux : réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035.

Le ministère a bénéficié d’un financement d’un million d’euros de l’AFD pour une étude approfondie des risques côtiers, qui fournit des projections à horizon 2050 et 2100. Plusieurs projets pilotes fondés sur des solutions naturelles ont également été élaborés à Ruisseau du Pouce, Signal Mountain, Champ-de-Mars et Grand-Sable afin de renforcer la résilience des territoires face aux effets du changement climatique.

Pollution marine : Leçons tirées du «MV Wakashio»

Le renforcement des capacités de réponse aux catastrophes maritimes constitue une autre priorité du ministère. Le National Oil Spill Contingency Plan a été entièrement révisé et approuvé par le gouvernement en mars 2026. Parallèlement, 88 fonctionnaires et 60 représentants de la société civile ont bénéficié de formations spécialisées. Les équipements d’intervention ont également été renforcés avec l’acquisition de six skimmers, de systèmes de pompage et de plus de 5 kilomètres de barrages absorbants destinés à lutter contre les marées noires.

Pollution sonore : Réforme en attente

Le gouvernement avait promis un durcissement de la législation contre la pollution sonore. À ce jour, la réforme n’est pas encore finalisée. Un cabinet de consultants a été recruté et une étude nationale sur le bruit a été réalisée. Les nouvelles normes devraient être publiées au cours de l’année. Le dossier demeure donc à l’étape préparatoire.

Toujours pas de «Deposit Refund Scheme»

L’une des mesures les plus attendues du Budget 2025-2026 concernait l’introduction d’un système de consigne pour les bouteilles plastiques. Or, près d’un an après son annonce, le dispositif n’est toujours pas opérationnel. Les règlements nécessaires à son application sont encore en préparation. Cette mesure constitue probablement le principal retard enregistré parmi les engagements budgétaires du ministère.

Contrôles environnementaux renforcés

Le ministère met également en avant le renforcement de ses activités de contrôle. Entre juillet 2025 et avril 2026, 454 plaintes environnementales ont été traitées, dont 140 résolues directement et 228 transmises aux autorités compétentes. Le portail de gestion des plaintes a enregistré 4 691 dossiers, avec un taux de résolution avoisinant les 90 %. La police de l’Environnement a traité 5 146 plaintes et mené 656 opérations de contrôle. Les autorités ont relevé 808 cas de littering, 548 infractions liées au tabagisme dans les lieux publics, 89 cas de nuisance sonore et 45 cas de décharges illégales.

Des avancées et des chantiers en cours

À la veille de l’an II de l’exercice budgétaire, le ministère de l’Environnement peut revendiquer des avancées substantielles dans la protection côtière, la lutte contre la pollution plastique, la préparation climatique et le renforcement des capacités de réponse aux risques environnementaux. Les financements internationaux obtenus témoignent également d’une certaine crédibilité des projets engagés.

En revanche, plusieurs annonces phares du Budget 2025-2026 restent inachevées. Le défi du ministère sera désormais de transformer ces nombreux plans, consultations et stratégies en réalisations concrètes capables de produire des résultats mesurables sur le terrain.

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