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«Budget Breakfast» de Rogers Capital

S’adapter pour une économie plus productive et compétitive

30 juin 2026, 20:30

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S’adapter pour une économie plus productive et compétitive

© Screenshot Rogers Capital

Chefs d’entreprise, entrepreneurs, décideurs politiques et professionnels de la finance se sont réunis le 22 juin au Vivea Business Park pour un Budget Breakfast organisé par Rogers Capital. L’objectif : décrypter les principales mesures gouvernementales, en comprendre la portée et en mesurer les implications pour les entreprises et les investisseurs.

Pour les intervenants, ce Budget dépasse le simple exercice fiscal et s’impose comme une déclaration des priorités nationales, voire une feuille de route pour les années à venir. À l’ouverture, le Managing Director Fiduciary de Rogers Capital, Antish Bissessur, a rappelé que «la compétitivité n’est pas quelque chose que l’on atteint une fois pour toutes». Elle doit, selon lui, «être constamment méritée à travers l’innovation, la productivité et la capacité d’adaptation». Le Budget 2026-2027 «reconnaît précisément cela», a-t-il ajouté, en misant sur la transformation digitale, l’intelligence artificielle, le développement des compétences et une croissance tirée par l’investissement.

Les défis, a-t-il poursuivi, «sont bien connus»: croissance mondiale inégale, tensions géopolitiques et bouleversements technologiques accélérés. Les entreprises doivent composer avec la hausse des coûts, la pénurie de talents et une pression accrue. Maurice a néanmoins toujours su se réinventer, le succès du pays reposant non pas sur «la taille de son marché, mais sur la qualité de ses institutions et la résilience de son peuple». La vraie question, a-til insisté, est de voir comment elles feront évoluer le pays vers une économie plus productive et compétitive.

Représentant du gouvernement, Vimal Thakoor, Chief Economist et Head of Economic Planning Department, a expliqué que le Budget repose sur deux piliers : la poursuite des politiques engagées l’an dernier et la construction des bases d’un modèle tourné vers l’avenir, destiné à stimuler la croissance et l’investissement privé. Il a rappelé que la consolidation budgétaire avait été amorcée l’année dernière, sur fond d’inquiétudes liées à la dette publique et à sa soutenabilité.

Le texte s’inscrit dans cette continuité, avec pour objectif de réduire le déficit et de placer la dette sur une trajectoire descendante. Au-delà de cet assainissement, il a insisté sur la nécessité de relancer la croissance, à travers une approche combinant le soutien aux secteurs traditionnels (canne à sucre et pêche) et une meilleure intégration du tourisme. Il a également plaidé pour une transformation du modèle productif afin d’attirer davantage de capitaux privés et d’investissements directs étrangers.

«Une base solide»*

Pour Ali Mansoor, économiste et ancien secrétaire financier du gouvernement, le Budget mérite d’être salué pour son approche des réformes structurelles. «Il fait partie des rares budgets récents qui s’attaquent aux problèmes difficiles plutôt que de se concentrer sur le court terme», a-t-il estimé. Il répond, selon lui, aux préoccupations exprimées par les Mauriciens via Afrobarometer et par les experts locaux et internationaux : coût de la vie, drogue, consolidation budgétaire et réformes institutionnelles.

Il a toutefois nuancé : les projections de croissance, entre 3,5 % et 4 %, ne suffiront pas à transformer durablement les conditions de vie. Une croissance d’environ 6 % serait nécessaire à cet effet, comme dans les pays émergents ayant réussi leur transition vers le revenu élevé. Le Budget constitue ainsi «une base solide pour la prochaine phase de réformes», estime-t-il.

L’économiste a appelé à passer de la stabilisation à une stratégie de forte croissance, appuyée par une politique d’exportation ambitieuse, indispensable pour une petite économie.

Les transformations des chaînes d’approvisionnement offrent, selon lui, l’occasion de positionner Maurice comme un centre d’affaires régional, pont entre l’Afrique et des partenaires tels que l’Union européenne, le Canada, l’Australie, le Japon et la Corée. Il a également jugé limitées les réponses aux problèmes sociaux, plaidant pour un service national obligatoire jusqu’à 25 ans. Sur le plan fiscal, il a critiqué une stratégie reposant trop sur la taxation : «Si nous voulons une stratégie fondée sur la croissance, nous ne pouvons pas avoir des impôts élevés.» La suite, conclut-il, dépendra désormais de Vision 2050 pour transformer la stabilisation en croissance forte et durable.

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