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Budget 2026-2027

Le compte à rebours est lancé pour Navin Ramgoolam

4 juin 2026, 12:00

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Le compte à rebours est lancé pour Navin Ramgoolam

■ Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a demandé mardi dernier, l’ajournement des travaux parlementaires au vendredi 19 juin à 17 heures pour la lecture du discours du Budget 2026-2027.

La date du Budget Day est désormais connue. En ajournant les travaux parlementaires de mardi au 19 juin prochain à 17 heures, le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, s’accorde encore 16 jours pour peaufiner son deuxième Grand oral budgétaire. D’ici là, le junior minister aux Finances, Dhaneshwar Damry, aura entamé une série de consultations avec les différents ministres du gouvernement, en attendant les arbitrages finaux du chef du gouvernement prévus dans la semaine du 15 juin.

La journée d’hier a débuté par des rencontres, entre autres, avec le ministre de l’Intégration sociale, de la sécurité sociale et de la solidarité nationale, Ashok Subron, et celui de l’Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l’économie bleue et de la pêche, Arvin Boolell. D’autres réunions sont programmées dans les prochains jours.

Cet exercice constitue une étape classique de la préparation budgétaire. Il permet aux ministres sectoriels de faire valoir leurs besoins de financement, tant pour les dépenses courantes de leurs ministères que pour les projets en cours ou à venir. Il offre également l’occasion au junior minister Damry de partager avec eux les propositions recueillies auprès des différents acteurs économiques et partenaires sociaux dans le cadre des consultations pré-budgétaires, afin d’en évaluer la faisabilité financière pour le prochain exercice fiscal.

Depuis l’annonce de la date du discours du Budget, l’effervescence est palpable au ministère des Finances. Les différentes équipes mobilisées pour le Budget 2026- 2027 travaillent à un rythme soutenu. Selon nos informations, la rédaction du discours budgétaire serait déjà achevée à près de 50%. «Nous disposons encore de deux semaines pour finaliser le document et entrer dans la phase ultime de préparation», confie une source proche du dossier.

Compte tenu du calendrier parlementaire serré, les députés ne disposeront que d’une dizaine de jours pour débattre des mesures budgétaires, examiner les crédits alloués aux différents ministères et adopter le Budget. Dans ce contexte, un consensus pourrait émerger entre la Chief Whip et les parlementaires de la majorité afin de limiter le nombre d’interventions durant les débats budgétaires, d’autant que le Finance Bill leur offrira une autre occasion de prendre la parole sur les réformes législatives associées.

À ce stade, les mesures phares du prochain exercice restent inconnues. Toutefois, le Premier ministre a déjà donné le ton. Lors de ses récentes interventions à l’Assemblée nationale, il a clairement indiqué qu’il ne fallait pas s’attendre à des mesures populistes.

Clignotants au rouge

Au fil des dernières séances parlementaires, Navin Ramgoolam s’est employé à dresser un tableau préoccupant de la situation économique du pays: une dette publique avoisinant les 90 % du PIB, une croissance économique inférieure à 3 % et une inflation susceptible d’atteindre 6 % si les tensions énergétiques mondiales perdurent. À cela s’ajoute, selon lui, un héritage économique difficile légué par le précédent gouvernement, dont les répercussions continuent de peser sur les finances publiques et le pouvoir d’achat des ménages.

Il va sans dire que les grandes orientations du Budget devraient s’articuler autour de plusieurs priorités : la recherche de nouveaux moteurs de croissance, l’innovation, la transition technologique, notamment à travers l’intelligence artificielle, ainsi que la poursuite des efforts de consolidation budgétaire. Le gouvernement entend également maintenir son soutien aux ménages les plus vulnérables au moyen d’aides ciblées plutôt que de mesures généralisées.

En revanche, plusieurs observateurs estiment qu’un réexamen des mesures fiscales introduites l’an dernier sur les véhicules électriques et hybrides n’est pas à exclure. La flambée récente des prix du pétrole, qui ont franchi la barre des 100 dollars américains le baril par moments, pourrait en effet conduire les autorités à revoir certains paramètres de taxation.

Le ministère des Finances suivrait également avec attention les préoccupations exprimées par les opérateurs du secteur automobile. Récemment, le président de la Dealers in Imported Vehicles Association (DIVA), Zaid Ameer, a fait état d’une chute de près de 50 % des ventes chez les concessionnaires. Selon lui, cette contraction du marché aurait entraîné un manque à gagner estimé à environ Rs2milliards pour l’État en recettes douanières.

Autant d’éléments qui pourraient influencer les arbitrages d’un Budget attendu comme un exercice d’équilibre délicat entre relance économique, discipline budgétaire et préservation du pouvoir d’achat.

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