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Purement British

28 mai 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Il y a une confusion autour des retombées possibles de la décision rendue mercredi dernier par la Cour d?appel de Londres. Le jugement prononcé par celle-ci en faveur du droit au retour des Chagossiens dans leur pays natal a été accueilli par des politiciens comme une victoire pour Maurice. En vérité, cette décision n?a aucune incidence sur la revendication de notre souveraineté sur les Chagos.

Au-delà des considérations humanitaires qui nous permettent de saluer un jugement qui ouvre l?accès à l?archipel à ses habitants évincés de force, il faut admettre que la décision de la Cour de Londres ne concerne pas notre pays. Elle a été rendue par une cour britannique après qu?un citoyen de Sa Majesté, Olivier Bancoult, a saisi la justice de son pays.

Un juge britannique a statué que le gouvernement britannique a violé une loi britannique. C?est une affaire purement anglo-anglaise. Elle règle un problème soulevé par des ?soi-disant Anglo-Chagossiens?, terme utilisé avec pertinence par l?avocat Hervé Lassémillante. En aucune manière, le jugement du 23 mai ne saurait servir la cause défendue par Maurice.

Quelle est-elle précisément la demande mauricienne ? Notre pays estime que la décision prise par le gouvernement britannique, en 1965, de détacher l?archipel des Chagos du territoire mauricien va à l?encontre du droit international. Les Nations unies interdisent le démembrement d?un pays avant son indépendance. Maurice accuse la Grande-Bretagne d?avoir violé le droit international de la décolonisation et revendique la rétrocession de l?archipel.

Un décret royal avait institué en 1965 le British Indian Ocean Territory (BIOT), une entité regroupant des îles excisées de Maurice et des Seychelles. Le BIOT comprenait initialement trois îles seychelloises, Aldabra, Desroches et Farquhar ainsi qu?une dépendance mauricienne, les Chagos. Les Seychellois ont négocié et obtenu le retour de leurs îles au moment de leur accession à l?Indépendance en 1976. En revanche, nous avons cédé les Chagos aux Anglais pour la somme de 3 millions de livres sterling peu avant l?indépendance. Depuis 1980, Maurice revendique l'archipel des Chagos mais, tant sur le plan politique que juridique, la lutte piétine.

Il est d?autant plus absurde de qualifier de ?victoire? l?épisode judiciaire qui vient de se dérouler à Londres que les conditions concrètes du retour des Chagossiens dans leur île natale ne sont pas assurées. La justice a beau reconnaître le droit des Ilois au retour mais si le gouvernement qu?ils reconnaissent comme le leur ne facilite pas ce retour, le jugement de mercredi dernier n?aura qu?un intérêt académique.

Commentant le jugement, le Premier ministre Navin Ramgoolam a déclaré, jeudi, que ?c?est une victoire pour les Chagossiens, mais aussi pour Maurice dans notre combat pour retrouver la souveraineté sur ce territoire?. Le leader du Mouvement militant mauricien qualifie le jugement de ?véritablement historique?. Les deux ont du mal à contenir leur enthousiasme. Pourtant, plus de 40 ans après l?Indépendance, la décolonisation n?est pas achevée.

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