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PTr-PMXD : Le temps des soupçons

9 avril 2006, 00:00

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Une certaine effervescence a régné dans les rangs de la majorité à l?Assemblée nationale mardi dernier : la nouvelle s?était propagée plus tôt que Xavier-Luc Duval serait absent et qu?il avait déjà signifié son intention de prendre des dispositions pour claquer la porte de l?Alliance sociale.

Ce n?était pas une rumeur. Le PMXD avait envoyé tôt le matin un communiqué à toute la presse écrite et parlée pour condamner l?entrée du PMSD de Maurice Allet au sein de l?Alliance sociale et pour préciser que, dans un tel cas de figure, Xavier-Luc Duval mettait en cause sa participation au gouvernement et réunissait ses instances samedi pour une décision ultime.

Cette réaction fait suite à une déclaration du Premier ministre, selon laquelle le PMSD avait pris la décision d?intégrer l?Alliance sociale, mû par un élan patriotique, qu?il n?avait rien exigé en retour, donc n?avait rien reçu.

Une deuxième béquille créole

Le PMSD a ainsi réussi à ce moment un double tour de force : semer la pagaille au sein de l?opposition aussi bien qu?au sein de la majorité gouvernementale. Manifestement, Navin Ramgoolam n?avait pas prévu cet effet boomerang en ouvrant les bras de l?Alliance sociale au tandem Allet-Guimbeau.

Involontairement, Navin Ramgoo-lam, en voulant faire la nique à une opposition en butte à des soubresauts internes avec l?affaire Ashock Jugnauth, avait allumé une bombe à retardement qui était susceptible de lui péter à la figure. À ce titre, beaucoup d?observateurs se demandaient si le jeu en valait la chandelle. Fallait-il impérativement avoir recours au PMSD ?

En la circonstance, Navin Ramgoo-lam savait que l?opposition était agitée et que son leader, en l?occurrence Paul Bérenger, s?y maintenait grâce à une fragile majorité assurée accessoirement par le PMSD ; d?autant que celui-ci avait fait savoir quelques jours auparavant au leader du MSM que, tant qu?il siégerait sur les bancs de l?opposition, il soutiendrait le MMM.

L?occasion est trop belle. Navin Ramgoolam se laisse tenter. En excisant le PMSD, de l?opposition, il met en minorité Paul Bérenger et le contraint à la démission tout en amplifiant la crise entre les deux partenaires. Joli coup a priori. Mais n?étant manifestement pas joueur d?échecs, Navin Ramgoolam n?avait pas anticipé la réaction épidermique de Xavier-Luc Duval.

Celui-ci, légitimement, est monté sur ses grands chevaux pour dénoncer ce débauchage d?autant qu?il avait été agréé entre Navin Ramgoolam et lui que toute intégration du PMSD au sein de l?Alliance sociale passerait impérativement par la réunification des deux factions bleues. Cette exigence avait même eu l?aval public du Premier ministre. Or, en précipitant les événements, sans consulter Xavier-Luc Duval, Navin Ramgoolam giflait son partenaire au passage, et doublement, en donnant le sentiment que dorénavant le PMXD n?avait qu?à bien se tenir parce qu?il avait trouvé une deuxième béquille créole. En solde en plus !

Sous le coup du choc, Xavier-Luc Duval fait savoir qu?on ne le verrait pas à l?Assemblée nationale mardi. Navin Ramgoolam, après avoir pris connaissance du communiqué, ne tarde pas à réagir. Il enclenche l?opération « leve pake alle » contre son vice-Premier ministre si celui-ci ne se présente pas dans l?hémicycle.

Pressions sur XLD

Quand les autres membres du PMXD prennent acte des dégâts, ils sont consternés. Ils estiment que Xavier-Luc Duval a agi avec précipitation. Leurs réactions ne sont pas exemptes d?intérêts. Richard Duval freine des quatre fers, se rebiffe et ne se voit pas animer l?opposition.

Ghislaine Henry voit ses rêves d?ambassadrice en Allemagne voler en éclats. Les réactions sont aussi vives du côté de Mahmad Khodabocus (qui avait déserté Maurice Allet pour Xavier-Luc) de la MHC, et de Richard Desvaux de la MTPA, entre autres. Bref, Xavier-Luc Duval subit une véritable résistance.

Et quand Navin Ramgoolam lui fait comprendre qu?il ne cédera pas et que la révocation sera la seule réponse, c?est Rashid Beebeejaun qui joue les intermédiaires pour calmer les esprits.

Du coup, assailli de tous les côtés, Xavier-Luc se précipite à l?Assemblée, mais en retard d?une bonne quinzaine de minutes. Un retard abondamment commenté. Mais en même temps une réédition.

Il échoit au fidèle Cader Hossenally de faire le ménage derrière. Et tenter de sauver les meubles et l?honneur. Celui-ci tente de minimiser la casse en prétendant que c?est une absence de communication entre Navin et Xavier qui est responsable de ce « cafouillage », qu?après une conversation « franche » le matin, à l?Assemblée, tout est rentré dans l?ordre et que dès mercredi une réunion est prévue pour informer les membres qu?il n?y a plus de problème. Pendant tout ce temps et ce, jusqu?en fin de semaine, Xavier-Luc Duval se mure dans un silence profond.

Ses proches disent qu?il est assez dégoûté d?avoir été traité cavalièrement par Navin Ramgoolam d?autant que depuis juillet dernier aucun nuage n?est venu assombrir les relations entre les deux hommes. S?il n?est pas en instance de départ, il y songe, disent encore ses proches. Et il l?aurait déjà fait s?il n?avait pas les ambitions de sa garde rapprochée à satisfaire.

La guerre fratricide entre les deux factions bleues ne date pas d?hier.

À l?issue d?un procès, le symbole « Coq » va à Maurice Allet et Xavier-Luc devant se contenter de celui du « Cheval » que son père en d?autres temps avait choisi. Xavier-Luc Duval se prévaut d?un lien de sang pour être le seul héritier de la basse-cour et Maurice Allet celui des instances judiciaires pour le cocorico.

Xavier-Luc Duval estime que Maurice Allet ne représente rien sur l?échiquier politique et que seul son nom est un symbole de ralliement. Il refuse de comprendre comment Navin Ramgoolam, uniquement pour semer la zizanie au sein de l?opposition, a pu mettre en branle cette « opération-transfuges » qui va désormais le gêner aux entournures.

Au Parti travailliste, Navin Ramgoolam ne veut pas donner l?impression d?avoir humilié son partenaire. Tout est fait en ce moment pour rassurer Xavier-Luc Duval. L?entourage de Navin Ramgoolam fait valoir que tôt ou tard Maurice Allet sera contraint de céder sur toute la ligne surtout après avoir bradé son parti : c?est-à-dire réunir les deux factions sous un même chef sous le sigle PMSD avec le symbole « Coq » sous le leadership de Xavier-Luc Duval.

À bien voir, Maurice Allet n?a pas le choix. D?autant qu?il s?est mis en situation d?échec et mat.C?est fou ce que Navin Ramgoolam peut être convaincant surtout quand il a des prébendes à distribuer.

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