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PTr : le calme après la tempête
Navin Ramgoolam a convié, à 13 heures hier, le staff du Prime Minister?s Office (PMO) à Clarisse House. Il a ensuite remis son chapeau de politicien pour recevoir les membres de l?exécutif et du bureau politique de son parti. Ils étaient à peu près 200. Une occasion festive, vu la proximité des célébrations en cette fin d?année. Mais c?était aussi le moment de tâter un peu le pouls des ces diehard rouges qui ont tellement occupé le terrain durant les années dans l?opposition et ont eu tellement d?attentes quand leur parti est arrivé au pouvoir qu?ils sont forcément un peu déçus, un an et demi après?
Et c?est précisément le fond du problème. Car problème il y a. Alors que le gouvernement est occupé à gouverner, les activistes sont, eux, à l?écoute de leur électorat. Et alors que gouverner veut dire perdre un peu de sa popularité, impopularité est le mot honni des activistes. Et quand le PM dit publiquement que ?la popularité ne m?intéresse pas car c?est le pays avant tout?, d?aucuns voient rouge.
Selon certaines sources dans l?exécutif du PTr, le plus grand problème du gouvernement s?appelle Rama Sithanen. Si d?autres affirment que ce problème n?en est plus un parce que l?électorat ne semble plus obsédé à mettre toutes les difficultés sur le compte d?un budget impopulaire, il n?en demeure pas moins que le ministre des Finances est perçu comme l?outsider. ?Li pa enn rouz li?, dit un membre du parti. Ces contestataires pensaient à un moment que leur leader se rangerait de leur côté quand ils ont fait entendre leurs mécontentements. Mais Navin Ramgoolam a bien fait comprendre publiquement ? et en des termes sévères ? qu?il ne reculerait pas.
Il y un peu plus d?un mois, lors d?une réunion de l?exécutif, le PM a mis les points sur les i. ?Il a expliqué en détail l?impératif d?un tel budget et nous a chargés de l?expliquer à l?électorat?, confie Raju Mohit, membre de l?exécutif rouge. Le message, ajoute ce dernier, est bien passé. Il assure aussi que les contestataires sont rentrés dans les rangs.
?Des signaux contradictoires?
Cet avis n?est cependant pas partagé par tous les membres. ?Navin Ramgoolam donne des signaux contradictoires. Il dit qu?il faut soutenir Sithanen mais il félicite aussi le MSM pour ses critiques. Or, nous savons que les critiques du MSM sont surtout contre le ministre des Finances?, dit un rouge. Et cette confusion délibérée (?) qu?entretient le PM sert à donner espoir aux contestataires.
Ainsi, nous assure un membre du parti, de surcroît député, le nombre de contestataires va en diminuant. ?Nos gens ont commencé à comprendre. Il est vrai qu?il y avait des problèmes après la présentation du budget mais tel n?est plus le cas.? Il reconnaît cependant que ?quand on est au pouvoir, les activistes croient que tout est possible. Ils ne comprennent pas que nous ne pouvons accéder à toutes leurs demandes souvent déraisonnables parce que nous nous devons d?être responsables. Et quand nous disons non, ils ne sont forcément pas contents.?
Cette insatisfaction a beaucoup à voir avec les nominations qui ne viennent pas ou qui tardent à venir. De même que les nominations concernant d?autres personnes. ?Quand on a travaillé autant pour gagner les élections, on attend forcément quelque chose en retour. Et cela crée beaucoup de frustration?, lâche un de ces ?frustrés?.
Et mettre la pression sur Ramgoolam ne marche pas à tous les coups. ?Parfois il est réceptif et parfois pas?, dit-on au Square Guy Rozemont. L?énigme qu?est Navin Ramgoolam et la difficulté que ses propres partisans ont à le lire rendent la tâche doublement difficile. ?On ne sait jamais trop sur quel pied danser?, ajoute le membre du parti.
Mais devant le PM, les activistes taisent leurs récriminations et se tiennent bien. ?C?est la période de fêtes après tout !? dit un rouge, laconiquement. Et on ne veut surtout pas gâcher l?humeur du leader?
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