Publicité
Préscolaire : enfin la réforme
Unanime. Ainsi peut-on qualifier l?accueil réservé à la réforme du système de l?éducation dans le préscolaire. Les grandes lignes en ont été présentées mardi par le ministère Steven Obeegadoo. Trois ans après le début du chantier dans le primaire, le train de la réforme s?arrête à la gare du préscolaire, à la grande joie des puériculteurs.
« Cette réforme vient couronner une très longue attente ! », s?exclame Sylvette Paris-Davy, directrice de Bethléem Jardin Enfants. « C?est une indication que l?État prend enfin les 3 à 5 ans en considération. »
« Pour la première fois, dans ce secteur, nous avons un document écrit, un guide des programmes d?études standardisés, qui jette les grandes lignes directrices des stratégies de développement pour ces petits élèves », explique Rita Venkatasawmy, directrice du Centre d?éducation et de développement pour les enfants mauriciens (Cedem).
De son côté, Brinda Kooblol, présidente de la Pre-Primary School Employees Union, affiche sa satisfaction sur tous les points mentionnés dans le guide. Ainsi, l?alignement des conditions de travail pour tous les employés du secteur préscolaire est pour elle l?aboutissement d?une longue lutte. « Avec la formation tous azimuts que préconise la réforme, nous ne serons plus des ti-miss, mais des enseignantes à part entière. »
La réforme s?articule autour de cinq grands axes. D?abord, assurer à tous les enfants de trois à cinq ans l?accès à une éducation préscolaire convenable, ensuite améliorer la formation des éducateurs et introduire un guide de programmes d?études standardisés. Elle veut, de plus, offrir un cadre régulateur à travers l?institution d?une Preschool Authority pour assurer le développement intégral de l?enfant. Enfin, elle souhaite promouvoir un partenariat fructueux entre les divers acteurs de l?éducation préscolaire.
« La politique du gouvernement n?est pas de contrôler toutes les écoles préscolaires de l?île, mais de s?assurer que tous les enfants ont, indistinctement, accès à une école préscolaire convenable. » C?est ce qu?a assuré le ministre Obeegadoo lors de la présentation du document à l?hôtel Labourdonnais.
Des besoins spéciaux
La construction d?unités préscolaires annexées aux écoles gouvernementales ne s?effectuera qu?en fonction de la demande et la subvention de Rs 200 payable à chaque enfant de quatre ans inscrit dans une école privée sera maintenue.
En outre, tout enfant souffrant d?un handicap léger aura libre accès aux écoles du Preschool Trust Fund et les écoles privées seront encouragées à accueillir les enfants ayant des besoins spéciaux. Rita Venkatasawmy trouve « assez timide » cette politique envers les enfants handicapés. « Il faut une politique claire visant à l?intégration des enfants handicapés dans les écoles normales, comme le veut la tendance mondiale. » Brinda Koobloll n?y voit aucun inconvénient « du moment qu?on nous donne la formation nécessaire pour nous occuper des enfants».
Concernant la formation, tous les enseignants du préscolaire en auront reçu une d?ici fin 2007, assure le ministre. Et les administrateurs bénéficieront de cours en gestion de l?éducation d?ici l?année prochaine. Ces cours seront dispensés par le Mauritius Institute of Education.
« C?est très bien. Mais la réforme ne mentionne pas la formation des formateurs », souligne Somoo Valayden le directeur de l?Organisation mondiale pour l?éducation préscolaire (Omep) à Maurice. La directrice du Cedem s?élève, elle aussi, contre « toute formation cosmétique ». Le représentant de l?Omep estime insuffisant l?accent mis sur les activités physiques.
Alors que le document encourage « l?utilisation du langage de l?environnement immédiat de l?enfant », les points de vue divergent sur la langue à utiliser. Pushpa Lallah, de la Federation of Preschool Play-groups, regrette que l?utilisation du créole et du bhojpuri ne soit pas recommandée. « Cé ene génocide langage contre sa bane zenfants-là. » Rita Venkatasawmy, elle, « trouve dommage qu?on n?ait pas davantage insisté sur la langue anglaise car ces enfants souffrent d?une déficience langagière en anglais à leur rentrée au primaire. »
Concernant la transformation de du Preschool Trust Fund en une Preschool Authority, si Brinda Koobloll n?y voit qu?un changement d?appellation, Somoo Valayden exprime des réserves. « Que cette Authority ne devienne pas une deuxième PSSA ! » Tous sont unanimes à reconnaître l?importance d?un dialogue dans le préscolaire. « Partager nos expériences est la seule voie qui nous permettra d?avancer », affirme Sylvette Paris-Davy. Somoo Valayden est catégorique : « Si l?enfant ne réussit pas dans la vie, c?est la faute aux parents ou à l?école. D?où l?importance d?un dialogue. »
Publicité
Publicité
Les plus récents