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Promouvoir la valeur travail
On ne peut plus faire l?économie d?un débat sur les notions de la discipline, de la ponctualité et de l?effort au travail. Tous, de l?usager des services publics au patron d?usine, sont victimes de la situation mais s?en accommodent. En particulier, les politiciens sont gênés pour parler du problème. Entre-temps, il prend de l?ampleur et s?étend à des secteurs très variés.
Il y a des actions sporadiques de la part des autorités pour contrôler le fléau. Elles restent limitées dans leur portée mais méritent néanmoins d?être saluées. Le ministre Satish Faugoo, par exemple, entreprend des visites périodiques d'inspection dans les centres de santé pour surveiller la régularité au travail du personnel. Hier, il s?est rendu compte, une fois de plus, du non-respect des horaires de travail dans ces lieux. A l'issue d?une visite-surprise à la médiclinique de Belvédère, il a fait un constat accablant. Une centaine de patients attendaient les médecins. Ceux-ci étaient en retard à leur poste bien qu?ils habitent à proximité du dispensaire. ?Révolté? par cette attitude, le ministre a immédiatement demandé la résiliation du contrat des médecins concernés, en l?occurrence des expatriés indiens.
Satish Faugoo a eu doublement raison. D?abord de s?être déplacé pour faire un constat personnel plutôt que de se fier à un rapport commandé auprès de ses services. Ensuite, d?avoir réagi promptement face au manquement relevé. Cependant, sa façon d?opérer révèle une certaine duplicité. Il y a un mois, il s?est rendu à l?hôpital Jeetoo et a fait un constat tout aussi désolant. Les médecins de cet établissement n?observaient pas, non plus, les horaires de travail. Mais dans ce cas, les retardataires n?étaient pas des expatriés et le ministre s?est contenté d?une gentille réprimande pour les rappeler à l?ordre.
Dès lors, on peut se demander s?il n?y a pas des raisons profondes derrière le blocage des autorités face à l?indiscipline sur les lieux de travail. Les politiques se sont-ils résignés à accepter comme une fatalité la nonchalance du travailleur pour ne pas se mettre à dos les syndicats et les mouvements spécialisés dans les ?pa tous nou? ??
Ce serait tout à fait dans l?ordre des choses si le ministre de l?Industrie, Rajesh Jeetah, décidait d?exhorter l?ouvrier mauricien à plus d'assiduité et de responsabilité afin d?aider le secteur du textile à surmonter ses difficultés actuelles. Mais ce n?est pas la priorité du ministre. Il est trop occupé à démontrer que l?interventionnisme de l?Etat peut faire baisser les prix. Du reste, il risque de passer cinq années entières sans réussir sa démonstration.
D?autres facteurs ont contribué à aggraver la situation. Non seulement la série de mesures sociales annoncées durant les premiers cent jours créent l?illusion d?un paradis artificiel mais certains actes du gouvernement ont donné les mauvais signaux. Lors du brainstorming sur la fonction publique en août dernier, le sujet qui a semblé préoccuper le Premier ministre le plus concerne la mesure punitive prise par le gouvernement précédent contre les fonctionnaires retardataires. ?It will stop? a alors promis Navin Ramgoolam en invoquant le fait que les fonctionnaires ?n?ont pas de motards pour les escorter à Port-Louis? et que les embouteillages ne sont pas leur faute. On ne sait pas s?il a tenu compte de ce facteur dans l?affaire Sarah Persand.
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