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Prière pour un 1er mai
Prions en ce 1er mai pour notre pays. Prions pour que toute son énergie et ses compétences soient mobilisées au plus vite pour relever les graves défis socio-économiques auxquels il doit faire face. Faisons tout pour éviter que ne commence aujourd?hui un spectacle triste et révoltant fait de tout ce qui est détestable et dangereux, quand la politique se trouve réduite à une guerre de places et de « bout ».
Veillons à ce que la campagne électorale ne prenne pas des allures d?une méchante guérilla interne. Que nos politiques fassent mentir ceux qui doutent de leurs convictions et qui trouvent que seuls les avantages et privilèges associés au pouvoir les motivent. S?il est difficile de savoir qui seront les gagnants des prochaines législatives, veillons à ce que le pays ne soit pas le grand perdant de ces élections.
D?abord, en refusant la médiocrité, pour oeuvrer dans le sens d?un vrai débat d?idées. Ensuite, en évitant d?infliger des blessures profondes à l?unité nationale. Il faut tout faire pour réduire au minimum le temps qu?il faudra pour recoller les morceaux et faire repartir le pays. La campagne électorale s?annonce très dure. Ne la réduisons pas à un chapelet d?insultes et de menaces. Persistons à croire que les politiques verront la nécessité de trouver le temps et l?énergie pour un véritable débat d?idées autour de leurs programmes respectifs.
Prions pour que les leaders politiques des deux bords ne se contentent pas d?une « guerre » sans merci où les faucons des deux camps seront tentés de se surpasser en insultes, vulgarités, attaques personnelles, promesses démagogiques, coups bas, intimidations de toutes sortes, « bribes » à peine déguisés, abus en tous genres, et basses man?uvres ethno-politiques.
Prions pour que les protagonistes évitent de donner dans une facilité simpliste dangereuse couplée d?un « bouc-émissarisme » irresponsable en faisant croire aux électeurs qu?il existe des solutions simples aux problèmes complexes du pays. Souhaitons qu?ils se gardent tous de dire que, si ces problèmes existent, c?est uniquement dû soit à la paresse soit à l?incompétence des adversaires du jour.
Que les politiciens cessent de confondre ? inconsciemment ou intentionnellement - les problèmes découlant du cycle politico-électoral et ceux relevant du cycle de développement ! Qu?ils arrêtent de conforter la population dans certaines croyances et attitudes, une certaine mentalité et certains comportements : confort paresseux, idéologie du miracle, nombrilisme. Gageons qu?un réel sens de leadership les pousse à comprendre que ce sont justement de ces choses-là qu?il faut demander à la population de se défaire si on veut retrouver le chemin du développement réel et durable.
Prions très fort, au vu des lignes de force qui se précisent, de certaines initiatives qui se confirment et de certains discours qui se multiplient, pour que l?unité nationale, notre bien le plus précieux, souffre le moins possible. Que la campagne électorale ne vienne pas alimenter une dynamique sectaire mortifère qui travaille notre société depuis maintenant plus de dix ans. Prions que l?électorat ne devienne pas complice des chefs de tribus qui vont distiller des discours sectaires et alimenter ainsi les risques réels de déchirure sociale.
Les prochaines législatives s?annoncent serrées. On peut raisonnablement « rule out » une victoire écrasante. Il serait plus probable que la victoire se situe dans une fourchette 35-25 dans les deux sens. C?est le camp, qui aura la meilleure liste de candidats et qui commettra le moins d?erreurs d?ici les élections, qui l?emportera. Est-ce qu?au lendemain du scrutin, quand les urnes auront désigné le prochain gouvernement, le pays sera plus avancé ? Sûrement pas. Quels que soient les gagnants, les législatives ne viendront pas à bout des dynamiques sociétales qui rendent le pays de plus en plus ingouvernable.
Vivement qu?après les élections se développe un mouvement de réconciliation-reconstruction nationale pour permettre une véritable sortie de crise. Autour d?un réel programme de développement économique et de modernisation sociale et institutionnelle étalé sur dix ans. S?il y a une bataille qui mérite et doit être livrée, c?est celle-là.
Le devoir de responsabilité historique de nos dirigeants politiques doit leur faire réaliser que le pays ne pourra indéfiniment se payer le luxe d?être la victime d?un jeu politique pervers et paralysant, la principale source de blocage de notre société. Gageons qu?ils sauront être de vrais et authentiques patriotes ayant à c?ur l?intérêt supérieur du pays et des générations à venir. Prions pour notre pays.
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