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Prix gros pois

8 septembre 2007, 00:00

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Prix gros pois

<B>Par Nazim ESOOF</B>

Dans la petite île Maurice aux grandes ambitions et aux sempiternels ambitieux projets, le «dholl-puri» commence à devenir un luxe. Du moins celui qu?on sert avec des gros pois. C?est l?histoire d?un gourmand de «dholl-puri» qui quotidiennement prend deux à trois paires de son casse-croûte préféré chez un marchand de la capitale. Un marchand renommé et très fréquenté par tous ceux qui ont fait rituelle la consommation de «dholl-puri» et de «roti».

Depuis quelque temps, comme partout ailleurs, le prix de la paire de «dholl-puri» avait connu une hausse. Notre jeune homme s?était fait une raison. C?était toujours plus abordable une paire de «dholl-puri» à Rs 8 que des sandwichs commerciaux à Rs 30 ou Rs 40. Cependant, ces derniers jours, il a constaté que son marchand proposait deux prix. L?un à Rs 8 et l?autre à Rs 10. Il a voulu connaître la raison. A Rs 10, le «dholl-puri» est servi avec des gros pois et à Rs 8 sans. En fait, pour deux roupies supplémentaires, un acheteur pouvait avoir une paire de «dholl-puri» avec deux graines de gros pois !

On en est arrivé là ! Il ne sert plus de clamer urbi et orbi à quel point la vie est devenue chère à Maurice. Elle est bien pénible pour bon nombre de Mauriciens. Pour d?autres qui vivent dans cette île Maurice d?en haut, la seule rationalité économique doit primer. Il ne s?agit pas de contester ce choix. Mais seulement d?inviter tous ceux qui en sont capables de proposer des alternatives, de développer de nouvelles formes de solidarité, d?encourager un autre sens de responsabilité sociale. Bref avec un peu d?imagination, les choses peuvent évoluer différemment.

Il reste qu?aujourd?hui, le gouvernement doit prendre la mesure du sacrifice qu?il a exigé de la population. Il doit réaliser que les fiches d?impôt à remplir font très mal. S?il gouverne pour le mieux-être du pays, il ne peut le faire au détriment de tous ceux qui sont dans le besoin ultime. Les politiques sociales ont leurs limites. L?état providence pourrait ne plus avoir sa raison d?être. Mais la roupie est méchante actuellement et elle fait souffrir. D?une souffrance qui ne laisse même pas la force de se révolter. Enfin, s?il demeure encore un sens à ce substantif !

Les bizarreries idéologiques ne mènent nulle part. Les haut-le- c?ur émotionnels non plus. Ayons donc recours à la raison. Personne ne nous doit rien. Il faut conjuguer droits et responsabilités. Il faut voir ce qu?on peut faire pour la société et non l?inverse. Les refrains sont connus. Mais si les gros pois agissent en frein à l?alimentation individuelle?

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