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Prisons mal gérées

26 mai 2008, 00:00

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Prisons mal gérées

Notre système pénitentiaire va mal. Cela, nous le savions depuis longtemps. Mais, depuis les incidents sanglants survenus à La Bastille, quartier de haute sécurité, nous constatons que c?est l?horreur qui s?installe désormais dans nos prisons. L?Etat devrait vite revoir sa politique de gestion des lieux d?enfermement s?il veut éviter que des conflits encore plus graves éclatent.

Ces violents heurts qui ont opposé des gangs rivaux à la prison La Bastille, la semaine dernière, étaient parfaitement prévisibles. Dans notre édition de lundi dernier nous signalions déjà le danger d?une prochaine explosion de violence dans ce lieu sordide. Si les autorités avaient tenu compte de l?analyse que nous faisions alors, le drame de jeudi aurait pu avoir été évité.

Dans un article signé Deepa Bhookhun, et publié lundi, soit trois jours avant le tabassage d?un clan de prisonniers par un autre, l?alerte était donnée : «Fermée en octobre de l?année dernière, la prison La Bastille a rouvert ses portes vendredi... Mais les travaux de rénovation qui étaient en cours n?ont pas été complétés. Cette hâte de rouvrir La Bastille est attribuée au commissaire des prisons, Lingamanaicker Vijayanarayanan? Une décision contestée au sein de la prison? Déjà, des inquiétudes ont été exprimées : les deux groupes de détenus à La Bastille ne s?entendent pas?»

Dans le même article, nous citions ces propos prémonitoires d?un gardien affecté à la prison de Ph?nix : «Nous craignons qu?ils ne s?affrontent tôt ou tard. Et, avec les travaux pas encore complétés ? il n?y a pas de fourniture d?eau adéquate et il y a des équipements et matériaux de construction qui jonchent le sol un peu partout, notre tâche est plus difficile.»

Une prédiction qui s?est avérée beaucoup plus tôt que prévu. Car, dès jeudi, La Bastille allait être le théâtre d?un spectacle d?horreur. Cinq détenus devaient rouer de coups trois autres avec des armes de fortune telles que des gourdins, une barre de fer et un poignard improvisé. Le bilan de l?affrontement est lourd : trois blessés graves dont le détenu Beeky qui est toujours entre la vie et la mort.

Le gouvernement a promptement demandé à la police d?ouvrir une enquête sur toute l?affaire. Mais l?investigation prend une tournure inquiétante parce qu?il y a des indications que les autorités de la prison pourraient être en train de dissimuler les preuves que des travaux d?envergure étaient toujours en cours au moment de la réouverture de la Bastille. S?il est établi qu?il y a effectivement une tentative de fausser l?enquête, alors l?histoire prend une dimension autrement plus grave. On espère que la police fera diligence.

Cette affaire devrait surtout nous aider à prendre conscience des nombreux problèmes qui existent dans les établissements pénitentiaires. Surpopulation, personnel en nombre insuffisant, mauvais traitements à l?égard des détenus, etc. Personne ne souhaite une réédition de l?évasion spectaculaire survenue en 1999 à La Bastille.

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