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Prison : L?expertise étrangère sollicitée

4 novembre 2003, 20:00

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Des experts étrangers viendront conseiller le gouvernement mauricien dans la réorganisation du service pénitentiaire. Le Premier ministre en a fait état hier après-midi dans sa réponse à Madun Dulloo qui, à l?ajournement des travaux, plaidait pour un remaniement total du système carcéral.

La prison, a admis le Premier ministre, est un ?dossier chaud? et c?est sa priorité dès son installation en septembre dernier. Paul Bérenger affirme que la situation n?est pas aussi catastrophique que le prétend Madun Dulloo.

Selon le Premier ministre, la situation s?est beaucoup améliorée dans le milieu carcéral au bout d?un mois car de nouvelles mesures ont été prises. Il affirme que tout est retourné à la normale et que, grâce à un contrôle très serré, le trafic de drogue à l?intérieur des prisons est chose du passé : ?We have to be tough on certain things.?

Paul Bérenger a fait les éloges de l?Assistant Commissioner of Police, Dass Joganah, qui agit comme ?supervisor? à la prison centrale depuis quelques mois. Le Premier ministre a promis d?autres changements qui devraient, dans quelques mois, doter le pays d?un service pénitentiaire dont chacun pourrait être fier.

Par rapport à l?expertise étrangère sollicitée par le gouvernement, le Premier minisre a annoncé l?arrivée prochaine d?un ancien ?top officer? anglais et d?un ?top indian officer? qui sont tous deux à la retraite. Le gouvernement a aussi fait appel à un Mauricien qui s?y connaît dans le fonctionnement du ?board of visitors? des prisons.

D?autre part, le Premier ministre a rencontré, jeudi, quelque deux cents officiers de la prison, tous grades confondus. Il leur a parlé des changements souhaités dans le fonctionnement du service pénitentiaire et leur a annoncé l?arrivée des experts étrangers. La rencontre s?est déroulée au siège de la VIPSU à Vacoas.

Renforcement du personnel

Paul Bérenger a rassuré les officiers que le gouvernement leur fait confiance mais il a aussi évoqué la nécessité d?un renforcement du personnel pour améliorer le service. Il a dit vouloir ?un travail exemplaire? de la part des gardes-chiourme.

Le Premier ministre a aussi mis en lumière l?importance de la solidarité. Il leur a promis que le gouvernement mettra à leur disposition tous les moyens nécessaires pour leur permettre de faire correctement leur travail.

A l?Assemblée nationale, hier, Paul Bérenger a parlé de ?rencontre positive? avec les officiers de la prison. ?C?est la première fois qu?un Premier ministre est allé leur parler.? Tout en reconnaissant que les gardes-chiourme font un travail difficile, le Premier ministre a rappelé que le gouvernement ne tolérera aucun abus de leur part : ?No cover up in any case.?

Plus tôt, le député Madun Dulloo a cité une série de problèmes dans les prisons. Il a évoqué, entre autres, la surpopulation, le manque de sécurité pour les prisonniers et pour le personnel, le manque de gardes-chiourme, le sort des prisonniers atteints du Sida, les ?activités illégales?. De l?avis de l?avocat parlementaire, le mode de punition infligé par les tribunaux serait à l?origine de bon nombre de ces problèmes. Il estime qu?on ne devrait avoir recours à la servitude pénale qu?en dernier lieu. ?We should review the whole sentencing problem.?


Dépistage

Paul Bérenger explique le nombre accru de prisonniers séropositifs

  • Au 30 octobre 2003, 102 des 1763 prisonniers ayant subi un test de dépistage ont été trouvés séropositifs. Treize d?entre eux ont été relâchés alors que les autres sont toujours en détention. Ces chiffres ont été fournis par le Premier ministre, Paul Bérenger, au Parlement, hier. Il répondait au député travailliste Rashid Beebeejaun. La question de Rashid Beebeejaun portait sur les tests effectués sur les prisonniers de juillet à octobre 2003. Il a demandé au Premier ministre de faire une déclaration sur la hausse des cas de détenus séropositifs pendant la même période. Paul Bérenger a expliqué que depuis le 2 septembre, le ?Rapid Blood Testing System? a été introduit. Cette méthode ne requiert qu?une goutte de sang. Elle est plus rapide que la méthode traditionnelle qui ne détectait qu?environ quatre cas par mois. Elle, par contre, en a détecté 57 au mois de septembre. Le nouveau système a été étendu aux détenus drogués. Auparavant, ces derniers ne pouvaient subir le test, leurs veines étant endommagées à cause de l?injection fréquente de drogue. Répondant au leader de l?opposition et à Madun Dulloo, Paul Bérenger a annoncé la mise en application d?un plan d?action ciblant les prisonniers qui contractent le virus par l?utilisation d?aiguilles infectées. Il a reconnu que la situation s?était détériorée dans les prisons, mais a affirmé que des mesures sont prises pour contrôler l?introduction de la drogue et permettre la réhabilitation des détenus toxicomanes. ?Je ne suis pas satisfait à 100%, mais nous serons fiers du rapport sur les prisons dans quelques mois?, a-t-il ajouté. Le nombre de séroposifits détectés en prison est comme suit : 33 en 1999, 57 en 2000, 69 en 2001, 102 en 2002 et 159 en 2003.

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