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<B>Par Nico PANOU</B>
Les pays du Sud en général et ceux de l?Afrique en particulier se retrouvent, une fois de plus, face à la question de la provenance des ressources financières. Cet élément est revenu sur le tapis à la clôture du sommet d?affaires «Africa-Americas-Asia 2008» qui s?est tenu à Maurice les 17 et 18 mars 2008.
L?éternel problème de financement des projets de développement demeure la pierre d?achoppement majeure des délégations des pays en développement et des pays les moins avancés, malgré la bonne volonté qui les anime pour renforcer la coopération Sud-Sud.
Différents conférenciers se sont succédé pour inciter à créer un environnement propice aux affaires, facteur primordial aux investissements sans lesquels il n?y a ni production, ni échanges.
Dès lors, les préoccupations des participants se résument aux dispositions à prendre pour attirer dans leurs pays respectifs, les investissements directs étrangers, y compris ceux en provenance des pays du Nord.
Plusieurs pays, dans le but d?attirer ces flux de capitaux, choisiront de mettre en ?uvre une politique fiscale incitative qui consisterait, soit à diminuer les taxes, soit à octroyer des subventions, soit à appliquer de faibles taux d?intérêt sur les prêts, ou encore par la levée de certaines restrictions, entre autres. Tous ces efforts visant à ouvrir l?économie d?un pays aux investisseurs étrangers sont légitimes.
Cependant il y a un pas à ne pas franchir. Celui d?accepter de sacrifier les intérêts et le bien-être de la main-d??uvre pour faire plaisir aux potentiels investisseurs étrangers. Devons-nous accepter toutes leurs conditions, toutes leurs exigences, même si elles bafouent la dignité humaine ? La réponse est certainement non.
Bon nombre d?investisseurs peu scrupuleux ont déjà, par le passé, profité du laxisme des dirigeants africains. Des employés ont été spoliés de leurs droits les plus élémentaires, par la négligence des autorités de leur pays ou parce que leurs dirigeants ont choisi l?option du développement économique au détriment du social. On l?a vu ici avec le cas de dizaines d?employés forcés au chômage sans qu?aucun plan de pension ne leur soit offert. Que ces erreurs du passé nous servent désormais de leçons.
Certes, l?on dira à juste titre que, sans investissements, aucun développement n?est possible. Mais rappelons-nous toujours qu?aucun développement n?est possible, s?il ne place pas l?être humain au centre des performances.
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