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Prier pour commencer l?année en beauté
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Prier pour commencer l?année en beauté
Nombreuses étaient les familles mauriciennes à se rendre sur leur lieu de culte, hier. Bien que ce premier jour de l?An soit une fête païenne, il a néanmoins pris le pas sur le jour de Noël. Une démarche tout à fait naturelle d?une population mystique et religieuse. À l?image d?Annick Meemeeah, 40 ans, qui ne déroge pas à la sacro-sainte tradition.
?C?est primordial pour moi. Chaque 1er janvier, j?assiste à la messe de 9 heures à la chapelle Sainte-Famille, à Henrietta, et comme d?habitude, j?ai demandé à Dieu de bénir la nouvelle année. Je m?apprête maintenant à aller me recueillir sur la tombe de ma mère car il ne faut pas oublier ceux qui ne sont plus là et avec lesquels on aurait tellement aimé passer ce premier jour.?
À la pagode Kwan Tee, on profite de ce début d?année pour rendre hommage aux ancêtres. Mais l?on se doit surtout de révérer et de remercier Dieu pour sa bienveillance. Et ce en offrant symboliquement des fruits, du porc, du poulet, du whisky, du vin et du thé chinois. Poisson ou calamar sont aussi des offrandes nécessaires car ?enn zafer la mer ve dir nu pu viv kouma enn pwason dan lo?, dixit Wilson Chan, gérant de la pagode.
<B>Brûler le papier et l?encens</B>
Levée aux aurores malgré le réveillon, Priscilla Chung Fong Voon, 18 ans, ne faillit pas à la tradition. ?C?est une coutume. Depuis que je suis toute petite, je viens ici. Les parents se chargent de nous réveiller. Je fais cela pour respecter la mémoire des anciens. Ils sont toujours là dans notre c?ur et dans notre tête.? On évolue parmi des volutes de fumée des bâtons d?encens, cette nourriture des ancêtres se répand dans l?air. Brûler le papier et l?encens relève d?un geste symbolique très important pour chaque famille.
À la rue St-Denis, au Vishnukchetre Mandir, les prières ont débuté dès 5 h 30. Le 1er janvier ayant coïncidé avec le Shiv abhishek, qui se célèbre une fois par mois, les fidèles avaient deux raisons de se rendre au temple hier matin. Le mandir a accueilli le flot des familles pendant toute la journée. Les dames, parées de saris et de churidars colorés et les hommes en sherwani étaient nombreux à dédier un peu de temps au recueillement. Meermal Sham, sa femme Sangeeta et leur petit garçon Jatin, quant à eux, se rendent au temple chaque année. ?Le 1er, on vient célébrer le nouvel an avec des prières ? ce qui nous aide énormément. On débute l?année en étant proche de Dieu et on vient lui demander de nous accorder sa bénédiction. On prie pour du succès au travail et pour l?éducation des enfants?, explique Meermal Sham. Ensuite, la famille se rend à un ashram à Dubreuil. Elle ne consommera que du sucré pendant toute la journée.
À l?entrée du Sockalingum Meenatchi Kovil (Kylasson) à Sainte-Croix, une marmite de khir attendait les fidèles après la prière de 9 heures. Eux aussi se sont contentés d?aliments sucrés pendant toute la journée. Easwari Chinasamy, accompagnée de son père et son petit frère, était transcendée par la plénitude des lieux. Chaque année, cette famille consacre un instant privilégié à la prière, même si le 1er janvier n?est pas le premier jour du calendrier tamoul. ?J?ai pu dormir un peu. Ce matin on a fait une première prière à la maison et puis on est venu au temple?, explique Easwari, 14 ans. Quant à Vilasha Nagapen, 21 ans, elle garde le jeûne tout au long de la journée après s?être rendue au kovil.
Ce début d?année est aussi l?occasion de se réunir en famille ou entre amis. Après les prières, le traditionnel déjeuner du 1er janvier s?impose. Certains en profitent aussi pour s?offrir des étrennes (de l?argent ou de petits cadeaux). Pour peu que Bonhomme Janvier ne soit pas déjà à sec. Les échanges de v?ux per-durent. On se souhaite une bonne année et une bonne santé, oubliant les vilaines rancoeurs.
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