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Pressions pour convertir des SSS en collèges exclusivement «Prevoc»

18 juin 2008, 00:00

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Le collège d?Etat de La Gaulette tournera bientôt une nouvelle page : l?établissement deviendra un lycée polytechnique. D?autres collèges lui emboîteront-ils le pas ? Car des pressions sont maintenant exercées sur le ministère de l?Education pour convertir d?autres établissements. Le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, lui, résiste.

Au départ, certains souhaitaient que La Gaulette SSS devienne un établissement dédié aux élèves de la filière pré-professionnelle (prevocational). Le ministère en a fait un lycée polytechnique à la place. Il a donc accédé partiellement à la demande. L?on souhaite maintenant que trois autres établissements d?Etat changent de vocation et soient transformés en écoles pour des recalés du Certificate of Primary Education (CPE). En ligne de mire, Abdool Razack Mohamed SSS, Marcel Cabon SSS et Régis Chaperon SSS.

«Nous souhaitons qu?elles deviennent des écoles spécialisées pour accueillir les étudiants de la filière pré-professionnelle. Nous sommes satisfaits que le ministère ait considéré notre demande en ce qui concerne La Gaulette . Nous allons maintenir la pression, notamment à travers des lettres au gouvernement. Nous allons d?ailleurs lui envoyer une nouvelle correspondance», dit Narendranath Gopee, président de la Government Secondary School Teachers? Union.

Dans d?autres lieux, la pression s?exerce dans l?autre sens. Ainsi, la députée du Mouvement militant mauricien, Françoise Labelle, a déploré cette première conversion. C?était mercredi dernier à l?Assemblée nationale.

Interrogé sur le sujet hier, Dharam Gokhool, indique pour sa part qu?«il n?y aura pas d?autres conversions pour l?instant ».

Envisage-t-il de prôner la séparation entre les élèves du mainstream et ceux des filières pré-professionnelles, comme certains le demandent ? «Ce n?est pas la politique du gouvernement actuellement. Pour le moment, on maintient la mixité. Cependant, nous rencontrons les partenaires du secteur dans le cadre des consultations sur la réforme de l?éducation professionnelle et technique On verra ce que cela va donner.»

Depuis la création du prevocational stream en 2001, le dossier a fait l?objet d?opinions divergentes. L?objectif du ministre de l?Education d?alors, Steven Obeegadoo, était de réintégrer les enfants qui avaient échoué à deux reprises aux examens du CPE.

Et la meilleure intégration possible, aux yeux du gouvernement d?alors, était de permettre à ces enfants d?aller dans les mêmes écoles que les autres. D?où la présence de filières s dans chaque collège d?Etat et privé du pays. Entre-temps, le gouvernement a fait enlever cette filière de douze «collèges nationaux».

Dès le départ, de fortes pressions, venant surtout des établissements d?Etat, ont été exercées pour séparer les deux «catégories» d?étudiants.«Là où il y a des prevoc, il y a des problèmes d?indiscipline. C?est difficile pour les enseignants de travailler avec eux. Ces enfants ne sont pas portés sur l?académique et il leur faut des écoles spécialisées et équipées, avec des enseignants formés, pour leur offrir la formation dont ils ont le plus besoin. C?est aussi dommage que le ministre ait totalement délaissé le prévoc.Nous pensons que séparer les deux filières serait une meilleure chose pour tout le monde», dit Narendranath Gopee.

Même la Private Secondary Schools Authority a recommandé, dans un document soumis au gouvernement mi-2005, que les élèves des pré-professionnelles soient regroupés dans des établissements séparés.

Mais la mixité a aussi ses supporters.«Non au cloisonnement de ces enfants dans des bâtiments séparés sous prétexte qu?ils n?ont pas réussi leur CPE. L?éducation est une question d?intégration. C?est important pour leur estime de soi qu?ils évoluent dans une école normale et qu?ils ne soient pas traités comme des enfants inférieurs », note Rajen Chumroo, porte-parole de la Fédération des managers des collèges privés.

Sur la question de la discipline, ce dernier estime que «c?est surtout une question de leadership au niveau de l?établissement scolaire». Reste que ces étudiants sont trop souvent stigmatisés au sein de leur école. Surtout dans celles où la direction et les enseignants estiment que la place de ces enfants n?est pas là.

Le sest pour le maintien du statu quo mais propose une révision du programme d?études de la filière pré-professionnelle de manière à ce qu?ils soient mieux adaptés aux besoins des étudiants.

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