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Première défaite de Ramboccus au bout de 160 minutes de suspense
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Première défaite de Ramboccus au bout de 160 minutes de suspense
Une élection à couper le souffle. Qui a eu le mérite de tenir en haleine ceux présents hier à la MFA Football House à Trianon. Au bout de deux heures et 40 minutes d’attente pendant lesquelles on n’avait aucune idée de l’issue du scrutin, une surprise de taille. La première défaite électorale de Chintamun Ramboccus, président en exercice du Comité national olympique mauricien.
Avec lui, tout le camp Persunnoo était abattu. La mine défaite, ce dinosaure du football mauricien était peu loquace face à la presse après la proclamation des résultats. “Je souhaite que l’équipe gagnante travaille dans l’intérêt du football”, dit-il tout simplement. Puis il est irrité par l’insistance d’un collègue et lâche ceci : “Tu peux dire ce que tu veux. Oui, c’est le début de la fin d’un règne. Vous avez réussi à me tuer. Tu es content ?” Voilà qui traduit le mood de celui qui siège à la MFA depuis plus de deux décennies.
Rien ne laissait présager une telle défaite à 16 h 55, lorsque les premiers représentants sont arrivés. C’est “l’opposition” qui s’amène en premier, avec les leaders bien en vue. On s’attroupe autour d’Anwar Elahee, Prem Jodha, Anoop Madhow et Koomaren Chetty.
Vinod Persunnoo et son groupe arrivent cinq minutes plus tard. Les deux camps se toisent. Puis le président sortant est venu saluer ses adversaires. Quelques poignées de main et il rejoint ses lieutenants pour un dernier briefing avant l’échéance tant attendue.
Il est 17 h 12 lorsque débute l’Assemblée générale élective. Vinod Persunnoo, dans un style propre à lui, fait un discours kilométrique. Il défend son bilan de ces quatre dernières années. Entre-temps, une équipe de la Commission électorale, avec Irfan Raman à sa tête, arrive avec une urne transparente.
À l’extérieur, journalistes et supporters des deux camps s’impatientent. On jette un oeil de temps en temps à travers la baie vitrée pour voir ce qui se passe à l’intérieur. Le président en est toujours à son allocution, qui prendra fin après une heure et 22 minutes.
Débute alors l’exercice du vote, qui dure le temps d’une… mi-temps en foot, soit 45 minutes. Tous les bulletins sont ensuite validés par la commission.
Lorsque débute le décompte, Vinod Persunnoo n’est pas dans la salle. Certains pensent qu’il a filé à l’anglaise, anticipant la défaite des siens. Il reviendra par la suite avant de s’éclipser à nouveau.
Aux premières indications, les candidats de l’équipe sortante et de l’opposition se tiennent de près. Chacun y va de son petit compte. On arrive à y voir plus clair après une demi-heure. L’opposition est assurée de prendre le pouvoir, ayant fait passer huit candidats sur 10, seuls Vinod Persunnoo et Mustapha Chitbahal sauvant leur peau au sein de l’équipe sortante. Deux autres candidats viendront s’ajouter au camp de l’opposition à la suite d’un tirage au sort.
On fait la grise mine dans le camp de Persunnoo. Les traits sont tirés. La déception est à son comble, alors que de l’autre côté on est content. Les visages s’illuminent. Un air de changement flotte dans la salle.
En bon perdant, Vinod Persunnoo s’adresse à l’assistance qui est réceptive. Il est applaudi. Tout comme Prem Jodha qui lui succède.
20 h 25. Le silence qui règne d’habitude sur ce lieu est interrompu par des pétarades. On se fait des accolades et on se félicite dans la Conference Room. Pendant que l’équipe sortante tient une dernière réunion dans les locaux de la MFA.
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