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PRB 2013 : Grogne chez les petits salariés et inquiétudes dans le secteur privé

9 octobre 2012, 20:00

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PRB 2013 : Grogne chez les petits salariés et inquiétudes dans le secteur privé

Le Pay Research Bureau (PRB) a fait la part belle aux grosses pointures de la fonction publique et déçu les autres catégories de fonctionnaires. Le secteur privé craint, lui, une spirale salariale.

Narendrath Gopee, le président de la Federation of Civil Service and Other Unions a donné le ton de cette insatisfaction des fonctionnaires qui touchent des salaires moyens après la publication du rapport, le mardi 9 octobre. «C`est une déception totale pour la fonction publique. J’ai fait un calcul, l’augmentation réelle accordée par le PRB n’est pas de 22 %, mais de15 %

Le premier effet du PRB 2013, est la disparité qu`elle engendrera entre les gros et les bas salaires. La différence de salaire entre un chauffeur et un haut fonctionnaire se chiffrera en janvier prochain, quand  le rapport sera
appliqué, à Rs 134 000. Cet écart était de Rs 101 400 dans le précédent rapport du PRB, en 2008.

Les salaires des Clerical officers et les Higher Clerical officers, qui sont de Rs 9 600, passeront à Rs 11 250, soit une hausse de 17 %. En comparaison, les Senior Chief Executives verront leur salaire passer de Rs 110 000 à Rs 144 000 en janvier prochain. Les secrétaires permanents reçoivent  aussi une importante augmentation, de l`ordre de  de 30 %, passant de Rs 87 500 à Rs 114 000.

A cela s`ajoutent les allocations, fait ressortir le syndicaliste Toolsyraj Benydin. «Si on accumule les allocations et autres avantages, on pourra dire que les hauts fonctionnaires ont eu une augmentation de 100 % dans certains cas, alors que les petits fonctionnaires doivent attendre 22 ans pour un voyage», regrette-t-il.

LES REACTIONS :

Sutyadeo Moutia, ministre de la Fonction publique : «Les mesures seront rapidement mises en œuvre» «Nous allons mettre sur pied un Implementation Monitoring Commitee pour que les mesures soient rapidement mises en œuvre.  Les augmentations salariales, qui sont à hauteur de 22 % pour les fonctionnaires, coûteront Rs 4,6 milliards au gouvernement, a révélé Sutyadeo Mootia. Ce rapport a pour but d’encourager les employés de la fonction publique à être plus efficaces et nous espérons que ces mesures nous permettra de retenir les talents

 Narendranath Goopee, président de la Federation of Civil Service and Other Unions :  «Une déception totale pour la fonction publique» «J’ai fait un calcul qui montre que l’augmentation réelle accordée par le PRB n’est pas de 22 %, mais plutôt de 15 %. Lorsqu’on retire les 6 % de pension contributive, on se retrouve avec 9 % d’augmentation. Il faut aussi savoir si le PRB a tenu compte de la balance des salaires avec les nouvelles conditions d’emploi, et si les nouveaux salaires ont permis de compenser la perte du pouvoir d’achat. On a pris cinq ans pour produire un rapport qui aurait pu être rendu par un layman. Ce rapport est une déception totale pour la fonction publique»

Rashid Imrith, président de la Confédération des travailleurs du secteur public : «Pas satisfaits de la révision salariale de 10 %» «Le PRB avait deux tâches à exécuter. La première, de réajuster les salaires à la suite de l’augmentation du coût de la vie. Et, la seconde, de proposer une révision des salaires. Une telle révision ne dépasse pas 10 % à première vue. Nous ne sommes pas satisfaits..»

Renganaden Padayachy, analyste économique de la Chambre de Commerce : «Cela peut affecter la compétitivité» « Notre position : il faut une seule politique salariale dans le privé et le public. Sinon, il y a des risques de distorsion sur le marché du travail. 22 % de moyenne, c’est supérieur au taux de croissance cumulé depuis 2009, qui doit tourner autour de 15 %. La question de distorsion est liée à la compétitivité. Quand cet exercice se fait dans le public, il peut y avoir des demandes non soutenables dans le privé. 22 % c’est quand même beaucoup. Espérons que cela n’aura pas d’impact sur l’endettement

Raj Makoond, directeur du Joint Economic Council: «Il faut des réajustements plus réguliers» «Dans le cadre du budget, nous avons dit que l’exercice de réajustement devrait se faire plus régulièrement. Au minimum chaque deux ans. Sur cinq ans, c’est trop distancé, avec des coûts importants pour le budget et un impact sur l’inflation

Jack Bizlall, syndicaliste : «Trop grand écart entre les cadres et ceux au bas de l’échelle»  «Je note que ceux qui touchent jusqu’à Rs 30 000 n’ont pas eu le nécessaire pour rectifier la perte de leur pouvoir d’achat, alors que les cadres et juges par exemple ont eu une augmentation mirobolante. Quand l’écart se creuse entre ces deux groupes, l’inflation augmentera et il y a une perte du pouvoir d’achat de ceux au bas de l’échelle. Je fais un appel aux parlementaires pour corriger cette erreur fondamentale

Bagooaduth Kallooa, président de la Nursing Association : «Nous sommes déçus» «Le directeur du PRB n’a rien compris à notre démarche. Nous avons demandé une révision salariale. Le salaire de base est passé de Rs 12 000 à Rs 14 000. Cette hausse n’attirera pas les jeunes dans ce métier. Elle ne reflète pas non plus la quantité de travail que nous abattons alors que chaque année, le ministère nous demande d’en faire plus. Les augmentations sur les allocations sont aussi humiliantes. Elles varient entre Rs 5 à Rs 10. En revanche, je suis satisfait des mesures prises pour retenir les infirmiers. Sinon il y aurait eu un exode.»

Haniff Peerun, président du Mauritius labour Congress : «Des recommandations de 2008 toujours pas appliquées» «De nombreuses décisions prises dans le dernier rapport du PRB de 2008 n’ont pas été mises en pratique. Et maintenant, on se retrouve avec un nouveau rapport. Il est important que le gouvernement mette sur pied un comité pour s’assurer que les recommandations du PRB soient appliquées. Nous lui demandons aussi de payer en une seule tranche.»

Suttyhudeo Tengur,  Président de la GHTU : «Banqueroute d’idées» «Ce rapport ne répond pas aux aspirations des enseignants du primaire quant à une rationalisation de leurs salaires par rapport aux salaires de leurs confrères du secondaire.  Nous avions proposé l’alignement des salaires compte tenu de certains critères spécifiques tels que qualifications et responsabilités pour que le PRB procède à un tel exercice. Or, il semble que le PRB n’a pas voulu innover et cela représente une banqueroute d’idées au niveau de cette institution.»

Ashok Subron, porte-parole de la General Workers Federation : «Baisse de salaire pour les petits fonctionnaires» «Seuls les cadres de la fonction publique ont eu la part belle. Les fonctionnaires se trouvant au bas de l’échelle se retrouvent, eux, avec une réduction de salaire, lorsqu’on prend en compte un taux d’inflation qui a connu une hausse de 22,3 % entre 2008 et 2012. Un fonctionnaire qui touchait Rs 12 600 en 2008 a finalement perdu Rs 59,80 en valeur réelle. Même chose pour un employé qui touchait Rs 31 250 en 2008. Avec cette augmentation de 22 % du PRB, il est en train de perdre Rs 188,75

 

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