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Pratique désuète

21 juillet 2005, 20:00

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Beaucoup pensaient que des réformes de gouvernance allaient marquer la nouvelle législature. Le Parti travailliste a mené une campagne électorale basée sur des moyens modernes de communication et cela était annonciateur d?un univers novateur. Mais, le folklore traditionnel se révèle incontournable malgré le changement annoncé. Les nouveaux ministres ne vont pas rompre avec la pratique saugrenue d?écouter et de régler des problèmes d?intendance que leurs mandants leur exposent une fois par semaine.

En tout cas, dans au moins une circonscription, ce sera le cas. C?est ce que confirme la député de Belle-Rose ? Quatre-Bornes, Nita Deerpalsing, dans une lettre adressée à ?l?express? hier : ?Indeed there are 3 locations which have been earmarked for the purposes of meeting with the citizens of Constituency Number 18: a) Citizens? Advice Bureau, Quatre Bornes (Rama was there yesterday), b) Centre communautaire La Source (Xavier was there yesterday) and c) Belle Rose Sports Council (I was there yesterday). Please note that we have adopted this system in order to facilitate the contact between us and the citizens of our constituency.?

L?élue du n° 18 voulait en fait clarifier la situation après avoir été mise en cause dans un billet intitulé ?Un peu de respect, madame la député? et signé de Neeta Persand. Notre journaliste reproche à la député d?avoir reçu, la veille, ses mandants dans le ?board-room? du Mauritius Sports Council (MSC) et s?interroge : ?Que se passerait-il si tous les députés, et pourquoi pas les ministres tant qu?on y est, décident d?utiliser les infrastructures sportives pour recevoir leurs mandants ??

L?utilisation partisane qui est faite des bâtiments et des infrastructures publics par les élus est une question qui mérite d?être débattue mais, au-delà de cet aspect, il faut se demander si le moment n?est pas venu de trouver une meilleure courroie de transmission entre les usagers et les services publics. Il y a des institutions pour régler ce genre de problèmes. Il est aberrant que l?on demande à un ministre des Finances de passer une journée à écouter les griefs ordinaires des gens, allant d?un lampadaire défectueux à une ligne de téléphone inopérante.

Ce modèle de communication entre services publics et usagers, par ministres interposés, est dangereux. Beaucoup se résignent à jouer le jeu. D?autres préfèrent prendre le recul nécessaire et le temps de la réflexion pour concevoir des grandes réformes. Ils en paient un prix lourd par la suite. Steven Obeegadoo et Sushil Khushiram viennent de prendre conscience des conséquences de vouloir rester dans les nuages de la haute atmosphère. Mais ils ont fait des choix qui profitent à la société. On attend de Rama Sithanen, par exemple, qu?il ait davantage de temps pour réfléchir à un programme macroéconomique que d?être disponible pour écouter de minables requêtes.

Souvent, les mandants rendent visite aux députés et ministres pour leur demander un petit job, ?de préférence à Mauritius Telecom, à Air Mauritius ou dans les municipalités?. Cela, non plus, n?est pas acceptable car il doit exister d?autres structures pour traiter de ce type de demandes.

En perpétuant la tradition de ces contacts hebdomadaires, les nouveaux dirigeants ne font que renforcer la croyance populaire à l?effet qu?ils peuvent aider leurs partisans à obtenir des avantages auprès des organismes parapublics. C?est ainsi qu?on banalise le clientélisme, et qu?on finit par commettre l??electoral bribery?.

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