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Prévisions réduites de l?offre et la demande de pétrole
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Prévisions réduites de l?offre et la demande de pétrole
La demande mondiale de pétrole devrait enregistrer cette année sa plus faible croissance depuis six ans, en raison notamment de la réduction des subventions dans plusieurs pays en développement, en particulier en Asie, a déclaré mardi l?Agence internationale de l?énergie (AIE).
Mais elle a parallèlement revu fortement à la baisse son estimation de l?offre pétrolière des pays producteurs extérieurs à l?Opep, une évolution qui accroîtra la dépendance des pays consommateurs vis-à-vis de l?Organisation des pays exportateurs. La consommation mondiale d?or noir devrait augmenter de 800 000 barils par jour (bpj) sur l?année, une croissance inférieure de 230 000 bpj à la prévision antérieure, précise-t-elle dans son dernier rapport mensuel sur le marché pétrolier.
Lawrence Eagles, responsable de la division Industrie et marchés pétroliers de l?AIE, a déclaré à Reuters que cette progression de la demande devrait être la plus faible depuis 2002. Cette année-là, la consommation avait augmenté de 735 000 bpj et le cours moyen du baril avait été légèrement supérieur à 26 dollars. «Il y a deux éléments : la diminution des subventions est l?un des principaux facteurs et la croissance historique en Asie est plus forte qu?estimé initialement», a dit Eagles.
Les nouvelles prévisions confirment que la hausse continue des cours du pétrole, qui a porté le baril de brut léger américain à 139,12 dollars vendredi, un nouveau record historique, pèse sur la demande. Depuis la présentation de ses premières prévisions pour 2008 en juillet dernier, l?AIE a réduit de plus de moitié son estimation de la croissance de la demande cette année, qui était initialement de 2,2 millions de bpj.
La flambée des cours pétroliers a contraint ces dernières semaines plusieurs pays d?Asie à réduire leurs aides publiques pour le carburant. L?Inde, l?Indonésie, la Malaisie, le Sri Lanka et Taiwan ont tous révisé leurs prix administrés, ce qui devrait, selon l?AIE, réduire légèrement la croissance de la demande dans la région. Pour les analystes, les incertitudes liées à l?offre sont toutefois plus importantes que la décélération de la demande, ce qui explique que le cours du brut ait effacé ses pertes du début de séance. «Je trouve que le rapport est plutôt haussier», a commenté Francisco Blanch, responsable de la recherche mondiale matières premières de Merrill Lynch.
L?AIE, qui conseille 27 pays industrialisés, a revu à la baisse sa prévision de croissance de l?offre des pays hors-Opep, à 460 000 bpj contre 680 000 auparavant. Elle a relevé de 300 000 bpj sa prévision 2008 de demande de pétrole de l?Opep, la portant à 31,6 millions de bpj. Elle précise que les stocks pétroliers des pays de l?OCDE ont diminué de 8,1 millions de barils en avril, un mois où ils ont historiquement tendance à augmenter, ce qui conduit l?AIE à afficher sa préoccupation face au bas niveau des réserves. «Même si les chiffres semblent relativement équilibrés, nous sommes entrés dans le dernier mois du deuxième trimestre. Or il n?y a aucun signe d?augmentation marquée», a dit Eagles. «Cela est inquiétant.»
Le rapport mensuel de l?AIE constate que les prix élevés des carburants forcent des compagnies aériennes à supprimer des liaisons et poussent des consommateurs à réduire l?utilisation de leur voiture ou à acheter des véhicules plus économes.
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