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Présidentielle : première élection depuis le génocide
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Présidentielle : première élection depuis le génocide
Les Rwandais se rendent aux urnes ce lundi à l?occasion de la première élection présidentielle multipartite depuis le génocide de 1994. Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes aux 3,9 millions d?électeurs.
Le président sortant, Paul Kagamé, âgé de 45 ans, est donné grand favori de la consultation. Ce Tutsi, dont les combattants rebelles avaient mis fin au génocide de plusieurs centaines de milliers de personnes par des Hutus extrémistes, domine depuis lors la vie politique rwandaise avec son Front patriotique rwandais.
Deux autres candidats sont en lice pour ce scrutin qui aura valeur de test pour savoir dans quelle mesure le pays a réussi à dépasser les séquelles du génocide et à s?engager sur la voie de la démocratie.
Jean Nepomuscene Nayinzira, un Hutu modéré, ne devrait guère peser dans le scrutin. Le principal adversaire de Kagamé devrait être Faustin Twagiramungu, accusé par le pouvoir d?inciter à la division ethnique lors de la campagne, ce que ce Hutu rejette. Twagiramungu affirme en revanche ne pas comprendre comment les personnes avec lesquelles il a collaboré pour guérir le pays après le génocide peuvent désormais l?accuser d?incitation à la haine.
Un quatrième candidat, Alivera Mukabaramba, première femme à se présenter pour un scrutin présidentiel au Rwanda, s?est retiré de la course dimanche et a appelé à voter pour le président sortant. Le scrutin se déroulera sous le contrôle d?environ 1 900 observateurs, dont 350 étrangers, envoyés notamment par l?Union européenne et l?Union africaine.
Dans une société fortement marquée par l?illettrisme, les électeurs devront apposer leur empreinte digitale à côté de la photographie et du nom de leur favori sur leur bulletin de vote.
Au moment du génocide, des extrémistes hutus avaient exterminé près de 800 000 Tutsi et Hutu modérés, soit près de 10 % de la population rwandaise. Ces trois mois de violence inouïe ont marqué le paroxysme de décennies de massacres causés par des divisions intercommunautaires.
Depuis, Kagamé a renforcé la sécurité, relancé l?économie et la réconciliation ethnique. Ses opposants critiquent toutefois son emprise sur le pays et mettent en cause le caractère démocratique du scrutin.
Fiona O?Brien
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