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Préparez-vous à être Miss Ti-fiés !
Vous aurez été avertis ! A partir du mois prochain, la nouvelle égérie de la riche biodiversité mauricienne, «Miss Ti», mènera une lutte sans merci pour pousser les Mauriciens à reconnaître et protéger les reptiles endémiques du pays. Calquée sur la Phelsuma ornata (plus connue sous le nom de gecko vert), Miss Ti représente un moyen novateur pour initier les gens à la conservation de la biodiversité. Plus d?espèces de reptiles ont disparu des Mascareignes que de toute autre région du monde. Inutile donc de dire que Miss Ti tombe à pic...
«RARE Conservation» est une Organisation non-gouvernementale (ONG) internationale qui vise à «protéger la biodiversité à travers des campagnes de sensibilisation». Son système, «Rare Pride», a fait ses preuves aux quatre coins du monde. «RARE Conservation» commence par sélectionner une ONG locale qui choisit, à son tour, une personne pour suivre une formation spécialisée dans une université britannique. C?est son éducatrice en conservation, Cathleen Cybèle, que la MWF a choisi comme coordinatrice de la campagne. De retour à Maurice, Cathleen a été chargée de designer une espèce «vedette» et une région cible. Cela afin de mieux évaluer l?impact de la campagne.
Ce sont les districts de Grand Port et de Savanne qui auront le privilège d?être le principal terrain de jeu de Miss Ti pendant la durée de la campagne. Non parce qu?elles sont les régions les plus démunies du pays, mais plutôt parce que les îlots se trouvant au large de ces districts abritent des espèces de reptiles menacées, telles les scinques de Bojer et de Telfair, qui habitent l?île-aux-Aigrettes et l?îlot Vacoas, respectivement.
Si les qualités esthétiques de l?ornata ont indéniablement joué en sa faveur, son physique de rêve n?est pas la seule raison pour laquelle elle est devenue la mascotte de la campagne. En tant qu?espèce «clef de voûte», comme on l?appelle dans le domaine de la conservation, elle joue un rôle primordial dans le maintient de certains écosystèmes terrestres. Elle contribue notamment à la pollinisation des plantes endémiques et peut se vanter d?être un des plats favoris du Kestrel qui, comme le rappelle Cathleen, «aime bien manger endémique».
Est venu ensuite, le questionnaire. Avec l?aide d?une petite armée de volontaires, Cathleen a interrogé pas moins de 1119 habitants du district de Grand-Port. Pierre angulaire de la campagne, ce questionnaire en créole a permis à Cathleen d?évaluer les connaissances des gens sur les espèces ciblées et, surtout, leurs attitudes envers la conservation de celles-ci. «J?ai été surprise par la positivité des réponses», s?enthousiasme-t-elle.
En effet, même si seules 28 % de personnes interrogées connaissaient la signification du mot «endemik», plus de 33 % et 39 % étaient, respectivement, «extra dakor» et «dakor» que l?accès aux îlots abritant des animaux et plantes menacés soit interdit.
Forte de cette mine d?information, la campagne débutera le mois prochain. Il s?agira dans un premier temps d?offrir des ateliers de travail aux «skippers», pêcheurs et autres opérateurs touristiques de la région. Ils recevront aussi des fiches d?information illustrées sur les espèces de reptiles habitant les îlots du sud-est.
En tant qu? «audience primaire», ceux-ci pourront avoir un impact direct sur les «audiences secondaires», notamment les visiteurs aussi bien Mauriciens qu?étrangers des îlots. Au lieu donc de simplement transporter les touristes sur place, les «skippers» et pêcheurs seront en mesure d?identifier les espèces endémiques et disséminer les faits saillants relatifs à ceux-ci. Ainsi, ils ajouteront de la valeur à leurs prestations de services.
Mais l?ambitieuse campagne «RARE» ne s?arrêtera pas là. Des activités ludiques seront organisées pour petits et grands, telles des séances de découverte de reptiles vivants et des tournois de «Speedminton», une variante nocturne du badminton qui se joue avec un volant fluorescent. De plus, des causeries seront organisées dans les écoles du district.
Pour la Cathleen Cybèle, il ne s?agit pas seulement d?éduquer les gens mais aussi de faire en sorte qu?ils «modifient leurs habitudes» pour prendre en compte le bien-être de ces espèces menacées qui, rappelons-le, étaient présents bien avant que l?homme ne foule le sol mauricien. «Il existe une réelle volonté de la part des Mauriciens de protéger les reptiles mais les informations manquent.» A la fin de la campagne, c?est-à-dire en mai 2009, le questionnaire sera une nouvelle fois circulé dans la région afin de découvrir si les gens ont une meilleure connaissance de leurs amis reptiliens. On saura alors si Miss Ti a réussi son beau pari.
<B> Reptiles endémiques : extinctions et translocations</B>
L?arrivée de l?homme à Maurice a vite eu raison de la majorité des espèces de reptiles endémiques. A l?instar de la tortue et du scinque mauricien géant, plus de 60 % de celles-ci ont effectivement disparu en raison de la destruction d?habitats et l?introduction d?espèces exogènes. Tout n?est cependant pas perdu. La MWF travaille sans relâche non seulement pour protéger les espèces restantes, mais aussi pour les introduire dans de nouveaux habitats grâce à une technique complexe appelée «translocation». Ainsi, on peut maintenant trouver le scinque de Telfair, qui jadis vivait sur l?île Ronde, sur l?île-aux- Aigrettes. Le scinque de Bojer de l?îlot Vacoas habite désormais aussi l?îlot Fouquets. Tous les essais n?ont pas été couronnés de succès. La translocation du gecko de nuit du Coin de Mire sur l?îlot Chats, par exemple, a échoué. La cause ? Des rats affamés ont rejoint l?îlot à la nage pour y dévorer ses habitants !
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