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Pourtant dans le secret de l?âme de Gérard Louis
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Pourtant dans le secret de l?âme de Gérard Louis
Barricadé en studio, malgré la touffeur qui règne à Albion, le stratège peaufine sa tactique. Les enjeux sont énormes : Gérard Louis «recommence à zéro.» Gomme une décennie pétaradante à la tête de Cassiya. Pour se lancer en solo.
Quarante ans. Pour son anniversaire, le guitariste et arrangeur musical s?offre un cadeau à la mesure de l?homme. Bourreau de travail, leader de groupe aguerri. De la galère de Cassis au haut de l?affiche à l?Olympia. Le choc d?une carrière solo à peine entamée.
A le voir déambuler pieds nus sur la moquette du studio, dans son vieux t-shirt jaune ? sa couleur préférée ? et son pantalon défraîchi par plusieurs lavages, on ne peut que se convaincre du fait que Gérard Louis n?a pas perdu sa simplicité. Ni ses rêves d?enfants. Enfouis par cartons entiers dans son c?ur, sacrifiés en partie, «pour la bonne marche du groupe.» Qu?à cela ne tienne, à voir l?élégance racée de son studio, c?est clair que le professionnel n?a pas résisté à l?envie de se faire plaisir. De faire joujou avec le dernier cri de la technologie. De se payer des «diffuseurs de son à Rs 40 000 la boîte.» Maître de son destin, il s?est entouré de pans de murs fuschia, et mauve. Des couleurs chaudes pour «mettre de la chaleur dans la voix.»
<B>LES CONVICTIONS DEMEURENT</B>
Gérard Louis a trouvé la recette pour éviter les mauvaises surprises. Pour contourner les présents de mauvais goûts, l?artiste s?est visiblement entouré des gens qu?il aime. Et a confié le clavier de la console à l?arrangeur musical Ronan Cerclay. A l?énoncé de son nom, ce Français nullement inconnu du milieu, lance : «J?ai de la chance, j?aime le séga et le séga m?aime.»
Armé d?un grand verre d?eau, Gérard Louis glisse de l?autre côté de la vitre. Le morceau du jour : Mazin to zenfan. Après les roulades vocales d?usage et quelques plaisanteries banales, la voix s?élève, claire mais légèrement hésitante.
Elle s?arrête pile au milieu d?une phrase, «Eh ! l?harmonica mari fort, en plis, li aïgu.» L?arrangeur fait les rectifications d?usage sous l??il amusé de Sylvio Ravina, celui qui a manié l?harmonica mis en cause.
Après une grosse gorgée d?eau ? histoire de véhiculer plus de convictions ? la voix reprend le fil de l?histoire de cette mère de famille qui a abandonné son mari et des deux enfants après un peu moins de dix ans de mariage. Gérard Louis s?est abrité sous l?ombrelle de l?un de ses thèmes fétiches : l?enfance malheureuse. «C?est ène zistwar ki finn arriv ène mo bann camarad», justifie-t-il.
A la cinquième prise, Ronan Cerclay, catégorique et infiniment patient décrète : «Pas bisin to pousse to volume. L?ambiance pas si important ki sa, pousse sentiment plutôt.» Sylvio Ravina, qui se déhanche sans retenue sur sa chaise encourage son collègue en levant les deux pouces. C?est le moment que choisit Maïsta pour faire son entrée en studio, avec un gobelet en plastique jaune à la main.
«C?est du miel,» souffle-t-il avec un sourire espiègle. Sur ses talons : Sandra Mayotte et Bruno Malcolm. L?équipe de choristes est presque au complet. «Sandradee coté ?» Tous ces noms figureront sur Pourtant (Tout recommencé), albums de douze titres, dont un morceau instrumental, qui sortira le mois prochain.
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