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Pourquoi remanier ?

12 septembre 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN </B>

L?attentisme et l?incertitude dominent durant cette période qui précède le remaniement annoncé. L?accouchement est pénible. Le Premier ministre aura toutes les difficultés imaginables pour reconfigurer son gouvernement. Il a fait une allusion, hier, à la complexité de la situation en rappelant «ki problem mo pe gayne aktielma la».

Pour l?heure, rien n?est définitif. Même le timing du remaniement n?est pas connu. On sait seulement qu?il n?est pas lié à la date de nomination du nouveau président de la République. L?exercice interviendra quand le Premier ministre aura terminé sa réflexion sur le nouveau cabinet. De par les propos qu?il a tenus hier lors du dévoilement de la statue de sir Satcam Boolell, on aura compris que sa priorité du moment est bien le remaniement mais il est également clair qu?il n?a pas encore arrêté sa décision.

Le chef du gouvernement a choisi la solitude pour réfléchir sur la composition de son nouveau cabinet. Cette démarche est salutaire car elle le met à l?abri des lobbies et des voix diverses qui, généralement, exercent une influence malsaine sur les décideurs. Ainsi, c?est plutôt bon signe que le processus de décision soit un acte solitaire de la part du Premier ministre.

Cependant, on peut regretter les circonstances qui ont contraint le Premier ministre à redistribuer les portefeuilles. La raison immédiate qui le pousse à remanier est l?imbroglio politico-juridique dans lequel il est entraîné à la suite des observations de la Cour sur les titres qu?il a octroyés à certains membres de son cabinet. Il peut sauver la face en exigeant une démission en bloc de son cabinet et une nouvelle prestation de serment de l?ensemble des membres d?une équipe remaniée. De plus, l?absence d?un titulaire à plein temps au ministère des Affaires étrangères commençait à porter préjudice à notre pays. C?est la conjoncture qui lui a imposé un remaniement.

Le Premier ministre peut toutefois chercher à profiter de l?occasion pour mieux utiliser les compétences au sein de son équipe. Il peut soit dépoussiérer soit faire appel à du sang neuf afin d?obtenir un meilleur rendement. Certains des ministres qu?il avait choisis en 2005 sont quelque peu usés. Les uns pêchent par mauvaise gestion, d?autres par arrogance et d?autres encore par avidité. Il y a même un ministre qui a accumulé gabegie sur gabegie, au point que son bilan se résume à un chapelet d?aventures rocambolesques. En vrai anti-Midas, tout ce qu?il touche tourne en catastrophe.

Certains ministres peuvent changer d?affectation tout simplement parce qu?ils ont accompli, en trois ans, les réformes qu?ils avaient projeté d?entreprendre. Imaginons Rama Sithanen, par exemple, délaisser le ministère des Finances, qu?il a déjà remis sur les rails, pour prendre un portefeuille de la Solidarité nationale et de la Réduction de la pauvreté. Le remaniement, ce n?est pas seulement des punitions et des récompenses. C?est aussi une occasion de recadrer ses stratégies de développement.

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