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Pourquoi ils hésitent...
L?indécis est sans doute un déçu d?un leader en qui ont été placés beaucoup d?espoirs, d?un gouvernement qui n?a su répondre à ses attentes, d?une classe politique qui, à ses yeux, a failli lamentablement. Il y a aussi ceux qui attendent au tournant les partis, qui veulent décortiquer les programmes et savoir ce qu?on leur propose. Enfin, il y a cette masse, presque mystérieuse, qui parfois attend tout simplement de savoir quel sera le camp gagnant pour se rallier à lui. Mais il y a autant de raisons d?indécision que d?indécis. Parole à ceux qui n?ont pas encore choisi?
Premier constat : beaucoup d?indécis sont avant tout de grands déçus du MSM-MMM, comme Roger Cécile. A 20 ans, il militait, en 2000, activement au sein du MMM. En 2001, il est recruté par une importante banque du pays, qui interdit à ses employés toute politique active. Il prend ses distances du parti et se découvre un regard critique envers son ancien parti. Quatre ans après, le divorce est consommé. « Je ne pourrai voter travailliste. Mais le gouvernement ne m?a pas convaincu. J?ai eu l?impression que tout n?a été qu?une question de timing pour savoir qui deviendra PM et VPM », se désole-t-il.
Les indécis frustrés du gouvernement sont parfois aux meetings. Arvind écoute Paul Bérenger d?un air impassible à Triolet, mercredi dernier. « Mo habite ici mem. Mo finn vinn guete. Si li ti enn miting travailliste osi mo ti pou vini. Mo ti vot sa guvernman la dernyer fwa. Me mo desi.. Dimounn kouma nou pas better off », juge cet employé d?une fabrique de détergents.
Les déçus du gouvernement venus gonfler les rangs des indécis alignent une série d?arguments : du regret de l?époque de SAJ à la condamnation de méthode « cassante et arrogante » de Paul Bérenger devenu PM en passant par la montée du chômage et la chute du pouvoir d?achat.
<B>« Comment choisir le moins pire »</B>
Les déçus de Ramgoolam, on les voit moins. Il est vrai que, sur la durée, l?opposition, les baromètres Synthèses l?ont démontré, a eu tendance à grignoter l?avance de l?alliance MSM-MMM. Mais l?Alliance sociale fait néanmoins froncer quelques sourcils. « Les 6 partenaires de l?Alliance sociale sont si hétéroclites que Ramgoolam n?arrive pas à me convaincre qu?ils gouverneront efficacement le pays ensemble », pense Richard, responsable d?une entreprise de communication de Quatre-Bornes.
Puis il y a ceux qui sont dans le flou total. Qui attendent d?être convaincus par un camp ou l?autre. Qui patientent qu?on se mette enfin à parler programme pour se faire une opinion. « Comment se fait-il qu?à deux semaines des élections nous n?avons toujours pas pris connaissance des programmes des deux grandes alliances ? J?ai du mal à choisir entre le moins pire des deux blocs », se désole Robert Jauffret, prêtre à Curepipe.
<B>« Je les attends sur les valeurs humaines »</B>
Il y a ceux qui demandent les programmes, mais aussi ceux qui veulent absolument voir?ou ne pas voir certains éléments dans les manifestes électoraux. Ainsi, Danielle Wong donne le bénéfice du doute aux deux blocs dans leur désir de bien faire. « C?est sur les valeurs humaines que je les attends. Si, par exemple, une alliance décide de légaliser l?avortement, je ne pourrai pas voter pour elle », prévient cette mère de famille, pour qui les options économiques étant connues et limitées, c?est donc l?alliance qui recentrera le plus le pays vers le développement culturel et spirituel qui emportera son soutien.
Les indécis dressent leur menu. Ainsi, Sandeep Khedun, publicitaire de Port-Louis, estime qu?il votera le camp qui assurera que « les personnes les moins éduquées ou économiquement vulnérables auront un avenir meilleur dans le pays ».
Ces indécis-là réclament également une plus grande interaction avec les candidats. Sanjay, fonctionnaire, est un de ces jeunes présents à Réduit dimanche dernier. Il y était pour accompagner ses amis et non parce que partisan de l?alliance MSM-MMM, précise-t-il. « Mo interese avek politik. Sak fwa mo al vote. Me sa kou la, mo pe atann bann kandida vinn explik moi ki ena dans zot program. Mwa, mo job asire, me pe tann somaz pe monte. Mo anvi gagn explikasyon sakenn ki pou fer », déclare cet électeur de Camp-de-Masque-Pavé.
Mais il y a aussi les indécis qu?on pourrait qualifier d?opportunistes. Sidick Chady, essayant de justifier ses zigzags politiques, avait expliqué que ses mandants voulaient le voir au gouvernement pour faire avancer des projets de développement dans sa circonscription.
Affirmation reprise par Asraf, marchand de sa circonscription. « Il est préférable d?avoir un député du gouvernement que de l?opposition. J?attendrai à la dernière minute pour voter bloc.» Asraf a voté MSM-MMM en 2000 et PTr-MMM en 1995.
« Si aucune des alliances n?arrive, jusqu?au 3 juillet, à parler à mon intelligence, j?irai à la pêche ce jour-là. » A défaut de voter utile?
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