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?Pour une libéralisation prudente et calculée ?

30 mars 2005, 00:00

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La dixième assemblée générale de l?Association of Mauritian Manufacturers (AMM) s?est tenue hier à l?hôtel Labourdonnais. Son président, Jacques Li Wan Po, a rappelé que malgré un contexte économique difficile en 2004, le secteur a été à la hauteur des espérances. Il a aussi ajouté que la mondialisation et la fin des barrières tarifaires prévue dans quelques années angoissent certains producteurs locaux. ?Nous ne sommes pas contre la libéralisation mais demandons à ce qu?elle se fasse d?une façon contrôlée.?

Jacques Li Wan Po a rappelé que l?expérience a montré que la libéra-lisation dans certains pays d?Asie pouvait se résumer entre la libéralisation et le protectionnisme. ?Le succès économique dans ces pays repose sur une combinaison complexe entre le soutien et le laissez-faire, l?ouverture et la restriction. Tout ceci avec comme seul objectif : de créer un climat de compétitivité.?

Le président de l?AMM a, de plus, ajouté que c?est le secteur manufacturier qui sera créateur d?emplois dans le court et moyen termes. Le secteur textile et sucre ne pourront plus absorber les nouveaux demandeurs d?emplois.

En effet, malgré les pertes d?emplois enregistrées dans le secteur textile, un pouvoir d?achat en déclin et une roupie assez faible, les entrepreneurs mauriciens s?en sont biens sortis.

Revenant sur la performance des entreprises manufacturières locales, Jacques Li Wan Po a estimé que ?celles-ci ont réussi à maintenir une croissance presque similaire par rapport aux dix dernières années?. Mais la faiblesse de la roupie n?a pas que des désavantages. Elle a contribué à accroître la compétitivité des produits manufacturiers locaux par rapport aux produits importés.

Le ministre des Services financiers, Shushil Khushiram a, quant à lui, souligné que la contribution locale du secteur manufacturier dans le développement économique est très largement reconnue. Cependant, il a aussi précisé que les entreprises qui sont protégées par des barrières non tarifaires ou autres n?ont aucune motivation à améliorer leur efficience, à innover, et à fabriquer des produits de qualité à des prix compétitifs. Les marchés d?exportation ne les intéressent plus.

Le secteur hors zone franche représente 11 % du produit intérieur brut et emploie 55 000 personnes. Mais il dépend de plusieurs piliers artificiels dont les tarifs élevés qui empêchent l?accès des consommateurs à des produits importés à meilleur marché. ?De petites économies comme Singapour, Hong-Kong et Dubayy ont prôné une ouverture. Ce qui leur a très bien réussi?, a souligné le ministre. Ce dernier s?est aussi dit favorable à une diminution des filets de protection locaux pour stimuler l?intérêt à l?exportation et ainsi favoriser l?intégration régionale.

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