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Pour un projet Républicain
LES EFFORTS CONSENTIS par l?État afin de matérialiser la réforme semblent avoir diminué la pression sur les admissions au secondaire. Après une rentrée sans trop de cahots, les impressionnantes structures réparties dans les régions épongeant bon nombre d?élèves, le ministre de tutelle pouvait se féliciter, à juste titre, d?une mise en route bien huilée. Le secteur privé de l?éducation, confessionnel ou pas, partenaire essentiel de la réforme, suit difficilement. Les moyens lui manquent pour se développer au même rythme qu?une école publique survitaminée et il flotte un air de revanche sur ceux qui, par le passé, rendaient la tâche si dure aux réformateurs.
Tous, y compris ceux qui construisent avec autant d?acharnement, s?accordent à dire qu?une école, c?est plus qu?un bâtiment, aussi beau soit-il. Elle doit mettre l?enfant en relation avec une communauté éducative, proposer une expérience humaine. Les Junior Secondary Schools (JSS) d?antan, aujourd?hui State Secondary Schools (SSS), auront eu bien du mal à acquérir la confiance des familles. D?ailleurs, divers documents distribués dans le cadre de la réforme de l?éducation font explicitement état d?objectifs autres que celui de caser la population étudiante : éducation obligatoire jusqu?à 16 ans certes, mais aussi amélioration de la qualité d?éducation, chances égales à tous, création des conditions permettant aux enfants d?aller le plus loin possible dans leurs études... Des desseins fort honorables en soi, et il serait injuste d?exiger qu?ils soient réalisés tous et sur le champ.
Il faudrait quand même les raccorder à une situation présente dont il n?est pas sûr qu?elle ait été décrite avec la précision nécessaire pour saisir les enjeux sociologiques. Il appartient à l?État, mais aussi à tous les acteurs de l?éducation de se mettre à l?analyse du contexte afin d?être en mesure de formuler quelque voeu que ce soit.
Alors qu?un allègement de la compétition semble avoir été effectué avec la nouvelle configuration du secondaire, les statistiques des dernières années restent par trop éloquentes. Sur une moyenne de 30 000 inscrits au Certificate of Primary Education (on ne compte pas ceux qui auront abandonné au primaire), moins de 20 000 réussissent. Au secondaire, 5 000 n?atteignent pas le niveau de Form V. Des 15 000 subsistant, un peu plus de 11 000 ?passent leur School Certificate (SC)?. 6 500 vont au Higher School Certificate (HSC) et environ 4 800 l?obtiennent, soit moins d?un sixième des trente mille initialement. Il s?en trouve qui, devant cette situation pyramidale, défendent encore la nécessité d?une élite, sans préciser sa fonction et ses responsabilités, et souvent, dans des discussions au plus haut niveau, on entend parler d?un pourcentage de ?déchets? inhérent à tout système. Une certaine progression dans les pourcentages de réussite ne devrait pas nous empêcher de nous interroger sur ce qu?il advient aux drop-outs et même aux plus chanceux dans un contexte de plus en plus fragilisé.
Une barque à mener
Les difficultés de l?école ne sont pas inhérentes à Maurice. Les revendications d?enseignants, des dilemmes comme le port de signes religieux et même les dysfonctionnements au niveau de l?enseignement dans des pays dits plus avancés, véhiculés par les médias, devraient nous convaincre à prendre du recul.
Il serait temps de se demander comment l?école d?ici prépare à la vie de la cité, comment elle est adaptée à la situation socio-économique actuelle. Une économie en mutation, ralentie par une compétition internationale féroce, la nécessité d?une mobilité de l?emploi et des conditions astreignantes. Un développement du tourisme où le relationnel et le maniement des langues deviennent vitaux. Des secteurs propres à un pays jeune, requérant des compétences techniques et une capacité d?adaptation, sans sombrer dans l?amateurisme ambiant. Au niveau des traditions séculaires, un véritable déracinement, rendant les points d?ancrage de l?éducation de plus en plus aléatoires.
Il faudrait, dans un contexte aussi fluide, mesurer l?évolution de l?éducation dans son contenu et son approche au cours du dernier siècle. Déterminer quels repères elle offre aujourd?hui aux jeunes appelés à gouverner à vue. Et aux autres aussi, car les parents ?premiers responsables? aux prises avec des vies professionnelles exigeantes disposent de peu de moyens pour faire face à ce qui est de l?ordre de véritables tempêtes ? médiatiques, technologiques, informatiques... Ainsi sommes-nous véritablement en mer plutôt qu?implantés dans une île. Ce qui peut paraître si peu rassurant aux uns qui auraient la nostalgie de leur propre scolarité, peut faire l?objet de recherches tout à fait intéressantes débouchant sur des horizons insoupçonnés.
Notre barque qui cumule les conditions de la petite taille et de l?isolement, de la pluralité et de la surcharge, doit sa stabilité à la capacité de ses occupants de vivre et de fonctionner ensemble. Or, notre système éducatif s?est centré, au fil des années, sur la réussite personnelle, presque une éducation aux dépens des autres. Ce qui serait le pendant d?une philosophie individualiste dans la vie de tous les jours, des pratiques à base de faire ça lakoz moi plutôt que des figures où l?on pourrait s?attendre à des traitements égaux, sinon également justes. Nuance qui requiert de la société non pas un égalitarisme primaire ou une méritocratie mal comprise, mais davantage d?attention envers ceux qui ne seraient certainement pas en mesure de profiter d?une part de gâteau dont ils ne connaissent pas la valeur. En bref, la nécessité d?une positive discrimination. Diverses expériences tentées par des institutions publiques et privées, dont certaines mal comprises, aboutissent cette année.
Au lendemain des émeutes de 1999, le ministre de l?Éducation, Kadress Pillay, exprimait ses craintes devant la crise sociale et lançait l?idée des classes ?prévocationnelles?. Les élections intervinrent et au changement de gouvernement, Steve Obeegadoo prit le témoin et mit en place 90 classes préprofessionnelles. Pour une fois, les moyens étaient disponibles pour que des élèves ayant échoué deux fois le CPE aient une quelconque chance de s?en sortir (ce, après que divers projets précédents se soient soldés par des échecs). Les classes comportaient un maximum de 25 élèves, pourvues de matériel simple mais adapté, et surtout, une formation était proposée aux enseignants choisis moins en fonction de leurs diplômes académiques que de leur disposition à s?occuper d?élèves en difficulté. Les rencontres préparatoires entre les techniciens de l?État et du secteur privé virent surgir l?idée d?une éducation différente. Elle serait à base de projets et l?élève partirait de sa ?vision? d?un objet concret (meuble, vêtement, gâteau...), le ?démonterait? en composantes, qui seraient autant de savoirs à acquérir (nommer, mesurer, acheter, fabriquer...). Cette fin d?année voit 1500 élèves issus de ces classes terminer le cycle de trois ans. Ils devront tenter de se raccorder à des formations plus directement ?professionnelles?.
On parle peu du projet ?prévoc?. Des rapports font état de lacunes en ce qui concerne l?implication de certains enseignants et l?acquisition effective de savoirs académiques. L?avenir de ces étudiants (car c?est ce qu?un nombre d?entre eux sont devenus, des apprenants, enfin) ne fait pas les grandes lignes. De temps en temps, les journaux publient des photos de jeunes gens de régions éloignées, en uniforme. Certains qui ne savaient pas écrire leur propre nom après sept ans dans le cycle primaire, semblent avoir retrouvé quelque dignité. Comme le disait l?un d?eux : ?Monn rerant kamarad ar lekol.?
On peut arguer qu?on se passerait bien d?expériences de ce genre si le primaire se réalisait dans de meilleures conditions, et qu?on préfèrerait une éducation où tous, peu importe le niveau, se côtoieraient, où on ferait appel au ability grouping. Mais l?expérience ?prévoc? reste pour certains accidentés de notre système éducatif une perfusion essentielle. Il y a du chemin à faire pour que l?ensemble de la population jeune progresse au même rythme. D?autres projets, tels ANFEN (Adolescent Non-Formal Education Network), initiés par diverses ONG, fonctionnent à partir d?approches comparables, qui est de rendre un sens à l?éducation aux yeux de ceux qu?on pourrait appeler les ?autrement doués?. Par ailleurs, les Écoles Complémentaires continuent de mobiliser des régions entières autour de la nécessité des études.
Les écoles primaires ZEP (Zones d?Éducation Prioritaire), une trentaine au total, fonctionnent à partir des mêmes convictions, celles d?ancrer davantage l?école au sein de la communauté. Aux moyens pédagogiques améliorés, elles ajoutent des aides hors-école.
Boris Cyrulnik, dont un livre remarquable paru cette année, Le Murmure des fantômes, soutient que rien n?est jamais perdu dans le développement de l?enfant, et qu?il est sauvé s?il trouve sur sa route deux choses : de l?empathie et du sens. Les projets de rattrapage ainsi que les compétences acquises par les enfants demandent à être suivis et évalués, mais pas à la seule aune académique qui aura été celle de leur échec. Un facteur commun aux expériences précitées est que l?enfant devient l?acteur principal de sa propre éducation. Les maîtres sont facilitateurs, les pairs aussi, camarades avec qui et non plus contre qui il travaille.
Un coup de barre en faveur des laissés-pour-compte ne part pas de seuls bons sentiments et d?attitudes quasi messianiques. C?est une démarche d?ordre économique, voire biologique en faveur d?un écosystème, si ce qu?on a en tête est ?l?intégration? dans une véritable communauté nationale (le terme ?intégration? semble préférable à l?anglicisme ?inclusion? qui ne dit pas assez sur le rôle actif possible de l?inclus). L?éducation à deux vitesses durant des décennies dans des pays plus riches tels l?Afrique du Sud ou le Zimbabwe a laissé des séquelles qu?on connaît en termes de violence et de crise sociale.
Curieusement, alors que ces divers projets peuvent avoir l?allure d?aumône, ils guident la réflexion au point d?inspirer des interrogations sur les autres élèves, les plus adaptés à l?éducation traditionnelle, ce sixième de la population étudiante qui sera venu à bout des écueils du système. Chaque année, à l?octroi des fameuses bourses d?État, les médias se font un malin plaisir de démontrer chez certains lauréats le manque de culture, le décalage avec le contexte, local ou international, la difficulté d?expression orale. Aussi, l?incapacité d?une vision tant soit peu personnelle de l?avenir.
Les situations aux différents niveaux ne seraient donc pas incomparables : il s?agirait davantage ?d?apprendre à apprendre? de rendre autonome voire critique, d?aider à formuler des rêves plus propres à la jeunesse que des model answers.
Si les adultes, maîtres ou parents, formés à cette même école de conformisme, reproduisent des modèles issus d?un autre temps, comment interrompre le cycle où l?éducation se subit, de manière plus abêtissante pour certains que pour d?autres? En fait, ont-ils le choix, enseignants pressurisés par des programmes à compléter, et parents démunis, devant la réalité intransigeante de diplômes à obtenir et une jeunesse qui leur échappe et les laisse sans réponse?
De l?élitisme à l?excellence
À l?heure où Gardner fait état des différentes formes d?intelligence postulant qu?il en existe au moins sept (en plus des ?intelligences? logiques, verbales, d?autres moins ?académiques? comme l?interpersonnelle, la rythmique/musicale, la kinesthésique etc.), on pourrait s?expliquer pourquoi bon nombre d?élèves autrement doués ne parviennent pas à s?exprimer au sein de notre système par trop livresque. Il n?est pas concevable, que nous ne proposions pas, et ce dès le plus jeune âge, à ceux qui feraient montre de dispositions ?différentes?, et ce assez tôt, des filières où ils pourraient exceller. Alors que nous misons sur un secteur manufacturier, le technique, par exemple, est proposé qu?en dernier recours, ce qui poussait un responsable à déplorer qu?on considérait sa matière comme ?la poubelle de l?académique?.
À l?inverse, n?est-il pas souhaitable que tous, surtout ceux qui se trouveront un jour au niveau de la prise de décision, aient développé l?ensemble de leurs sensibilités? Autant les littéraires et les économistes devraient avoir des connaissances scientifiques de base pour fonctionner dans un monde technologique, autant les scientifiques devraient s?aménager des compétences parallèles - littérature, musique ou autre - plus ?humanisantes? pour ne pas retomber dans les travers d?une ultra-spécialisation.
La mort programmée des Sports Intercollèges, et le peu d?intérêt suscité par l?Éducation physique et sportive (EPS) tant au niveau primaire qu?au secondaire dénote le peu de cas fait de la santé corporelle alors que nous atteignons sans effort d?autres records en matière de diabète et d?insuffisance cardiaque... Tout en aidant à la prévention, l?EPS pourrait déboucher sur des filières professionnelles, dans l?hôtellerie par exemple, qui n?a de cesse d?afficher ses besoins pour l?animation d?activités en plein air. Mais combien de temps faudra-t-il encore avant que cette matière soit disponible en SC?
D?autres exemples de l?extrême frilosité de l?éducation mauricienne envers tout ce qui touche au domaine pratique ne manquent pas. La Task Force pour la réforme de l?enseignement des sciences, sous l?égide du Mauritius Research Council, ne lance-t-elle pas ses travaux à partir du constat qu?une des faiblesses majeures du cursus est l?absence de travaux pratiques (le recours à une alternative to practical, une ?pratique-théorique? est un non-sens issu de tricheries d?il y a quelques décennies...)?
Et pourtant, mettre la main à la pâte est possible, et le haut du gratin est capable de se développer autre chose que des examination skills. Aujourd?hui, plusieurs matières comprennent un ?projet?: thème de recherche à choisir, production d?un travail écrit et pratique, qui, dans bien des cas, surprend les adultes. L?exposition des travaux d?élèves en Art, chaque année, est édifiante. Mais voilà, cela représente une surcharge de travail, et il semblerait que la notion de recherche personnelle intervienne bien trop tard dans la carrière scolaire et pour certaines matières seulement. Comment garder aiguisée la curiosité enfantine avec une scolarité primaire qui, dans le fond, n?a guère changé et n?a pas les moyens de le faire?
Un changement de trajectoire pour une éducation plus adaptée à notre contexte pourrait-il venir du tertiaire dont l?Action Plan se fait attendre? Avec l?accès plus difficile d?études à l?étranger, l?Université de Maurice, l?Université de Technologie, le Mauritius Institute of Education, l?Institut Mahatma Gandhi d?une part, de plus en plus de dispensateurs de cours privés d?autre part, offrent à nos jeunes adultes un réel espace de créativité à explorer. Le défi serait d?atteindre un niveau d?excellence qui serait presque de l?ordre du funambulisme, un équilibre à atteindre entre des savoirs et des expériences venus d?ailleurs et une antenne sur les réalités intérieures. Une fois de plus, des institutions qui s?ouvriraient davantage sur une véritable recherche apporteraient au pays ce que, par exemple, l?Institut de recherche sucrière a offert à l?agriculture.
Qu?y aurait-il de commun entre le préscolaire nouvellement régi, les écoles ZEP, les Form VI Schools et l?université, si ce n?est la formation des mêmes citoyens à la capacité de vivre ensemble ? Aurait-on atteint l?âge de raison qui permettrait de se doter d?une politique d?éducation véritablement tournée vers un avenir commun? Et qui transcendrait les changements de gouvernement parce que partant de convictions profondes et renouvelées, et soutenue à long terme par les différents ?stakeholders??
Tout projet pédagogique repose sur la vision d?une société: s?abstenir de pasticher ce qui se fait dans d?autres pays réussissant à partir de données différentes nous éviterait de nous reposer sur des slogans creux genre ?Tigre de l?Océan Indien? et nous permettrait de nous inventer une façon de vivre qui serait véritablement nôtre.
Une école mauricienne à inventer
Un vision globale comprendrait un projet d?école qui, loin d?être un vase clos pour protéger l?enfant de ce qui le menace dehors et auquel il aura à faire face tôt ou tard, inéluctablement, le rendrait plus autonome. Faire mieux que fer zenfan passe l?examen et ramener les examens à leur rôle, celui de vérification des savoirs et des compétences.
Quelques adjectifs baliseraient un projet pédagogique partant d?une première réflexion. Il serait intéressant de les confronter aux réalités d?une institution existante !
L?éducation mauricienne (ou à la mauricienne) pourrait être:
Originale... parce qu?adaptée à la culture, parce que s?abreuvant des sagesses de trois continents... Aussi parce qu?intériorisée.
Modulable... pour offrir le maximum de possibilités et de choix, pour permettre des rattrapages, pour que des formations-sandwich puissent s?accomplir en même temps que la profession.
Ouverte... sur le monde d?ici et d?ailleurs. Avec des perspectives informelles d?éducation, hors école. Où les médias, l?audiovisuel en particulier, joueraient un rôle plus important.
Relationnelle... offrant des expériences de rencontres et d?échanges. (Et à ce propos, la maîtrise des langues. Le créole omniprésent n?a pas de statut officiel dans le cursus, au grand dam de Ledikasyon Pu Travayer, Maurice est l?un des rares pays où l?anglais est en régression, et le français, bien que démocratisé est encore, aux yeux de certains, l?apanage d?une bourgeoisie. S?il est une langue dans laquelle nous excellons, c?est celle de bois. Le seul argument de l?héritage ancestral ne suffit pas : les langues orientales, par exemple, pourraient trouver la place qu?elles méritent si elles devenaient attrayantes à tous, comme un module pour déboucher sur un pan essentiel de civilisation).
Connectée... Qu?il s?agisse d?un PC ou de la cybercité, la question doit être la même : quel usage destinons-nous à l?outil informatique? Au niveau de la famille comme à celui de la société, il ne s?agirait pas de se retrouver devant un bel objet venu d?ailleurs, planté au milieu d?un champ, à la manière des hominidés devant le monolithe de l?Odyssée de l?Espace.
Plurielle... afin de permettre à autant d?expériences pédagogiques possibles de se dérouler sans que soit distendue la fibre nationale. Afin que soit précisé le rôle de l?éducation privée, qui est d?augmenter les choix, mais aussi d?explorer des zones peu accessibles à une plus grosse machinerie d?État. (Doit-on enfin se pencher sur l?incidence exacte des leçons « particulières » et si privées?)
Continue: Pour que parents et autres adultes sentent pour eux-mêmes le besoin d?une instruction ininterrompue...
Ce cocktail de fin d?année est volontairement incomplet. Comme pour tout cocktail, on peut y aller de sa petite recette et choisir des qualificatifs de référence à un éventuel Projet Éducatif Républicain.
Décorer la coupe d?aiguilles de pin et d?une fleur de Trochetia blackburniana, et servir très glacé.
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