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Pour un apaisement durable
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
L’agitation sur le marché des devises met une nouvelle fois en relief la force de la roupie. Le marché attend que la Banque de Maurice prenne des mesures rapides pour apporter un certain répit dans le circuit “Forex”.
La Banque centrale peut, soit rehausser le taux Lombard pour rehausser l’attrait des actifs en roupie, soit intervenir sur le marché de change en y injectant des dollars dans le but de relâcher quelque peu la pression sur la roupie. Dans les deux cas de figure, les autorités monétaires ont des contraintes pour agir selon le goût du marché.
Les récents signaux émanant de la Banque de Maurice vont dans le sens contraire. Elle aurait plutôt tendance à laisser glisser la roupie afin de favoriser les exportations.
Dans l’interview qu’il nous accorde, Ali Parkar, un de nos principaux “industry captains” du textile-habillement, prône une politique de taux de change qui soutiendrait les exportations de la zone franche. Son argument est que la Chine, notre principal concurrent, a, elle, recours à l’arme monétaire, soit une stratégie de sous-évaluation du yuan, pour asseoir son emprise sur les marchés d’exportation.
Quelque part, nous devons nous engager dans une dévaluation compétitive afin de préserver notre “edge” face au déferlement des vêtements chinois en Europe et aux Etats-Unis.
Mettre plus de dollars sur le marché des devises n’est pas une solution durable non plus aux yeux de la Banque centrale. Celle-ci craint peut-être des jours plus difficiles à venir et préfèrent ne pas trop toucher à ses réserves. Peut-être que le spectre des baisses importantes des recettes sucrières dans les prochaines années appelle-t-il à plus de prudence à la Banque centrale.
La faiblesse de la roupie vis-à-vis des monnaies fortes est la conséquence des difficultés structurelles de notre économie. La contraction de la zone franche a privé l’économie d’un flux très important de devises étrangères. Le tourisme n’a pas été capable de générer suffisamment de croissance pour pallier les manquements du textile-habillement.
L’investissement étranger, en panne ces dernières années, ne pouvait pas alimenter le marché de devises de manière importante. Une vaste restructuration de l’économie est en cours pour essayer de renverser la vapeur au niveau de plusieurs paramètres macroéconomiques. Les réformes doivent aussi viser à améliorer la valeur ajoutée locale des produits et services afin de minimiser la sortie des devises du pays.
Il faudra également œuvrer en faveur de plus de productivité afin de réduire la pertinence du taux de change de la roupie comme une arme d’exportation. Une main-d’œuvre plus productive et des technologies plus performantes aideront les entreprises à produire et à exporter à des coûts plus compétitifs. Les autorités n’auront plus besoin de jouer systématiquement la carte de la roupie faible.
Mais dans l’immédiat, il faudra surtout accélérer les rentrées de devises par le biais d’investissements étrangers. Il incombe aux autorités d’autoriser dans les meilleurs délais les projets d’investissement en attente. Les décaissements rapides seront d’un apport considérable en la conjoncture.
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