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Pour ne plus avoir à se couper les cheveux en quatre

16 août 2008, 00:00

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Pour ne plus avoir à se couper les cheveux en quatre

La cosmétologie, pour naviguer dans le cosmos de la beauté. Là où la tendance est «de traiter le cheveu comme l?on traite la peau», comme l?explique Touria Prayag, responsable de la faculté des sciences Humaines au Charles Telfair Institute (CIT). Cette institution vient de lancer son école internationale de cosmétologie, qui ouvrira ses portes en septembre.

La mode. Fatalité qui a tendance à passer. «Il y a d?abord un retour aux années soixante avec les franges qui sont revenues pour donner un air jeune, bon enfant», explique la responsable du CIT. Les cheveux longs eux se portent droits et très plats, «comme les Japonaises», précise pour sa part Nahim Soopun, coiffeur qui compte huit ans d?expérience à Brighton, chez Toni & Guy, chaîne de salons britanniques.

Pour Jeff Ahmade, lui aussi coiffeur, le choix est encore plus vaste. «Actuellement, tout est tendance». Il rigole. Raconte comment, il entend ses clientes lui dire à longueur de journée, «je voudrais changer de tête, mais s?il-te-plaît, ne les coupe pas trop court». Artiste, confident, conseiller. «Dans ces cas là, le coiffeur est aussi un magicien», ironise Jeff. Ce dernier affirme que pour les femmes de 30 à 40 ans, c?est le retour en force des cheveux longs et dégradés, «signes de féminité très ancrés dans les m?urs».

Les plus jeunes sont quant à elles nettement plus audacieuses. «Moins sages», comme le dit Touria Prayag. «Elles préfèrent les coupes asymétriques, c?est-à-dire les mèches très longues et très courtes amalgamées dans la même coupe aussi bien pour les garçons que pour les filles. Pour agrémenter le tout, quelques touches de couleur sont ajoutées, dépendant de la personnalité de la personne».

Jeff Ahmade, qui a inventé sa propre terminologie, utilise le mot «émo» pour décrire les préférences des adolescentes.

En clair, la coiffure devient le miroir des émotions, avec un cheveu «dépressif, bizarre, plutôt plat, aux longueurs asymétriques, aux couleurs décalées», un peu comme les états d?âme.

Les ados se laissent aussi influencer par la vague tecktonik, qui déferle sur toute la planète mais aussi chez nous.

Les têtes sont sculptées avec du gel, style «mohoc» comme dans «Mohican». Les cheveux sont aplatis sur le front, les tempes restent dégagées, alors que la crête part du milieu de la nuque jusqu?au sommet de la tête. «Evidemment, les coiffeurs avec lesquels nous travaillons, même s?ils respectent la mode et les tendances, sont plus pour une coiffure qui dépend de l?état d?esprit, du mode de vie, de la personnalité et du type de cheveux de la personne. Apprendre à gérer ces variantes est une des grandes étapes vers la recherche de la beauté. Arriver à faire comprendre cela au client d?une manière convaincante et diplomatique est un défi que tout artisan doit pouvoir relever», affirme encore Touria Prayag.

Question coloration, le rouge agressif semble révolu. «On note un retour vers le naturel », déclare Nahim Soopun. Encore un peu et nous nous serions crus dans une pâtisserie, alors que Jeff Ahmade, bien décidé à nous mettre l?eau à la bouche, décline la palette de couleurs, allant du «caramel, chocolat au miel en passant par l?orangé», qui ont la cote auprès du public.

La cosmétologie, ce n?est pas seulement la manière de façonner les cheveux, mais aussi et surtout la manière d?en prendre soin.

Ainsi, l?école du CIT s?est associée pour sa part à L?Oréal Professionnel et ses gammes variées. «Il y a une nouvelle ligne de produits pour les soins capillaires comme les soins de nuit pour les cheveux développés par L?Oréal et qui vise à régénérer la tige capillaire, hydrater le cuir chevelu et redynamiser la structure du cheveu », explique Touria Prayag. Elle ajoute qu?il y en a d?autres pour équilibrer le taux de sébum sécrété par le cuir chevelu, ceux qui visent particulièrement à cimenter les cheveux des personnes plus âgées.

Pour ce qui est du budget, deux versions cohabitent. Celle des coiffeurs qui ont la chance d?accueillir des clientes, «prêtes à ?investir?» dans leurs coiffures et celles qui ne peuvent se permettre de dépenser des sommes exorbitantes pour se faire coiffer.

Nahim Soopun estime pour sa part qu?«aller chez le coiffeur à Maurice coûte horriblement plus cher qu?en Angleterre». Pour preuve, le forfait shampooing ? coupe ? couleur va chercher dans les Rs 2 000.

Jeff Ahmade lui, constate les effets de l?augmentation du coût de la vie sur les habitudes des clientes. Il parle de celles qui, en voulant faire des économies, s?achètent des fers à lisser et font leur brushing à domicile, causant ainsi «un tort parfois irréparable aux cheveux». Et pour réparer les dégâts après, cela coûte encore plus cher.

<B>Professionnalisation</B>

L?école internationale de cosmétologie du Charles Telfair Institute proposera d?abord des formations en coiffure. L?esthétique suivra dans un deuxième temps. «La formation que nous proposons ne se limite pas à couper les cheveux, appliquer une coloration ou faire un brushing», explique Touria Prayag, chef de la faculté des sciences Humaines. «Le cours contient une partie très importante sur la communication et le service clientèle.» Ainsi, les étudiants y apprendront comment accueillir un client, comment le mettre à l?aise et le mettre en confiance. «Ce n?est pas quelque chose d?acquis dans nos salons.» Autre part importante du cours : le «salon management», qui apprend à recruter le personnel, coordonner le groupe qui travaille dans le salon, soutenir, former et développer son équipe, adapter des stratégies de marketing. «Déjà, on n?est plus dans la coiffure ou même la cosmétologie en général, mais plutôt dans les ressources humaines, le marketing et le leadership. Ces cours offrent des possibilités énormes et permettent par la suite, à ceux qui en ont bénéficié, de pouvoir aspirer à des postes tels que ?manager exécutif?», dans un salon ou une compagnie de produits ou formateur, selon la responsable. «On peut aussi s?orienter vers une carrière dans la coiffure et le maquillage dans le cinéma, le théâtre, ou même sur les bateaux de croisière.» A noter que ce cours s?adresse aussi aux coiffeurs qui souhaiteraient se recycler dans un domaine particulier.

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