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Post racial
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Si le candidat noir Barack Obama devient le prochain président des Etats-Unis, il ne sera pas le premier à briser le plafond de verre racial. Il est déjà arrivé qu?un dirigeant issu d?un groupe minoritaire soit élu à la tête d?une démocratie. L?un des premiers pays à démontrer qu?il est possible de respecter l?égalité des chances dans l'accès aux postes de responsabilité a été la petite île Maurice. Ce haut fait est cité hier par le très réputé journal américain «The New York Times» comme un exemple d?ouverture.
Faisant une analyse des retombées d?une éventuelle victoire du candidat démocrate pour l?image des Etats-Unis, l?éditorialiste du «New York Times», Nicholas D. Kristof, se montre très enthousiaste. Il soutient que l?élection du candidat noir dans un pays majoritairement blanc aura une incidence encore plus grande que le plan Marshall sur le «branding» de son pays.
Cependant, si cette avancée est inédite dans le monde occidental, d?autres pays ont déjà montré la voie de l?égalitarisme, note l?éditorialiste. Il cite alors l?exemple de Maurice : «? the African nation of Mauritius has elected a white prime minister of French origin.» Certes un argumentaire racial avait été utilisé durant la campagne de 2000 mais il n?en demeure pas moins que l?électorat mauricien avait choisi de retenir d?autres critères.
L?auteur de l?article rappelle également la situation exemplaire de l?Inde : «India is overwhelmingly Hindu but now has a Sikh prime minister and a white Christian as president of its ruling party, and until last year it had a Muslim in the largely ceremonial position of president.» En effet, le trio composé de Manmohan Singh, Sonia Gandhi - née Antonia Maino - et A.P.J. Abdul Kalam est longtemps resté aux commandes de la Grande Péninsule sans que la population indienne ne considère que «pouvoir fine sape dans nou la main».
Le journaliste américain résume le nouveau paradigme par une formule admirable : «Substance should always trump symbolism.» En tout cas, pour un nombre de plus en plus important d?électeurs, Obama dépasse les clivages ethniques. Avant tout, les électeurs lui font confiance pour régler les problèmes économiques.
L?ascension de Barack Hussein Obama est d?autant plus saisissante qu?elle a lieu quelques années à peine après le «11 septembre». Même la peur que suscite l?islam aux Etats-Unis n?a pas été un facteur déterminant. Sinon, ce fils d?un Kenyan immigré de foi musulmane qui porte deux prénoms, Barack et Hussein, issus de la tradition arabo-islamique, n?aurait pas inspiré davantage confiance que John McCain sur tous les sujets y compris l'Irak et la façon de lutter contre le terrorisme.
Détail important : le parti républicain s?est interdit de jouer la «carte raciale». Du coup, la campagne n?était pas polluée par des commentaires sur l?épiderme de tel ou tel candidat. Exemple à suivre.
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