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Port-Louis, une capitale en quête de loisirs
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Port-Louis, une capitale en quête de loisirs
Port-Louis, capitale cocon ? Oubliez le désert bitumé après la fermeture des bureaux. Oubliez les quartiers mal famés, les façades tristes. La capitale offrirait pourtant une qualité de vie considérée comme étant meilleure pour la région Afrique et Moyen-Orient, relève une enquête internationale, Mercer, sur la qualité de la vie.
Cette enquête annuelle, dont l?édition 2008 est sortie début juin, place Port-Louis à parité avec Le Cap, en Afrique du Sud. Suivie de Dubayy et Abu Dhabi. Réalisée dans 215 pays, elle est destinée aux gouvernements et multinationales, pour le calcul des compensations aux employés postés dans divers pays, face à une perte éventuelle de qualité de vie.
Parmi les 39 éléments de qualité de vie comptabilisés pour établir ce classement figurent les loisirs : restaurants, théâtres, cinémas, sports? Quelle est l?offre réelle de Port-Louis en matière de loisirs ? Plutôt mince en dehors du front de mer. Et de quelques événements ponctuels qui animent un quartier le temps d?un week-end. Le Chinatown Food and Cultural Festival est dans cette catégorie.
Pour l?occasion, des rues deviennent piétonnières, avec de l?ambiance. Les restaurants ne désemplissent pas. Sauf que cela dure deux jours et puis c?est fini jusqu?à l?année suivante.
«Nous ne sommes pas là pour organiser des fêtes», dit d?emblée Annabelle Kwok Shun, présidente de la Chambre de commerce chinoise, organisatrice de l?événement. «Notre but est de faire la promotion du commerce. Je pense que les commerçants du quartier se sentent un peu rejetés. C?est mort la nuit, à part les restaurants. A travers ce week-end d?activités, nous voulons montrer aux commerçants comment faire pour créer de l?animation dans le quartier. Et puis, c?est à eux de prendre des initiatives.»
Plus globalement, Rama Poonoosamy, directeur de l?agence Immedia et organisateur, avec la mairie du Festival de théâtre de Port-Louis et d?une série de spectacles depuis 20 ans, constate un «appauvrissement de la vie culturelle à Port-Louis, en comparaison à ce qui ce faisait, 50 ans, ou même 20 ans de cela». Il note que bien qu?il y ait eu, «un processus de démocratisation culturelle dans le même temps», l?appauvrissement est visible en termes «d?intensité des activités».
Se disant sensible au fait que l?aspect sécurité freine l?élan des gens pour les activités en plein air, ou tout simplement à sortir, Rama Poonoosamy souligne que le théâtre de Port-Louis, qui, «à un moment donné de l?histoire de la ville a été un centre nerveux de l?activité culturelle a été assez délaissé». Combiné au «manque d?entretien», ce monument fermera ses portes à la fin du mois, ce qui «aggrave l?absence d?infrastructures au service de la culture à Port-Louis».
Mais qu?en est-il du front de mer ? Pour le producteur et organisateur, «le front de mer a révolutionné Port-Louis surtout après les heures de bureau et le week-end».
Que faudrait-il faire pour diversifier l?offre ? Rama Poonoosamy nous renvoie à la politique des loisirs qui relève «d?abord de la mairie et ensuite du ministère des Loisirs». Selon lui, les activités proposées sont «dispersées et irrégulières». «Je me demande s?il y a eu une étude sur les aspirations (des Port-Louisiens), en fonction des infrastructures existantes, de budget et des ressources humaines disponibles».
Interrogé, Sudhir Ramtohal, adjoint au lord-maire, cite une série de projets municipaux. Notamment le plan d?éclairer tous les terrains sportifs ? environ une quinzaine ? pour permettre aux citadins de s?y exercer tard dans la nuit. «Deux officiers partent pour La Réunion début juillet pour étudier ce qu?ils font là-bas.» Depuis le mois dernier, la mairie a décidé d?ouvrir les jardins d?enfants jusqu?à 22 heures. Un comité a été mis sur pied pour «remettre de l?ordre à la rue SSR ( ex-Desforges)». Déplacer notamment, les marchands ambulants vers les rues latérales par exemple.
Toujours question sécurité, Sudhir Ramtohul annonce que des caméras de surveillance seront installées au Champ-de-Mars dans un mois. Si cela ne réchauffera pas la température, car nous serons alors en plein hiver, cela contribuera sans doute au sentiment de sécurité dans ce quartier spécifique de Port-Louis.
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