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Pomme de terre : des sucriers oeuvrent pour l?autosuffisance

23 avril 2008, 00:00

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Pomme de terre : des sucriers oeuvrent pour l?autosuffisance

L?autosuffisance dans la production de la pomme de terre semble se profiler à l?horizon. Car quatre sociétés sucrières du sud regroupées au sein de CopeSud, notamment Riche-en-Eau, Union Ducray, Mon-Trésor-Mon-Désert-Britannia et Bel-Air, vont investir environ Rs 100 millions dans l?augmentation de la production et la construction à Britannia d?une usine de conditionnement et de transformation.

La création de cette centrale, qui se trouvera dans l?ancienne sucrerie de Britannia, se fera en plusieurs étapes. Elle consiste en premier lieu dans l?aménagement d?une aire pour la réception de la pomme de terre en provenance des champs, l?installation de chambres froides et d?équipements pour permettre de trier et grader la pomme de terre en fonction de la taille pour la vente en sachets et filets. Une partie de la pomme de terre sera conservée dans des chambres froides pour être vendue au fur et à mesure, tandis qu?une autre partie sera vendue directement aux consommateurs après le tri.

La construction de la centrale va démarrer à la fin de l?année. Il est prévu qu?elle soit opérationnelle en août 2009, au moment de la récolte de la pomme de terre dans le sud.

Les deux autres étapes, qui nécessiteront des investissements d?environ Rs 50 millions et plus, dépendront de l?évolution de la première. «Nous envisageons d?aller ensuite vers la transformation. C?est l?avenir. Des études de marché vont nous guider dans ce sens. Une première étape consiste en la préparation de pommes de terre prêtes à cuire, épluchées, coupées en cubes ou en bâtonnets et conservées en chambres froides», déclare Thierry Merven, Chief Executive Officer (CEO) de la Compagnie de Beau-Vallon (Riche-en-Eau).

Suivront deux autres phases de transformation jusqu?à la fabrication de frites et, éventuellement, de chips. La préparation aux champs a commencé depuis quelques années en vue de l?installation de la centrale de conditionnement et de transformation, afin de permettre à l?usine d?avoir la pomme de terre requise en termes de qualité et de quantité.

Actuellement, plus de deux tiers des opérations aux champs sont mécanisées. «Nous comptons introduire de nouvelles variétés de pomme de terre pour offrir un plus grand choix aux consommateurs et des variétés adaptées à la transformation. Les variétés bonnes pour le curry, la purée ou la salade ne sont pas les mêmes que pour les frites ou les chips. Nous avons déjà fait venir des variétés d?Europe et d?Australie et des tests sont en cours quant à leur utilisation éventuelle», souligne Thierry Merven.

Compenser la perte de revenus dans le sucre </B>

Pour 2008, CopeSud compte planter 250 hectares contre 175 en 2007. Elle espère récolter 5 500 tonnes, contre 4 000 à 4 500 tonnes habituellement. La société espère atteindre 10 000 tonnes sur environ 400 hectares d?ici 2013. Actuellement la production de la pomme de terre est de 14 000 tonnes par an, alors que la consommation est de 25 000 tonnes impliquant donc l?importation de quelque 11 000 tonnes.

Mais ce projet de CopeSud n?aura de succès que s?il y a une libéralisation dans l?importation des semences. «La libéralisation nous permettra d?augmenter considérablement la production, d?avoir accès à de nouvelles variétés et de maîtriser les sources d?approvisionnement. Cela permettra au secteur tout entier de croître et de se développer, sans diminuer le rôle de régulateur de l?Agricultural Marketing Board pour les autres aspects, en particulier au niveau du contrôle sanitaire pour éviter l?introduction de nouvelles maladies pouvant affecter la pomme de terre», estime Thierry Merven.

Mais quel est l?objectif du projet ? Tout d?abord, avec les problèmes de baisse de prix de l?Union européenne dans le secteur sucre, cela permettra aux propriétés concernées de compenser en partie la perte de revenus, de diversifier leurs activités agricoles, d?optimiser le potentiel de leurs terres, de réduire la dépendance sur les importations de produits agricoles et enfin de faciliter le transfert de technologies des pays les plus avancés dans ce domaine afin d?aller vers la transformation.

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