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Polocco, portrait d’un adolescent rebelle qui est devenu l’ennemi public numéro un
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Polocco, portrait d’un adolescent rebelle qui est devenu l’ennemi public numéro un
Il avait 15 ans à peine lorsqu’il a «dégainé» pour la première fois. Prinsley Patrick Steve Serret, alias Polocco, était alors entré par effraction dans une boutique, s’était servi dans la caisse et avait volé un paquet de cigarettes.
Un délit qui lui a valu sa première condamnation, le 13 décembre 1996. L’adolescent avait écopé de trois ans de liberté surveillée, à condition qu’il apprenne un métier. Mais, le prince du crime avait d’autres desseins en tête. Lui, ce qui l’intéressait, c’était l’argent facile et les filles. Et, 15 ans et plus de 15 délits plus tard, ce gangster, soupçonné d’être à la tête d’une bande de voleurs, a acquis le statut d’ennemi public No. 1.
Un insaisissable truand, dont la tête était mise à prix jusqu’à son arrestation, mercredi dernier… Polocco a vu le jour le 25 février 1981, à l’hôpital Jeetoo, à Port-Louis. Son père, Régis Renaud Serret, et sa mère, Rosemay Botsoy, étaient alors loin de se douter que leur fils connaîtrait un destin à la Billy the Kid.
Le petit Polocco, qui habite avec ses parents au No. 12 rue Boisée, à Cité Briquetterie, Ste-Croix, est un enfant comme les autres. A qui il arrive, comme tout garçonnet de son âgé, de taquiner ses camarades de classe, qu’il côtoie à l’école primaire de Cité Briquetterie.
Mais, plus il grandit, plus le jeune homme se démarque, de par son comportement atypique et violent. Ses amis racontent qu’une fois, il a aspergé son oreille droite d’essence, avant d’y mettre le feu… une blessure qui avait valu à Polocco une longue période d’hospitalisation.
Malgré ses démons intérieurs, le jeune homme se laisse tout de même attendrir. Il a 25 ans lorsque l’amour l’atteint en plein coeur. Et, le 26 octobre 2006, il épouse Marie-Joelle Véronique Jhugroop. De cette union naîtront deux enfants, aujourd’hui âgés de 5 et 6 ans.
Mais cette vie trop sage ne lui convient guère. Polocco, qui n’a jamais vraiment rangé les armes, repart sur la route du crime. A son actif : plusieurs vols avec violence, vagabondage et conduite sans permis, entre autres. Au poste de police d’Abercrombie, Ste-Croix, il est fiché comme récidiviste notoire.
Depuis le 13 février dernier, il fait la une des journaux. Toutes les unités de la police se sont lancées à ses trousses. Il est soupçonné d’être l’auteur, avec ses complices, d’un cambriolage perpétré dans un bungalow à rivière- noire et lors duquel une ressortissante sud-africaine de 29 ans a été violée.
Entre-temps, une jeune femme est également apparue dans le paysage : Lina Jessica Jugoo. Cette femme de 23 ans serait la petite amie de polocco et les enquêteurs la soupçonnent d’être sa complice. Lors de leur arrestation mercredi, les deux amants n’ont pas opposé de résistance.
A la rue Boisée, Cité Briquetterie, l’on commente encore cette affaire qui a fait grand bruit. Dans la région, tout le monde connaît Polocco.
Personne ne daigne dire quoique ce soit à haute voix, de peur de froisser la famille de celui-ci. A tel point qu’en allant chercher des renseignements sur le suspect, ceux qui osent nous adresser la parole nous supplient de «de ne pas dire que c’est moi qui vous ait parlé»… La mère de Polocco, quant à elle, est très remontée contre les policiers qui ont perquisitionné sa maison et ceux qui ont procédé à l’arrestation de son fils. Ce dernier «est victime de harcèlement», lâche-telle avec hargne.
Véronique Jhugroop, l’épouse de Polocco se terre, elle, dans le mutisme. «Je ne ferai pas de commentaires», se contente-t-elle de déclarer.
Même si elle a été confrontée à un mur de silence, la police est tout de même parvenue à mettre la main au collet du fugitif.
Mercredi après- midi, des informations selon lesquelles Polocco rôdait toujours dans des faubourgs au Nord de la capitale sont parvenues aux oreilles des officiers de la Criminal Intelligence Unit de la Metropolitan Police de la division Nord, emmenée par le sergent Faraaz Mooniaruth. Une opération musclée, menée par des éléments de l’Anti-Drug & Smuggling Unit et ceux de la Special Supporting Unit, a permis de capturer le prince du crime.
L’enquête menée par la Criminal Investigation Division (CID) de la division Ouest a également abouti, le jeudi 21 février, à l’arrestation d’Ezéchiel Carl James Mercier, 22 ans, un habitant de Cité Briquetterie, Ste-Croix. Il est soupçonné d’être l’un des complices de Polocco dans une autre affaire de vol, à Grand-Baie.
Dans le sillage du cambriolage et du viol à Rivière-Noire, deux autres suspects ont été coffrés, le lundi 25 février. Il s’agit de Jean Pascal Deenoo, 22 ans, originaire de Roche-Bois et de Mike Jovani Pierre, 37 ans, résidant à Baie-du-Tombeau. Ils feraient tous deux partie du gang de polocco.
 
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