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Point final

10 février 2004, 20:00

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Le dernier rebondissement dans l?affaire Choonee peut renforcer la perception que les petits seigneurs bénéficient d?un préjugé favorable auprès de la police. Déjà, l?on se posait des questions sur la lenteur des procédures judiciaires dès que des personnages importants sont impliqués. Les doutes sont loin d?être levés avec le constat fait par le Directeur des poursuites publiques (DPP) qu?une pièce à conviction manque dans le dossier que lui a remis la police concernant l?ancien ministre.

Au terme de son enquête sur les allégations de pot-de-vin portées contre Mukhesswur Choonee, la police avait estimé qu?il n?y a pas suffisamment d?éléments pour incriminer l?ex-ministre des Terres et du Logement. Elle recommanda le non-lieu au DPP. A ce stade, il n?y avait aucune raison de penser que la police n?est pas totalement honnête. Cependant, les soupçons existent depuis qu?on sait qu?elle a omis de transmettre un document qui aux yeux du parquet pourrait constituer un élément décisif.

Il va de soi que l?ancien ministre bénéficie de la présomption d?innocence jusqu?à ce que la justice établisse la vérité dans l?affaire de l?octroi d?un bail pour un terrain à Palmar contre des commissions. Personne ne sait si ce relevé bancaire que réclame le DPP est compromettant ou pas pour Choonee, mais il est tout de même troublant que ce document dorme dans un tiroir aux casernes.

S?il a fallu l?intervention du DPP pour que la police sorte le lapin de son chapeau, le moins qu?on puisse dire c?est que les enquêteurs n?ont pas fait leur travail. Pourtant, sur un dossier qui reste sous la haute surveillance de l?opinion publique, la police sait qu?elle n?a pas droit à l?erreur.

Sur le plan politique également la situation a pris une tournure surréaliste depuis le dernier remaniement. L?élu de Montagne-Blanche aurait menacé de démissionner du Parlement si un politicien ayant le même ?profil? que lui était promu ministre. Le Premier ministre a réagi en promettant de garder au chaud son maroquin. Quant à l?opposition, elle a profité d?une confusion savamment entretenue, lors de la partielle de Rivière-du-Rempart-Piton, pour donner l?impression qu?elle défend l?ancien ministre. Dans les deux cas, les calculs électoralistes ont pris le dessus.

Une éventuelle démission du député Choonee sera certainement gênante pour l?alliance au pouvoir mais celle-ci doit néanmoins l?envisager au vu de l?évolution de la situation. Quand la police tente d?élucider un dossier sensible impliquant un proche du régime, qui est de surcroît assuré d?un portefeuille ministériel s?il est blanchi, les conditions d?une enquête impartiale ne sont pas garanties. Les inquiétudes exprimées sur l?indépendance des officiers de police, qu?elles soient fondées ou pas, sont légitimes.

D?abord, c?est pour éviter que des pressions soient exercées sur la police et le judiciaire qu?un député appartenant à la majorité doit se retirer s?il fait l?objet d?une enquête portant sur un délit aussi grave que la corruption. Tant pis si chaque partielle prend les allures d?un psychodrame et fait peur aux gouvernants.

Ensuite, la politique, dit-on, est essentiellement une affaire de symboles. Il n?y a donc rien de mieux pour se donner une image de dirigeants exemplaires et irréprochables que de trancher dans le vif. Cela implique, dans le cas présent de mettre un point final au rêve ministériel de Mukhesswur Choonee plutôt que de le mettre entre parenthèses.

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