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Plus de cigarettes portant la mention ?light? à la vente

21 août 2006, 00:00

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la juge fédérale américaine a estimé, récemment, que les cigarettiers américains mentaient depuis des années sur les effets nocifs du tabac. En particulier, il leur sera désormais interdit d?utiliser les mentions ?light? ou ?légères?, faisant croire que certaines cigarettes sont moins dangereuses pour la santé.

Selon la juge de la juridiction de Washington, Gladys Kessler, il est maintenant incontestable que fumer provoque des maladies mortelles. Sur ce point, elle a suivi l?avis du gouvernement. ?En dépit d?une reconnaissance en interne de ce fait, les cigarettiers ont publiquement nié et minimisé les dangers du tabac pendant des décennies?, a-t-elle estimé. Leurs mensongnes ont provoqué ?une quantité de souffrance incommensurable?, poursuit-elle. De fait, le texte de sa décision (1 742 pages) reprend l?histoire détaillée, au cours des cinquante dernières années, des efforts fournis par les industriels ? et leurs avocats ? pour dissimuler à la population un danger pourtant bien identitifé par les professionnels de santé.

A partir du 1er janvier 2007, les fabricants de cigarettes ne pourront plus utiliser certains termes dans leurs publicités et sur leurs paquets. Les mots désormais interdits sont notamment ?light? (léger), ?ultra-light?, ?naturel? ou ?faible teneur en goudron? et ?tout autre terme pouvant laisser penser qu?une marque particulière de cigarette pourrait présenter un risque plus faible pour la santé?. Selon ce jugement, les fabricants de tabac vont devoir publier des ?corrections? faisant clairement état des dangers du tabac et de la composition de leurs produits. Ces informations devront figurer sur les sites Internet des cigarettiers, les paquets de cigarettes et dans les éditions dominicales de plusieurs grands journaux américains, avec des encarts d?une page entière. Des messages publicitaires d?au moins 15 secondes devront également être diffusés, au moins une fois par semaine, pendant un an, sur au moins une des trois principales chaînes de télévision nationales (CBS, ABC, NBC).

Le département de la justice américain a indiqué être ?satisfait que la responsabilité des cigarettiers soit reconnue, mais déçu que toutes ses demandes n?aient pas été suivies?. Il avait porté le cas en justice en 1999, sous l?administration Clinton, et avait poursuivi son action, certes de manière moins combative, sous la présidence Bush. Il réclamait une amende de 10,9 milliards d?euros (14 milliards de dollars) qui aurait ensuite été reversée à des programmes de lutte contre la tabagie : 7,8 milliards d?euros (10 milliards de dollars) pour aider les gens à arrêter de fumer, et 3,1 milliards d?euros (4 milliards d?euros) pour informer sur les dangers de la cigarette. ?Néanmoins, nous espérons que les remèdes qui ont été imposés par la justice pourront avoir un impact positif et significatif sur la santé des Américains?, a indiqué le département de justice.

Le cigarettier Philip Morris et sa maison-mère, Altria, vont demander une révision du jugement, ont-ils annoncé récemment. ?Nous considérons que l?essentiel de la décision et de l?injonction rendues ne trouvent aucun appui dans la loi et dans les preuves présentées au procès. Il semble qu?elles enfreignent le droit exclusif du Congrès à déterminer la réglementation des produits liés au tabac?, a déclaré le vice-président d?Altria, dans un communiqué.

Pour bon nombre d?analystes de Wall Street, ce jugement ne constitue pas un revers pour les industriels du tabac. ?Rien dans cette décision n?est en mesure de nuire à la rentabilité du secteur?, a déclaré, dans les colonnes du New York Times, David Adelman (Morgan Stanley). Tout au plus se trouve remis en cause l?avenir de sous-marques comme Marlboro Lights ou Camel Lights. Les ventes de cigarettes légères comptent pour plus de 50 % du marché aux Etats-Unis, selon M. Adelman.

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