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Plan d?action de trois ans pour le textile-habillement
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Plan d?action de trois ans pour le textile-habillement
Le forum sur le textile-habillement a démarré avec une volonté affichée de déboucher sur un plan d?action concret afin d?assurer la survie de ce secteur et même sa croissance. Organisé par Enterprise Mauritius, il s?est ouvert hier et réunit plus d?une centaine d?industriels. Il devrait déboucher sur l?élaboration d?un plan d?action de trois ans pour restructurer rapidement ce secteur.
Aujourd?hui, à la fin de la deuxième journée de réflexion, on devrait connaître les principaux axes d?intervention pour veiller à la pérennité du textile-habillement.
Un des objectifs est d?arriver à investir dans l?industrie un montant équivalent à 1,5 % de son chiffre d?affaires global chaque an, pendant les trois prochaines années.
?Entre 1997 et 2003, il y a eu six rapports importants élaborés. Je peux vous assurer que le résultat de ce présent forum ne se résumera pas en la rédaction d?un autre rapport additionnel?, déclare le président d?Enterprise Mauritius, Amédée Darga.
Il annonce que dès la fin de la conférence, il mettra sur pied un Textiles and Clothing Strategy Group pour finaliser et peaufiner un plan d?action, mais aussi ? et c?est le plus important ? pour piloter et superviser la mise en application du plan.
Les intervenants au forum hier matin, notamment Amédée Darga, le ministre de l?Industrie, Rajesh Jeetah, et Ahmed Parkar, président de la Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza), ont tous mis en exergue la nécessité d?adopter une approche nationale et multi-sectorielle pour permettre au textile et à la confection de survivre et de s?épanouir.
La restructuration du secteur et sa compétitivité passent par des interventions au niveau des entreprises. Mais il faut aussi des actions hors de l?entreprise, notamment par les autres parties prenantes de l?industrie.
?C?est inutile de croire que des efforts doivent être faits uniquement sur un aspect du secteur si les autres composantes échouent misérablement et mènent finalement tout le secteur à un échec général?, plaide Ahmed Parkar.
Amédée Darga estime qu?il ne faut se renvoyer la balle. L?industrie ne peut demander aux autres acteurs de réduire leurs coûts quand les industriels n?arrivent pas à gérer leurs entreprises de manière efficiente. L?industrie ne peut réclamer que les taux de change soient ajustés pour lui assurer une compétitivité qu?elle n?a su développer d?elle-même.
De même, il ne faudrait pas que les banquiers et les autres pourvoyeurs de services considèrent que leurs entreprises peuvent exister toutes seules et qu?ils détruisent la compétitivité d?un produit qui, autrement, est compétitif à prix d?usine.
?Il faut une stratégie nationale et un effort national. En d?autres mots, le produit fabriqué à Maurice doit être compétitif?, poursuit Amédée Darga.
A ce chapitre, le ministre Jeetah a envoyé le bon signal en annonçant qu?il présidera, dès la semaine prochaine, une réunion avec les hauts responsables de plusieurs institutions qui travaillent en relation avec l?industrie du textile-habillement. Cette séance regroupera divers secteurs de la santé, de l?eau, de l?énergie, de l?emploi, du port, de l?immigration, des douanes et des administrations locales, entre autres.
?L?objectif de la réunion sera d?éliminer tous les obstacles administratifs qui gênent les industriels, que ce soit au moment de la création d?un projet ou au moment où il est opérationnel?, promet Rajesh Jeetah. Le ministre trouve inacceptable qu?il faille huit mois pour signer un bail pour un bâtiment industriel.
En ce qui concerne la question de fret aérien, un élément qui peut permettre de gagner en réactivité et en compétitivité, le ministre Jeetah laisse entendre que le problème mérite d?être étudié.
Amédée Darga pense qu?il faut envisager une politique d?ouverture totale de l?accès aérien pour le fret afin de rapprocher Maurice de ses marchés à un moindre coût. L?objectif est d?arriver à livrer aux acheteurs en France et en Angleterre en moins de temps qu?il ne faut à un camion pour faire le voyage de Turquie.
Le consultant David Birnbaum, l?un des principaux animateurs du forum, a fait ressortir qu?aujourd?hui il faut arriver à livrer cinq jours après la réception de la commande. ?Un délai de livraison d?un mois était fantastique? au 19e siècle.?
EN CHIFFRES
Le déclin amorcé avant 2005
■ ?Vos ennuis n?ont pas commencé en 2005. Le déclin était amorcé mais vous n?avez rien vu. 2005 n?a fait qu?exacerber les choses.? Tel est le message de David Birnbaum aux industriels réunis lors du forum. Graphiques à l?appui, le consultant situe à entre 2002 et 2003 l?amorce de la courbe descendante des exportations et des emplois dans le textile-habillement. Mais Maurice n?est pas le seul pays à connaître des difficultés dans ce secteur, ajoute-t-il, se faisant l?écho du ministre Jeetah qui avait cité le cas de la Grande-Bretagne. ?D?autres pays ont connu les mêmes problèmes et ont trouvé des solutions. C?est à vous d?aller chercher l?information?, poursuit David Birnbaum. Pour lui, il n?existe pas une seule stratégie mais plusieurs. Une des choses à ne pas oublier toutefois est qu?à l?avenir, les acheteurs ne feront rien et se déchargeront entièrement sur les fournisseurs. ?Il n?y a plus d?avenir dans le ?cut, make and trim?. Vous devez vous accommoder aux exigences de vos clients.?
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