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Place aux architectes (I)
Place aux architectes ! Commen-çons par les compagnies privées, dont celles-là même qui seraient selon les idéologues « tireurs plans » responsables de tous les maux de notre pays. Certaines ont, depuis quelques années déjà, une politique sociale et citoyenne bien pensée et mettent en ?uvre des initiatives con-crètes allant dans le sens d?un développement intégré. Un point s?impose?
Parlons chiffres. Beachcomber aura, d?avril 1999 à septembre 2007, investi Rs 80 millions dans la « Corporate Social Responsibility » (CSR). Il vient de doubler le budget annuel de la fondation responsable d?implémenter sa politique CSR pour le porter à Rs 20 millions.
Le groupe Médine a, en 2006, « earmark » Rs 100 millions pour le volet social de son plan directeur des terres pour les prochaines années. La MCB a depuis des années un budget CSR équivalent à 1 % de ses profits, soit Rs 20 millions cette année. D?autres compagnies comme Rogers, FAIL, IBL, CIEL, BAI, SHELL, BAT, Barclays et Infinity ont des budgets CSR plus ou moins importants. Récemment, le ministre des Finances a fait appel à toutes les compagnies pour qu?elles consacrent au moins 1 % de leurs bénéfices au CSR et il a aussi demandé que les promoteurs des IRS versent 6 000 dollars par villa à un fonds qui sera utilisé pour le développement social. Si toutes les entreprises répondent à l?appel du ministre, c?est quelque Rs 400 millions que le secteur privé va investir annuellement dans le social. Vivement donc que les entreprises continuent à jouir d?une bonne santé financière pour qu?augmentent les moyens dévolus au social.
Au-delà de l?argent, certaines entreprises ont mené une réflexion sérieuse pour asseoir sur des bases solides leurs politiques sociales. Cette réflexion sous forme d?études a permis de lancer des initiatives qui donnent déjà des résultats concrets. Le Projet Employabi-lité Jeunes de la FED de Beachcomber a déjà à son actif la formation et le placement en entreprise de 200 jeunes.
La 4e édition de ce projet concerne à elle seule plus de 200 jeunes.
Médine a confié en 2004 à une équipe pluridisciplinaire la préparation de son « Master Plan ». L?étude-rapport soumise en janvier 2005, est animée d?une philosophie de développement axée sur le concept clé l?intégration socio-spatiale. Elle contient une série de recommandations qui depuis l?année dernière sont mises en pratique sur plusieurs fronts. À l?Est, le groupe CIEL s?est appuyé sur une étude socio-économique pour lancer son « Centre for Excellence » pour la formation aux nouveaux métiers. La MCB est engagée dans une réflexion en profondeur pour moderniser et aligner sa politique de CSR qui sera rendue publique bientôt. La compagnie sucrière de Bel-Ombre ne va pas tarder à lancer un plan de développement social en partenariat avec les autres entreprises de la région en s?appuyant sur une étude faite en 2006. La liste est loin d?être exhaustive.
Les entreprises ne veulent plus encourager l?assistanat. Elles veulent avoir pour devise qu?il vaut mieux montrer à quelqu?un comment pêcher plutôt que de lui donner du poisson. Elles se dotent de professionnels ? administrateurs, chefs de projet ? épaulés par des volontaires pour veiller à ce que la politique d?intégration sociale déclinée à plusieurs niveaux donne les résultats recherchés. Ces niveaux sont la lutte contre la pauvreté et la précarité, l?éducation et la formation pour développer l?employabilité, le soutien et l?accompagnement pour le développement des micro, petites et moyennes entreprises. La mise en place et la mise en ?uvre se veulent rigoureuses et méthodiques et se font souvent avec une phase pilote pour mieux assurer la pérennité des projets.
Il serait utile de mentionner quelques exemples de projets récents, en cours ou à venir. La vaste campagne nationale anti-chikungunya a grandement bénéficié du soutien actif d?entreprises comme la MCB. Le projet Enfants de rue deSAFFIRE va être relancé sur une base nationale grâce au soutien d?entreprises comme Beachcomber, Médine et CIEL. Les projets de formation-employabilité se multiplient, la création et l?accompagnement de micro-entreprises a bénéficié d?une étude approfondie pour mieux comprendre le « maker-market link » dans le domaine artisanal. Cette étude a inspiré un sous-comité de l?« Empowerment Programme ». Le
« Médine Entrepreneur Scheme » pour soutenir les projets qui ne peuvent avoir accès au capital auprès des banques est sur le point d?être lancé. D?autres initiatives pour l?accès à la culture, la lutte contre la fracture numérique et l?intégration par le sport sont actuellement à l?étude afin d?être lancées et soutenues dans le temps.
Les responsables de ces politiques sociales conçoivent leur engagement comme contributif à la société d?une façon concrète, efficace et mesurable dans un état d?esprit associant idéalisme et pragmatisme. Ils ne défilent pas pour réclamer le changement mais agissent pour l?incarner. Au lieu de chercher les coupables et boucs émissaires, ils inventent les remèdes. Prag-matiques, ils imaginent et mettent en ?uvre des solutions concrètes, duplicables et pérennes aux défis de notre société. Lucides, ils restent conscients des problèmes et des impasses, mais promeuvent avec optimisme des alternatives. Leur approche est pratique.
Il ne peut y avoir de développement sans espoir. Notre société gagnerait à traquer les modèles qui redonnent espoir pour lutter contre la sinistrose ambiante.
Au sein de la société civile, d?autres architectes animés d?une conscience sociale sont tous les jours à l??uvre pour faire avancer notre société.
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