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Pitoyable feuilleton
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Une grande effervescence règne dans l?Est depuis deux semaines avec son lot de rebondissements et d'émotions. Ce qui rend perplexe dans ce rififi au sein du conseil de districts de Moka-Flacq, c?est qu?il met en scène des acteurs qui se réclament tous de la même famille politique. Le jeu est brouillé. On ne comprend pas si l?enjeu est le développement des villages ou plutôt les rapports de force entre lobbies divers. En tout cas, les villageois feront certainement les frais de ces luttes entre guerroyeurs qui prétendent vouloir améliorer le cadre de vie rural.
Le coup d?envoi était donné le 2 juillet dernier avec l?élection à la présidence du candidat de Mare-La-Chaux, Bob Choolhun. Après un vote par bulletin secret, il est élu par 21 voix contre 14 à son adversaire, Tapeshwarsing Bissoondoyal, de Bon-Accueil. Pourtant, deux jours avant l?élection, à une réunion des conseillers avec le Premier ministre à Clarisse House, un mot d?ordre était lancé en faveur du candidat de Bon-Accueil. Même la présence des ministres Bachoo, Seebun et Gokhool le jour du scrutin n?a pu intimider les conseillers pro-Choolhun.
A peine élu, Choolhun commence à fournir sans arrêt des gages de fidélité au PTr et à Navin Ramgoolam. Cela démontre qu?en dépit des apparences, il faut avoir la caution du ?big brother? pour espérer rester aux commandes dans les instances régionales.
Les gestes répétés d'allégeance de Choolhun n?empêcheront pas pour autant les 14 conseillers dissidents de déposer une motion de blâme contre lui. Ces derniers n?ont pas peur de paraître ridicules. Ils voulaient blâmer un président qui n?avait pas encore pris la moindre décision! La farce ne s?arrête pas là. Le groupe vainqueur devait , à son tour, présenter une motion de blâme contre Choolhun. L?intention était de retirer la motion le moment venu et prévenir ainsi toute nouvelle motion de blâme pendant six mois. Cette man?uvre constitue un subterfuge légal peu glorieux. Elle a néanmoins marché comme prévu hier. Seulement, les disputes ne vont pas se terminer là. Les dissidents se sont empressés de réoccuper le terrain, cette fois en s?adressant directement au ministre de tutelle pour qu?il révoque le président. De plus, des groupes sociaux montent au créneau pour soutenir le président contesté.
Bref, tous ces épisodes semblent faire partie d?une interminable bataille de chiffonniers. La démocratie locale vise à donner aux citoyens une occasion de participer dans la formulation et l'exécution des décisions les concernant. Or, elle est aujourd?hui prise dans des jeux politiques et castéistes qui sont totalement étrangers à sa vocation.
Il y a une perversion évidente de la démocratie locale. Les évènements de l?Est et ceux qui ont précédé les élections dans les autres conseils de districts sont assez révoltants pour justifier une réforme d?urgence des administrations régionales.
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