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Piment, ourite et après ?

16 juillet 2007, 00:00

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Cela peut sembler idiot comme question. Mais que savons-nous réellement de la culture rodriguaise ? Une fois que l?on a passé l?étape primaire ? l?étape du palais, d?autres diraient de la gourmandise ? du piment confit. Rangé les clichés de piqueuses d?ourites. Et débarrasser sa tête du carcan d?un chapeau de paille.

Pourtant, il nous semble que la culture du dixième district ? loin de nous cette utilisation péjorative de ?dixième? avec son sous-entendu malicieux de ?dixième et dernier? ? a une spécificité que les Mauriciens de la République gagneraient à connaître, au-delà des aspects superficiels. Des images qui sentent si fort le dépliant touristique.

Pourquoi maintenant ? Parce que le Centre culturel Charles Baudelaire a tenu du 3 au 12 juillet son cycle de rencontre rodriguaises. (Et tant pis pour les langues persifleuses qui insinuent que nous ne sortons (jamais) des sentiers des événements organisés par les agences de la coopération française. Place à ceux qui y trouvent leur compte).

Au menu : le lancement d?un roman ? somme toute pompeusement qualifié de ?premier roman rodriguais?. Artifice qui jure avec la simplicité du livre de Jana Collet, intitulé Allia. Suivi de la projection de Les accords de Bella, film documentaire de David Constantin. Pour culminer ( esprit de fête du 14 juillet) par un bal populaire au son de l?accordéon de Marlin Augustin et de ses musiciens.

Si cela ne s?appelle pas une invitation à sortir du stéréotype à la rencontre d?une vraie richesse? c?est sans doute un lieu commun, mais Rodrigues n?a pas de salle de concert ou de théâtre. C?est une hérésie. De laquelle nous nous consolons quand une petite voix siffle : ?C?est peut-être mieux comme cela vu l?état des théâtres à Maurice.? Et citons à titre d?exemple, l?initiative du Festival de théâtre de Port-Louis, qui depuis ses débuts, invite une troupe rodriguaise à monter sur les planches de la capitale. L?occasion pour nous d?abord de découvrir puis d?apprécier l?approche de Luc Clair et l?équipe de Dark Crystal, qui font un peu figure de pionnier. Et quand le rideau tombe, que les lumières se rallument, la réalité nous rattrape. Il faudra attendre une année entière avant de croquer un fruit de Rodrigues à Port-Louis.

De son côté, la sortie d?Allia nous ramène, au-delà du nombre de productions littéraires rodriguaises et de leur qualité réelle ou supposée, à la diversité de l?imaginaire propre à cette île. Rosange André, considéré comme un griot, mais surtout grand raconteur d?histoires devant l?éternel, pourrait vous tenir en haleine des heures durant. Réorientées vers le théâtre, ses prestations sont rares.

Arts plastiques ? Des noms reviennent assez souvent dans certaines expos. Dont par exemple celui de James Castel. Mais entre les poissons, les casiers, les couchers de soleil, nous avons parfois l?impression, d?avoir vite fait le tour. De voir toujours les mêmes choses. Des tableaux qui ont plus l?air de répondre à un impératif commercial, à ce que les touristes achètent, qu?à de réels efforts de création. Ce qui nous ramène à la question de manque de moyens, de manque d?échanges entre artistes de Rodrigues et de Maurice. Ce qui nous ramène à ces foires rodriguaises ? qui toutes savoureuses qu?elles sont ? avec leur batterie d?achards, de tourtes et de travaux d?aiguille attire les foules. Piment, ourite, et après ?

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